Janvier aura été un mois aussi interminable que désolant. Parmi ce qui m’aide à tenir, il y a la musique – toujours elle.
Je publie cette nouvelle playlist sombre un lundi, parce qu’écouter de la bonne musique, je trouve que ça aide à se concentrer et à trouver de la force – ce dont on a particulièrement besoin ce jour-là, n’est-ce pas ?
Par quelle magie tant d’artistes réussissent à mettre des sons et des mots PILE sur LE truc que j’ai en travers de la gorge depuis des semaines ? Aucune idée, mais c’est vraiment ça qui m’aide à tenir : blaster et ressentir, fort.
NB : jetons un voile pudique sur le fait que je n’avais plus publié de sélection musicale sur mon blog depuis octobre 2022, si vous voulez bien.
Crypta – Shades of Sorrow
Style musical : death metal
Crypta, c’est quatre musiciennes brésiliennes remontées à bloc, comme le prouve leur énormissime concert à Bloodstock 2024. Leur album Shades of Sorrow fait hybrider le death metal avec le black et le thrash grâce à la rythmique féroce de la batteuse Luana Dametto et à l’expressivité vocale et scénique de Fernanda Lira, chanteuse et bassiste.

Ethel Cain – Preacher’s Daughter
Style musical : dark Americana
Avec un flegme déstabilisant, Hayden Silas Anhedönia alias Ethel Cain exorcise les violences subies au sein d’une communauté baptiste du sud-est des États-Unis engluée dans la bigoterie et le patriotisme. Rejetée par sa propre famille lors de son coming out à 16 ans, puis lors de sa transition de genre à 20 ans, la musicienne dévoile à mots à peine couverts une partie de l’histoire d’Ethel sur Preacher’s Daughter, un album immersif et somptueux, qui ne se laisse pas toujours apprivoiser facilement.

The Warning – ERROR
Style musical : rock
Originaires de Monterrey, au Mexique, les jeunes sœurs Daniela, Paulina and Alejandra Villarreal composent et jouent un rock mélodique très entêtant. Porté non pas par une, mais par deux chanteuses incroyables, ERROR révèle l’extraordinaire maturité musicale et émotionnelle de The Warning, grâce à des titres plus puissants et enthousiasmants les uns que les autres. Ça s’écoute comme du petit lait.

Lowen – Do Not Go To War With The Demons Of Mazandaran
Style musical : doom progressif
J’ai souvent les poils qui se dressent quand j’écoute Lowen et son mystérieux mélange de doom, de death et de prog avec de la musique traditionnelle iranienne. La voix puissante de Nina Saeidi règne sur l’album ; chanter en farsi et en sumérien lui permet d’exprimer son héritage culturel. Waging War Against God explore la folie de la tyrannie et du racisme, et la force des femmes pour les combattre.

Shedfromthebody – Whisper and Wave
Style musical : shoegaze, doom
Shedfromthebody est le projet de la musicienne finlandaise Suvi Savikko, dont la discographie regorge de pépites douces-amères comme To Hold The Ripened Sun et A Dead and Aimless Hum. Le nouvel album Whisper and Wave reprend la même recette : une voix féminine éthérée, une atmosphère mystérieuse sur fond de riffs lancinants, et des paroles qui explorent la souffrance et le rapport difficile avec son propre corps.

Encore plus de pépites pour votre playlist
Albums goth et metal que j’écoute en boucle
- Blackbraid – Blackbraid II (black metal)
- Candlemass – Epicus Doomicus Metallicus (doom culte)
- Castle Rat – Into the Realm (doom)
- Poppy Jean Crawford – The Takeover (alt pop)
- Oldest Sea – A Birdsong, A Ghost (folk sombre)
- Slowdive – Souvlaki (shoegaze)
- The Huntress and the Holder of Hands – Avalon (country gothique avec violoncelle)
Mes vinyles préf’ du moment
- Chelsea Wolfe – Unbound EP (folk neurasthénique)
- Faith and the Muse – Ankoku Butoh (rock gothique inspiré par le Japon)
Interview de Tori Amos par Rick Beato
J’ai beaucoup aimé l’interview de Tori Amos par Rick Beato. Avoir accès à une interview aussi honnête et authentique d’une telle artiste, c’est vraiment un privilège.
Tori y apparaît très vulnérable. Elle admet que son énergie sur scène est très différente que par le passé, et évoque l’effet dévastateur de la ménopause sur sa carrière.
L’entendre jouer un peu de piano à un moment m’a bouleversée. Quelques instants de grâce absolue, à écouter à 35’16” :
The Yagas – The Crying Room
Terminons ce billet avec l’incroyable premier single du groupe The Yagas, dont la chanteuse n’est autre que l’actrice Vera Farmiga. The Crying Room est un morceau que le groupe a dédié au peuple ukrainien, avec une collecte dédiée.
Le premier album Un nouveau single de The Yagas, She’s Walking Down, sort le 21 février 2025 : je serai 100 % là pour l’écouter.
On résume ?
- Albums ultra dark et denses : Crypta, Lowen, Blackbraid
- Albums rock et metal plus accessibles : The Warning, Candlemass, Castle Rat, Faith and the Muse
- Albums poétiques et tristes : Ethel Cain, Shedfromthebody, Poppy Jean Crawford, Oldest Sea, Slowdive, The Huntress and the Holder of Hands, Chelsea Wolfe
J’espère que cette sélection vous permettra de faire de chouettes découvertes. N’hésitez pas, vous aussi, à partager vos derniers coups de cœur musicaux avec moi.
Bonne écoute et bonne semaine !








