En ce moment, je participe à Inktober, et cela m’aide à me sentir plus légitime en tant qu’artiste.

Fake it till you make it, « Fais semblant, le reste suivra » : il y a une certaine vérité derrière cette phrase à l’emporte-pièce, tout droit sortie de l’imaginaire marketeux anglo-saxon.

C’est en s’affirmant telle que l’on se sent – ou telle que l’on sent que l’on va devenir – qu’on la devient.

Dont acte ?

Mes trois premiers crayonnés pour notre Inktober breton :

Pour voir le résultat encré, direction #LaLuneMauveMariusHeureux sur Instagram, autrement rendez-vous par ici courant novembre.

Métamorphose

Il y a quelques semaines, j’ai modifié ma biographie lunemauvienne comme ceci, sur les réseaux sociaux :

Illustratrice et designer en #Bretagne (FR). Patrimoine insolite, contre-cultures et romantisme noir. Mon blog a 21 ans. PP par @misspakotill
she/her

Le premier mot est donc « Illustratrice ».

Je m’étonne encore d’avoir eu le toupet de l’écrire, de le publier et de l’assumer.

J’ai l’impression d’avoir gagné en légitimité : non seulement dans ma tête, en rabattant le caquet de mon critique intérieur, mais aussi dans la vraie vie, en aidant autrui à me penser et à me reconnaître comme telle.

Comme si ce mot avait réduit l’angle mort, comme s’il contribuait à dissiper un certain flou sur mon identité et mon rôle ici bas, même pour moi.

Illustratrice.

La suis-je ? Oui, puisque je dessine, puisque j’illustre. Je ne suis pas illustre, mais je dessine.

Il me manque des tas de connaissances et d’années de pratique, mais tout ça est à ma portée.

C’est en faisant que l’on progresse : pâte à modeler ou glaise, on se donne forme à soi-même, on se modèle. Un pas après l’autre, ou plutôt un choix après l’autre.

Le verbe est-il magie ? Réussit-il à nous transformer ? Dois-je ma métamorphose à un simple mot ? Dire, écrire, c’est parfois performatif.

Rien que des mots, des mots de pluie, des mots de là-haut

Plus un message doit être court, plus il est difficile à écrire. Une biographie courte n’est pas seulement un casse-tête, c’est un oxymore.

Comment exprimer et résumer en quelques mots l’essentiel de ce que l’on souhaite partager avec le monde ?

Voici les choix que j’ai faits à ce jour.

« Romantisme noir » : le point d’orgue de mes centres d’intérêt. Self-explanatory, ça fait 21 ans que ça dure et en plus c’est une expression que l’on croise rarement : par-fait.

« Contre-cultures » : au pluriel, pour englober les cultures alternatives liées aux œuvres, à l’imaginaire et aux mouvements gothiques et metal, mais aussi féministes et queer.

Ces cultures-là s’inscrivent en marge de la Culture ; leur raison d’être est d’être contre, d’être l’inverse, de proposer radicalement autre chose. C’est pile ce que j’aime : ce qui est différent, fluide, complexe, inconfortable, inquiétant même, parfois.

« Insolite » : Qui étonne par son caractère inhabituel, qui surprend parce qu’il sort de l’usage (source). Ça me semble bien définir tout ce que je partage : quelque chose d’extraordinaire, sans le faste induit par cet adjectif-là, peut-être ? Et encore, cela reste à voir : Qui étonne, surprend par sa singularité ; rare, étrange (source).

Empieza el matriarcado

En revanche, le mot « patrimoine » me chiffonne : ensemble des biens, des droits hérités du père (source).

J’ai alors repensé au mot « matrimoine », dont j’entends parler depuis plusieurs années dans les sphères féministes (where else ?). En voici une définition :

Le Matrimoine est constitué de la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres. L’égalité entre femmes et hommes nécessite une valorisation de l’héritage des femmes. Dès lors Matrimoine et Patrimoine constitueront ensemble notre héritage culturel commun, mixte et égalitaire.

Notre héritage culturel est constitué de notre Patrimoine (ce qui vient des pères) et de notre Matrimoine (ce qui vient des mères). En réhabilitant la notion de matrimoine, le mot comme les femmes qui le composent, nous nous réapproprions l’héritage culturel qu’on nous vole : nous retrouvons dans la chambre de notre culture une autre bibliothèque, celle des compositrices, des conteuses, des clownesses, des plasticiennes…

Ce mot me semble pertinent dans la mesure où, sur mon blog et dans mon travail créatif au sens large, je favorise depuis longtemps les lieux, histoires et initiatives portées par ou liées à des femmes.

