Batcave

Alien Sex Fiend

Alors qu’une seconde vague punk, plus brutale que la première, déferle sur l’Europe (…), un club pas comme les autres ouvre ses portes à Londres en 1982. La Batcave attire un public qui recherche de nouvelles sensations et offre aux artistes trop fous pour les autres salles une (petite) scène où se produire, dans une ambiance kitsch et délirante, avec des danseuses en cage et des DJ’s faisant danser une clientèle bigarrée sur du glam rock, du punk, du disco et du funk. The Batcave devient ensuite une soirée qui se promène dans divers endroits, avant de finir dans un bar lorsque la mode gothique n’intéresse plus qu’un public limité.

Pour définir le style batcave, on pourrait évoquer un rock tendu et émacié ayant hérité du punk une folie et un côté imprévisible, et dont le goût pour la théâtralité va parfois jusqu’à l’expérimentation pure et simple, tant au niveau musical qu’au niveau scénique. Le chant est généralement assez aigu, l’imagerie est volontiers exubérante, souvent inspirée par le cinéma d’épouvante et le grand guignol, avec un penchant pour la provocation sexuelle et l’androgynie. Les synthétiseurs sont parfaitement intégrés à une instrumentation rock afin de rajouter une ambiance étrange et des sons dissonants à une musique torturée mais souvent mélaodique.

Christophe Lorentz, « Batcave », in Carnets Noirs, Acte I, Éditions Esprit Livres, Paris, 2003