Nicolas
25 avril 2025
Incroyable choix!
Marie ☽
25 avril 2025
Merci, je suis heureuse que ça te plaise !
Lullaby
9 mars 2025
Merci beaucoup pour cette playlist pleine de découvertes ! Comme souvent, grâce à toi, je déniche quelques pépites qui résonnent par ici ! Pour l’heure, je suis en train de me vautrer dans l’album de Shedfromthebody qui s’en va rejoindre la playlist d’un projet de roman qui traîne dans un coin de ma tête ; mais j’ai noté d’aller prêter une oreille attentive à d’autres artistes que tu as cités ici.
Marie ☽
9 mars 2025
Je suis heureuse que les douces ténèbres de Shedfromthebody soient un lieu accueillant pour toi, Lullaby ! Merci pour ton mot 😘
Sempra
11 février 2025
Après plusieurs essais infructueux, finalement j’aime beaucoup l’album Preacher’s Daughter, mais j’ai besoin d’être dans un mood très particulier pour l’écouter. Certains passages me font fondre en larmes instantanément, et de manière générale je n’ai pas été dans un mood me permettant d’écouter des morceaux au son aussi viscéral. Je n’ai pas accroché à Perverts pour l’instant.
Gros coup de coeur pour The Warning par contre !
Ainsi que pour The Yagas ! Ce style va tellement bien à Vera Farmiga, quelle voix. Je ne l’aurais jamais imaginée comme ça, j’espère qu’on va avoir droit à plein d’interview où elle parle de l’origine du projet et de ses influences musicales, je suis suuuper curieuse.
Marie ☽
15 février 2025
Coucou ! C’est vrai que Preacher’s Daughter est un album singulier, qui ne s’écoute pas à n’importe quel moment. Y’a vraiment un truc avec ce disque…
Je suis bien heureuse que The Warning et The Yagas t’aient tapé dans l’oreille (?). C’est bizarre d’être aussi impatiente pour un groupe que je viens juste de découvrir et qui n’a qu’un single, mais je compte les jours avant le 21 février.
Leo
10 février 2025
Un peu de ton avis sur les compositions d’Ethel Cain pré 𝑃𝑟𝑒𝑎𝑐ℎ𝑒𝑟’𝑠 𝐷𝑎𝑢𝑔ℎ𝑡𝑒𝑟, mais cet album, je l’ai écouté/vécu comme une énorme claque. Cet album (pour celleux qui ne le savant pas déjà) est une « œuvre totale » qui vient raconter une histoire d’un bout à l’autre de l’album, au-delà des mélodies pop, sombre, erratique on suit l’histoire d’une jeune fille à qui tout sourit (la vibe de American Teenager) puis s’en viennent de nombreuses complications et des réflexions sur son passé et son éducation, plus les morceaux deviennent sombre, plus le personnage d’Ethel Cain se rapproche de son sort funeste. Je suis très sensible à ce genre de projet qui transcende l’art de la musique et mêle une narration profonde et cohérente avec les compositions.
Le projet est de faire 3 albums : une sorte de trilogie intergénérationnelle (Ça me fait penser à la trilogie de Ty West ; X, Pearl et Maxine) dont le dernier album, 𝑃𝑒𝑟𝑣𝑒𝑟𝑡𝑠, ne fait pas partie, c’est plus un side projet.
Marie ☽
11 février 2025
Salut Leo, merci beaucoup pour ces précisions ! Je suis encore assez noob dans l’univers d’Ethel Cain, et ne maîtrise pas encore toutes les subtilités de son concept.
Savoir qu’il y a encore deux albums pour faire suite à Preacher’s Daughter me ravit – autant que l’on puisse se réjouir, en tout cas, vu les thèmes plutôt glauques dans l’ensemble…
Mealin
10 février 2025
Ethel Cain,The Warning et Poppy Jean Crawford dans ma liste « écouter le reste » grâce à toi grande pourvoyeuse musicale devant l’Eternel.le ;-) Merci !
Marie ☽
11 février 2025
J’aime beaucoup ce titre honorifique ! 😄 Merci Mealin, bonne écoute à toi !