Cependant, je pense que le mot « matrimoine » a le même inconvénient que le mot « patrimoine » en binarisant notre héritage matériel et immatériel commun, qui se trouve pourtant à la croisée des genres et des orientations. Cela me tient à cœur de visibiliser et de valoriser également tout ce que l’on doit aux personnes LGBTQIA+. Existe-t-il un autre mot pour dire « [p|m]atrimoine », sans notion de genre ?

Du reste, si « matrimoine » ne convient pas entièrement non plus, pourquoi le pater de patrimoine devrait-il l’emporter ? Si je partage davantage de choses liées à des femmes qu’à des hommes, il me paraît logique de privilégier quand même « matrimoine ».

Et ce, même si cela se fait aux dépends du référencement de mon site et de mes profils sur les réseaux sociaux. En effet, les probabilités que l’on cherche « patrimoine » plutôt que « matrimoine » dans un moteur de recherche me semblent plus élevées.

« Matrimoine » étant plus « niche », cela peut néanmoins avoir de l’intérêt et permettre à mon travail d’apparaître au sein de recherches féministes par exemple. Mon blog n’a jamais été grand public, de toute façon : ce n’est pas ça qui va changer grand chose.

Appropriation

Le dernier point qui me fait cogiter sur ce point de vocabulaire, c’est que, dans le folklore, on est moins dans l’attribution systématique à un nom d’auteur ou d’autrice.

On est plus dans une culture collective, souvent orale, qui est parvenue jusqu’à nous notamment grâce aux marins, aux paysan·nes et aux personnes sans-abri.

Là, je pense à la conteuse Marc’harit Fulup (ou Marc’harid), la « cigale bretonne » : mendiante, illettrée, elle était douée d’une mémoire exceptionnelle et connaissait par cœur des centaines de contes et de chants bretons.

C’est grâce à elle que ces trésors sont parvenus jusqu’à nous, soit retranscrits de son vivant par le folkloriste Anatole Le Braz, soit enregistrés par le linguiste François Vallée. Si le sujet vous intéresse : Des collectrices invisibles de chants, à lire sur Le Télégramme.

Il reste difficile d’estampiller définitivement telle œuvre, telle légende, tel lieu du nom d’homme ou de femme : c’est souvent indéterminé car collectif. Cependant, il semble qu’il y a souvent eu appropriation par des hommes de cet héritage commun.

En Bretagne, il y a eu par exemple Théodore Hersart de la Villemarqué, François-Marie Luzel, puis Paul Sébillot, les frères Géniaux ainsi que le célèbre Anatole Le Braz. Autant d’hommes lettrés qui ont « recueilli » et immortalisé les us, coutumes et légendes bretonnes, dans on ne sait quelles conditions, parfois en arrangeant l’histoire à leur guise (cf. la querelle du Barzaz Breiz), et en les publiant sous leur nom.

Le PATERimoine et l’HIStoire (cf. Herstory) portent les stigmates du patriarcat, qui a contaminé jusqu’à l’un des plus petits dénominateurs communs de notre héritage immatériel : les mots.

(In)visibilité

En parallèle à ces thématiques, j’ai aussi décidé de ne plus utiliser de vocabulaire militant dans ma biographie courte, à l’exception de mes pronoms.

On n’y trouve plus l’adjectif « féministe » par exemple. Plusieurs raisons à cela.

D’un côté, je ne milite pas assez pour mériter (?) de pouvoir me qualifier ainsi. J’apprécie les efforts fournis par mes adelphes militant·es pour dédramatiser le militantisme et tenter de convaincre les électrons libres comme moi de rejoindre un collectif, mais mon sentiment d’illégitimité subsiste.

J’ignore si mes doutes et réticences à ce sujet sont dues uniquement à ce que mon introversion perçoit comme une militance permanente et très visible, ou bien si c’est juste dû à un manque de conviction.

Non seulement je n’aurais pas le temps d’en faire autant que les autres pour que ma contribution soit réellement utile (?), mais visibiliser davantage mes convictions politiques se heurte à plusieurs obstacles, que j’ai déjà détaillés en début d’année.

