Brom Fantasy culte

Coup de cœur de La Lune Mauve

« Peace » de Brom

1998.

J’ai 15 ans et je prends d’assaut le petit modem 56k dont mon père vient tout juste de faire l’acquisition. À l’époque, Internet se vend à l’échelle d’une heure par mois — peut-être deux. Le débit est lent, les soixante minutes passe en un battement de cils.

Fascinée par l’obscur et par ses œuvres, je dépile les pages perso Geocities consacrées à la culture gothique et à la fantasy. Et puis, bien vite, je tombe sur les illustrations de Brom. Je les admire, je les détaille, je les enregistre sur mon petit ordinateur portable, où elles resteront des années.

Souvent imitées, jamais égalées, les illustrations de Gerald Brom ont tapissé mes rêves noirs de créatures masquées, tatouées et surnaturelles. Aux diamants frappés à même la chair, répondent les ailes profondément enracinées dans le dos d’un ange éphémère.

Jeux vidéo, jeux de rôles, livres, comics, films : l’ADN de Brom est partout, comme un spectre ayant laissé une empreinte indélébile depuis l’au-delà sur le travail de ses descendants.

Sombre, mais plus que ça. Une référence, un bestiaire magique et une patte culte, modelant pour toujours mes visions glacées.

À l’occasion de la sortie de l’imposante monographie The Art of Brom, publié par Flesk Publications à l’issue d’un projet Kickstarter couronné de succès, je me fraye avec gourmandise un chemin au beau milieu de ces êtres ambivalents, que je connais depuis des années.

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