Nannig
10 février 2025
J’ai écouté même si c’est pas à la base mon style, ça fait toujours du bien de s’ouvrir à de nouvelles choses.
Par contre il y a un truc qui m’a choqué : aucune de ces vidéos n’est précédée d’une pub, comment ça fait du bien par rapport aux trucs à la mode ^^
Nannig
10 février 2025
Ah ouais nan c’est parce qu’elles sont dans l’article, sur YouTube on a la pub :(
Marie ☽
11 février 2025
Ouais je crois… Heureusement, car je serais atrocement gênée d’importer de la pub sur mon blog, déjà que je ne suis pas à l’aise d’importer tous les trucs liés à YouTube/Google…
Lucide
10 février 2025
J’adore découvrir de nouvelles choses et je ne fais plus de veille musicale depuis que j’ai arrêté mon émission de radio, je suis contente de lire (d’écouter devrais-je dire) cet article. Je n’arrive pas à accrocher à la musique d’Ethel Cain et pourtant j’aimerais bien, je suis déçue presque. Pourtant j’ai essayé plusieurs fois. Toutefois, j’écoutais déjà The Warning que j’adore, et là j’ai un gros coup de cœur pour The Yagas, j’ai hâte d’écouter l’album.
Marie ☽
10 février 2025
Merci pour ton commentaire, Lucide ! Je suis trop contente que le morceau de The Yagas te plaise à ce point.
Pour Ethel Cain, je comprends complètement, j’ai longtemps eu le même problème. J’avais beau essayer, même avant la sortie de Preacher’s Daughter, je n’y arrivais pas. En particulier, je déteste l’utilisation de la reverb sur ses EP, je ne suis pas fan des duos qu’elle a faits jusqu’à présent, etc.
Ensuite, il y a eu Preacher’s Daughter, dont tout le monde parlait. J’ai eu la sensation persistante que je passais à côté de quelque chose et qu’il me fallait revoir mon jugement initial.
Mais le moment venu, rebelotte : je n’arrivais pas à passer outre « American Teenager », qui est très pop, genre Sabrina Carpenter-pop. J’avais fini par me convaincre que ce n’était tout simplement pas assez sombre ou indé pour mes vieilles oreilles élitistes.
Problème : comme « American Teenager » est le deuxième titre de Preacher’s Daughter, j’ai longtemps buté dessus, arrêtant là ma lecture de l’album, convaincue que les autres titres seraient dans la même veine.
Je dois quand même admettre que l’intro de l’album, qui reprend / annonce le gigantesque morceau « Family Tree », m’avait passablement intriguée, que ce soit la musique, cette ambiance bizarre, ou les paroles, qui taillent direct un costard à des schémas familiaux dysfonctionnels.
C’est pourquoi, j’ai décidé de réécouter l’album en passant « American Teenager », cette anomalie qui me crispait de ouf, et de tenter une nouvelle immersion à partir du troisième morceau de l’album.
J’ai refait ça plusieurs fois, et ça a fini par débloquer quelque chose : la tracklist me semble bien plus cohérente à partir de « A House in Nebraska », en effet. Petit à petit, le charme a fini par opérer. Maintenant, j’aime tellement ce disque, que j’ai même appris à aimer « American Teenager ».
Par contre, je n’accroche toujours pas à tout ce qu’a composé Ethel Cain avant cet album. Et je suis plutôt mitigée sur son nouvel album, Perverts, qui pourtant est bien plus sombre, limite drone, que Preacher’s Daughter, et qui devrait donc me prendre aux tripes direk’. C’est à n’y rien comprendre. Ou alors, ce sont juste d’énormes growers…
Bref, si tu essayes l’approche « troisième piste », tu me diras si ça change quelque chose pour toi ?