De l’autre, retirer le vocabulaire militant de ma biographie est une manière de ne pas être cataloguée (ou moins ?) et de me protéger.

Il y a tant de croyances négatives sur le féminisme et les personnes queers, que ça me semble risqué de balancer ces mots qui fâchent (à tort) sans les contextualiser.

Par exemple, si je me dis féministe, alors il faut que je précise que je suis féministe matérialiste. Or, ce sont des concepts complexes, difficiles à aborder quand on est externe aux sphères militantes concernées, mais aussi quand on débute tout juste sa réflexion dans ce domaine.

On peut expliquer simplement des choses complexes ; mais c’est très compliqué de le faire en 160 caractères (c’est-à-dire la taille allouée par Twitter pour écrire une biographie).

Passages

Je n’ai pas envie de fermer la porte à des personnes qui ne comprennent pas spontanément à quoi je fais référence. Pour moi, ça équivaudrait à une forme de classisme, de discrimination intellectuelle. Je n’ai pas envie de créer des barrières de manière intentionnelle.

En particulier, je n’ai pas envie d’exclure les personnes qui n’ont pas 20 ans d’activisme dans les pattes, et qui ne maîtrisent pas toutes les subtilités du jargon militant.

Je précise d’ailleurs que je m’inclus dans ce groupe : c’est justement parce que je me suis souvent sentie moi-même exclue de certaines rhétoriques que j’ai eu envie de tenter une autre approche.

Je préfère essayer d’amener les personnes qui me lisent à faire preuve de curiosité et à se poser des questions, même si elles sont profanes vis-à-vis de ces problématiques, même si elles ont des a priori (et comment les blâmer à ce sujet, vu la désinformation constante favorisée par les médias grand public et par les algorithmes des réseaux sociaux ?).

La plupart d’entre nous s’arrêtent à la biographie de quelqu’un, forment un jugement, et décident si oui ou non cela vaut le coup d’aller plus loin.

Si j’annonçais de but en blanc que je suis féministe et queer, combien de personnes passeraient à côté de mes publications, à cause de leurs préjugés ?

À l’inverse, annoncer la couleur dès sa biographie peut permettre de dissuader des personnes réfractaires à nos valeurs de nous suivre.

Je ne pense pas qu’il y ait une méthode « meilleure » que l’autre : on peut choisir l’une ou l’autre approche en fonction de ce qui nous convient le mieux à un moment donné, en fonction de notre tempérament, de nos objectifs et du temps dont nous disposons pour gérer les réactions d’autrui.

Inception

C’est peut-être prétentieux, mais je veux essayer d’hacker les stéréotypes, en quelque sorte. Mon cheval de Troie, c’est ma revue de web : pêle-mêle, généraliste, mais ponctuée de points d’orgue politiques, dans l’espoir qu’entre deux articles « neutres », les Moldu·es qui la liront passent de l’autre côté du miroir.

J’essaie de provoquer plus d’empathie et d’altérité, et d’ouvrir le dialogue avec des personnes sincèrement curieuses. Et j’ai l’impression que c’est ce qui se passe sur mon blog.

La méthode que j’expérimente depuis longtemps et avec laquelle je suis à l’aise, c’est d’être moins dans la confrontation que dans l’inception : laisser des petits cailloux aux quatre coins de la forêt, observer qui les perçoit et réagit.

Je ne veux pas convaincre des personnes déjà convaincues ; je veux convaincre des personnes qui doutent encore.

J’ai l’espoir que mes publications touchent aussi des personnes qui seraient peut-être sur la défensive ou se détourneraient de mon univers si j’annonçais de but en blanc que, oui, je défends un féminisme matérialiste et queer.

J’ai l’espoir que ce que je publie puisse agir comme les fleurs de thé séchées qui se déploient dans une tasse d’eau chaude, vous voyez ?

L’inception n’empêche pas des confrontations ponctuelles, de toute façon : par exemple, cette année j’ai enfin trouvé le courage de révéler mon orientation sexuelle en public, et c’est sûrement l’une des choses les plus politiques que j’aie faites dans ma vie.

Néanmoins, encore faut-il tomber sur les publications concernées et les lire.

Les mots et ce que l’on en fait ont le pouvoir de visibiliser ou d’invisibiliser, d’inclure ou d’exclure.

Abracadabra.

