Suehiro Maruo Cauchemar manga

Nosferatu vu par Suehiro Maruo

En deux clics, peut-être trois, je me retrouve happée par l’univers cauchemardesque et, il faut bien le dire, complètement barré de Suehiro Maruo (丸尾 末広).

D’abord avec cette vision de Nosferatu, où l’assaut du vampire contre le cou de la belle est comme démultiplié, pour mieux insister sur le drame. Et ce corps obèse en suspension à l’arrière-plan, qui accentue le malaise…

Puis avec toute une série d’images, plus violentes et plus dérangeantes les unes que les autres, débordant de rouge et de noir, à mi-chemin entre humour et horreur. Toute l’œuvre de Maruo décline la violence et le sexe à toutes les sauces, avec une forte fascination pour les freaks, les déformations corporelles, les monstres et le grotesque, ce qui a conduit les critiques à décrire son style comme du muzan-e contemporain.

Bien que la plupart des mangas de l’artiste n’aient été publiés qu’au Japon, Maruo bénéficie d’un culte sans précédent. Il faut dire que l’artiste est prolifique : depuis plus de 30 ans, il illustre manga, affiches, CD, magazines et autres romans.

Un de ses livres – Shôjo tsubaki: Chika gentô gekiga (Mr. Arashi’s Amazing Freak Show en anglais, La jeune fille aux camélias en français) – a même été adapté en film d’animation. Il s’agit d’une sombre histoire dans laquelle une jeune-fille, Midori, devient esclave dans un cirque, où elle est violée par des freaks puis protégée par un magicien.

Ça claque méchamment.