Géode

Koen Hauser

Cacher mes larmes dans la pluie, parade toute trouvée, divine équation pour laisser le vent flouter mes arrière-pensées et accueillir les gouttes comme de micro-fouets cinglant sur mon échine. Le cou protégé par un rayon de pierres purpurines, à travers lesquelles perce par magie l’éclat d’une peau encore juvénile, j’arrache de son visage son sourire satisfait, grotesque et niais, et l’enroule dans la brume, et le lance au loin, à jamais brisé.

Je me laisse aspirer par les tonnes de pages que je trimballe jour après jour dans ma besace, l’esprit mal placé et le regard en biais, suspectant l’heure de tourner plus vite qu’à l’accoutumée tandis que je suis les aventures de l’apprenti sorcier.

J’apprends et j’enserre, plonge et malaxe, relève et passe mon chemin, car, c’est vrai, qui trop embrasse mal étreint le mâle trop éteint qui embarrasse.