Photomaton me représentant déguisée avec des masques style vénitien.
Dessin au crayon représentant une femme tenant un loup devant son visage.

Post-scriptum

PS : besoin de douceur ? Passez 25 minutes et 42 secondes en orbite grâce à ce live de la pianiste polonaise Hania Rani. Depuis que je l’ai vu, j’écoute son album Home en boucle. Certaines sonorités rappellent par moment celles de Yann Tiersen, en plus classique cependant : cela est peut-être dû au piano Steinway (sans surprise, je préfère les Bösendorfer, utilisés notamment par Tori Amos et Véronique Sanson).

PPS : Construire de nouvelles amitiés à l’âge adulte, une quête qui demande du courage, encore un très bon article de Lucie Inland.

« Si on a déjà été blessé en amitié, on va se dire que ça se reproduira inévitablement, et on adaptera son comportement de façon à se tenir à l’écart d’une prochaine blessure, et donc des autres personnes, confirmant ce qu’on pensait à la base. » Construire de nouvelles amitiés à l’âge adulte demande donc de composer avec son passé et celui des autres, qui s’alourdit souvent de fragilités au fil des années.

PPPS : trois livres d’occasion sur la Bretagne ont rejoint ma bibliothèque ces derniers jours, et cela me réjouit.

  • L’art populaire en Bretagne, album numéro 3, par Marie Droüart, éditions An Doukenn, Rennes, sans date. Déniché sur Delcampe, mon nouvel endroit préféré sur les Internets. J’ai filmé rapidement l’intérieur de ce livre, si jamais.
  • Histoire du costume glazig et bigouden, de Simone Morand, Yves Salmon éditeur, Chateaugiron, 1983. Une merveille, même si je regrette que la plupart des visuels soient en noir et blanc, alors que les broderies basses bretonnes sont principalement confectionnées avec un fil jaune doré, éclatant comme le soleil !
  • Mystères de Bretagne, de Nathalie Merrien, Éditions Jean-Paul Gisserot, ville et année indéterminées. L’un des rares livres contemporains dédiés aux curiosités bretonnes écrits par une femme, du moins pour l’instant.

Marie

Déjà 12 commentaires

  1. Je te félicite pour ta métamorphose biographique =) du toupet, il en faut ! Je ne suis toujours pas capable de dire que je suis photographe, parfois ça m’agace mais la plupart du temps je crois que je m’en fou, sans doute parce que je n’arrive pas à me positionner concrètement dans quoi que ce soit ; le milieu est tellement pétri d’arrogance et de m’as-tu-vu, sans parler d’un élitisme masculin assez crade (pour changer) que j’essaie de m’en éloigner le plus possible je crois.
    Personnellement je suis persuadée que le verbe est magie, porteur, transformation, et sur soi il peut opérer de vraies métamorphoses comme tu es entrain de les vivre.

    Il faut s’emparer de qui l’on est et se brandir à la face du monde, il y a de la place pour toutes les genèses.

    Répondre

    1. Merci de tout cœur, Minuit ! Je comprends tout à fait ton écœurement vis-à-vis du milieu de la photographie et ta réticence à te décrire comme photographe.

      Parfois on a l’impression qu’adopter un mit comme ça reviendrait à enfiler un costume qui ne nous convient pas entièrement, voire pas du tout, pour les raisons que tu évoques notamment. (Au passage, bon point pour « photographe » qui est un mot épicène !)

      Pour ma part, s’il y a bien un mot dans lequel je ne me reconnais pas et avec lequel je ne me suis jamais définie jusqu’à présent, c’est bien celui de « blogueuse ». J’assimile trop ça aux excès du blogging sponsorisé des années 2000, où il y avait une omniprésence de physiques et de discours très normés et normatifs, en particulier dans le milieu des blogs mode.

      Mais, quand j’y réfléchis, je me rends compte qu’il y a aussi une part de misogynie inconsciente dans le rejet de ce mot : au fond, c’est parce que j’assimile ce mot à la superficialité caricaturale plaquée sur des jeunes-femmes aimant des choses assimilées au « féminin » (beauté, mode, déco d’intérieur…), et que j’ai peur d’être stéréotypée à mon tour.

      Je n’ai pas encore complètement résolu ce paradoxe. En attendant, je ne me décris pas comme une personne qui écrit (autrice ? écrivaine ?) mais comme ayant un blog. J’ai encore un bon bout de chemin devant moi niveau sentiment de légitimité, alors que j’écris depuis plus de 20 ans… Pour « illustratrice », je n’ai pas attendu aussi longtemps. Je ne sais pas comment expliquer cette différence.

