Kate MacDowell Sculptures contre nature

Céramique engagée

« Ants ate all my sugar », Kate MacDowell (2010)

Ce qui frappe tout d’abord quand on observe les sculptures étranges de Kate MacDowell, c’est l’eau qui dort. Sous les aspects lisses et fragiles de la porcelaine home-made se dégage un profond malaise : ici, un oiseau innocent fait son nid au sein d’une cervelle humaine ; là, un fœtus humain grandit dans l’utérus d’une grenouille. Ailleurs, il ne reste plus que des débris d’une sylphe, assassinée à coup de tronçonneuse.

MacDowell argumente sa démarche artistique en décriant toutes les manipulations malheureuses que l’humain fait subir à la nature : OGM, vivisection, déforestation… Un travail engagé, dont le retentissement nous assourdit d’autant plus violemment qu’il est porté par des objets d’un blanc pur, presque fantômatique, tout sauf naturel.

Ses porcelaines, qu’elle modèle à la main – d’abord dans une forme grossière, dans laquelle elle « épluche » le matériau afin de former qui des feuilles, qui des plumes. De véritables chimères, mi-animales, mi-humaines, qui enfonce le clou sur la nécessaire cohabitation des deux clans.

Un travail de fourmi dont le résultat, aussi esthétique que dérangeant, sort de l’ordinaire et donne à réfléchir.

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