      Répondre

  2. C’est super intéressant que tu nous partages le cheminement derrière à la fois le changement de bio et le contenu de la bio en question.
    Sans ça ce serait passé à l’as de mon côté parce que non de mon côté je ne regarde quasiment jamais les bios des comptes (et je ne suis pas sûr d’en avoir sur mes comptes par exemple). Les seules fois où la bio m’intéresse c’est pour voir si la personne qui cite un article est lié à l’éditeur de l’article (cela peut changer la signification du post) ou pour vérifier si une remarque est premier ou second degré (la bio aide bien à cibler rapidement quand on se pose la question)

    Concernant le p|m.atrimoine pourquoi ne pas parler de parentimoine ? On peut être parent sans genre, sans être géniteur.rice, sans être un ascendant direct et ce sont nos parents, quelque soit leur nombre, qui nous transmettent notre héritage matériel et immatériel.

    Enfin je voudrais revenir sur cette image dans la conclusion : « J’ai l’espoir que ce que je publie puisse agir comme les fleurs de thé séchées qui se déploient dans une tasse d’eau chaude, vous voyez ? ».
    Parce qu’au-delà de l’image du résultat de cette fleur de thé qui se déploie lentement dans l’eau chaude pour dévoiler toute sa splendeur qui je trouve correspond déjà très bien à ce que tu veux faire et ce que tu arrives à faire (imho), elle inclue également de manière probablement inconsciente l’image de la fabrication de cette fleur qui demande énormément de préparation en amont et de minutie pour la créer de telle manière à ce qu’elle se déploie et qu’elle soit jolie une foi déployée : il faut sélectionner les ingrédients, choisir dans ces ingrédients les morceaux adaptés, les disposer comme il faut et les lier enfin, et je trouve que cela correspond bien à tout ton travail préparatoire pour tes articles de blog :)

    Répondre

    1. Merci beaucoup, Nannig, pour avoir pris le temps de détricoter avec tant de finesse trois des aspects évoqués dans ce billet. Ce seul commentaire symbolise à lui seul la symbiose que j’ai la chance de ressentir lors des échanges auxquels donnent lieu mon blog. Je te suis sincèrement reconnaissante pour ta gentillesse et ta sensibilité.

      J’aime assez bien l’expression « parentimoine » !

      Quant à la métaphore de la fleur séchée, en effet, il y a une fabrication lente et délicate derrière ; c’est souvent fait main d’ailleurs, ce qui explique que cela coûte un bras. Mais heureusement, de ce côté-ci de l’écran, mes tasses de thé à la violette sont gratuites.

      Répondre

  3. Content pour toi si tu te sens de plus en plus libre :)

    Quant à tes choix de bio, comme tu le résumes bien ça a ses avantages et inconvénients de ne s’étiqueter soi-même. En tout cas saches que tu a contribuée a ma découvertes de certaines tendances et autres concepts féministes et dans ma tête tu l’es donc ça ne fait aucun doute à mes yeux. Il y a 1001 façons de militer pour moi et je n’adhère pas avec l’idée du mérite concernant le militantisme. Certaines plus spectaculaires que d’autres. Il me faut juste d’une recherche de cohérence (ne pas crier par tout et tout le temps que la société doit arrêter de manger de la viande si c’est pour faire 50% de ces posts sur insta sponsorisé par une chaîne de boucherie quoi).

    Je suis un peu surpris par ton passage « l’HIStoire ». Autant l’étymologie de patrimoine via PATER m’est connue, mais je n’ai jamais entendu évoqué jusqu’ici le caractère masculin de « histoire » qui de ce que je crois savoir vient de enquête… Tu as une source là dessus ? A moins que ce ne soit un jeu avec « his » en anglais pour souligner la vision partiale ? J’suis perdu ^^

    Répondre

    1. Hello Mealin ! Merci beaucoup pour ton commentaire, pardonne-moi pour le délai de ma réponse.

      Pour « herstory / her story », c’est en effet un jeu de mot sur les pronoms possessifs « his / her ». Selon l’article qui y est consacré sur Wikipédia, c’est un terme inventé a priori par la journaliste Robin Morgan en 1970 pour mettre en avant le rôle des femmes dans l’histoire.

      Répondre

      1. Aucun besoin de t’excuser ;-)

        Merci pour la découverte. Cela devient tout de suite plus clair :) Je ne sais pas si je suis le seul à m’être poser la question mais j’ose te suggérer d’inclure le lien mettre le lien sur le mot HIStory dans ton texte puisque si la déconstruction vis à vis du patriarcat est un lien compréhensible, dans patrimoine c’est étymologique et histoire peut-être plus une critique socio et pas intrinsèquement contenu dans le mot ?

  4. J’avais remarqué effectivement ton changement de bio sur instagram, et les mots choisis paraissaient judicieux. C’est intéressant que tu expliques ici tes choix, car l’espace imparti par le réseau est tellement ridiculement petit que, si l’on veut être juste en peu de mots, et se résumer en 160 signes, cela nécessite une contorsion gymnastique du cerveau !
    Je suis contente pour toi que le terme « illustratrice » soit désormais ton premier « statut » en bio. Se revendiquer artiste ou illustratrice, ou autre métier dit « artistique » est tout sauf simple, surtout si, pour une raison ou une autre, on ne s’y sent pas légitime. Car bien sûr, et tu le dis très justement, ce n’est pas juste un mot et un titre : tu dessines un état d’esprit quand tu l’utilises pour te qualifier et cela demande beaucoup plus de courage qu’il n’y paraît, car il s’agit de titres très difficile à utiliser aujourd’hui pour tout un tas de raisons. Si le sujet t’intéresse, je te conseille le livre « Portrait de l’artiste en travailleur », qui décortique le statut de l’artiste aujourd’hui, et pourquoi ce « métier » est devenu à la fois source d’émerveillement, d’envie, de stéréotype, de but ultime. C’est très intéressant, et je vois mon statut actuel différemment depuis ^^. (bien que mon premier statut soit « PhD student »)

    Je n’ai pas de mot équivalent à patrimoine, ou qui mêlerait le masculin et le féminin… En anglais, on dit « heritage », c’est moins masculin, mais ça a une connotation différente chez nous… Bien que le terme « héritage » en français soit immensément riche et recouvre toutes les filiations dont on peur se réclamer ou ressentir face à quelque chose…

    Je ne sais pas si tu es allé voir l’expo photo de Stéphane Lavoué sur la Bretagne aux Champs Libres, mais si tu as l’occasion, c’est superbe.
    Concernant ton paragraphe sur la transmission bretonne, il est clair que la question est complexe, d’autant que les légendes bretonnes ont eu tendance à être christiannisées lors du lavage de cerveau collectif d’il y a des siècles. Plus les déformations dûes au passage oral, il est difficile de cerner leurs provenances exactes. Il va y avoir bientôt une grande expo au Musée de Bretagne s’intutilant Celtique, et visiblement, la question de l’appropriation culturelle et des déformations de la culture celtique y sera abordée… A suivre donc ! ^^

    Encore un bel article, merci !
    Belle journée
    Alexandrine

    Répondre

    1. Merci beaucoup, j’espère que je pourrai voir l’expo « Celtique » ! Je n’ai pas eu l’occasion d’aller aux Champs libres depuis un moment, et je doute de passer à Rennes d’ici au 7 novembre. Mais l’expo de Stéphane Lavoué a l’air en effet très intéressante.

      Répondre

      1. La nouvelle expo c’est du 18 mars au 4 décembre 2022 je crois… C’est pas tout de suite…
        J’ai pris pratiquement l’intégralité de l’expo de Lavoué en photo tellement c’est beau, je ferais un article sur le blog là-dessus… ^^

  5. Merci une nouvelle fois pour ce partage ! Ton cheminement est vraiment intéressant, et ouvre nombre de perspectives, d’axes de réflexion, notamment sur l’effet « catégorisant » de certains mots.
    (Concernant m/patrimoine : le mot « héritage » couvre tout à lui seul, me semble-t-il.)
    À bientôt de te lire ou te croiser quelque part en Bretagne :)

    Répondre

    1. Merci beaucoup Shaya ! « héritage » est intéressant, et vous avez été plusieurs à le suggérer en effet ; mais sa polysémie m’empêche de le trouver tout à fait équivalent à ce que je cherche à exprimer avec « patrimoine » ou « matrimoine »…

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Billets adjacents