Expo « L'Œil Grand Ouvert » à la Galerie Akiza

Flyer de la première expo Akiza

C’est niché au creux de Montmartre que l’on découvre l’endroit, rénové et lumineux. Face au mythique cinéma Studio 28, à deux pas de Bleu Noir Tattoo et de la Galerie W., la Galerie Akiza, qui a ouvert ses portes il y a quelques mois à peine, accueille sa première exposition, « L’Œil Grand Ouvert » (« L.O.G.O. » pour les intimes) jusqu’au 6 15 janvier 2013. Il est donc plus que temps pour nous de vous inviter à y aller !

On connaît le travail fabuleux de Robinson Deschamps, créateur d’Akiza : nous vous en avions déjà parlé. L’artiste et sa complice, YoSHii, se font commissaires d’exposition en réunissant dans les murs de leur jolie galerie les œuvres singulières de Lost Fish, Son Excellence Otto, Shepard Fairey, Metastazis, Vav Jeniak, Le Cyklop, Pretty Dolls Factory, Palancus, Folks Garnments et Block Rekordz, qui se répondent et se complètent, unies par les fils noirs et blancs d’Akiza.

Qu’il s’agisse de la grande fresque qui capte le regard dès qu’on pousse la porte de la galerie, des toiles accrochées jusque dans le petit boudoir au fond de la galerie, jusqu’aux t-shirts cultes frappés de la petite poupée graphique, la patte Akiza est bien là, à portée. L’identité forte de cette égérie numérique se décline à l’infini, et n’a pas pris une ride depuis sa création en 2003.

Comme toujours dans l’univers d’Akiza, on passe du coq à l’âne, de l’innocent à l’obscène, en croisant ici et là des allusions, des sous-entendus, voire des provocations fièrement exhibées par cette nouvelle galerie bien sous tous rapports, où pénètrent aussi bien curieux, touristes, artistes que jeunes cygnes habillés en noir.

Ici, il n’y a rien de l’ambiance parfois pesante et scrutatrice propre aux boutiques gothiques ; ici, l’accueil est direct et chaleureux, sans fard. On apprécie cette simplicité raffinée.

Sur les murs blancs et noirs, on se prend d’admiration pour les dessins de Vav Jeniak, maniant à la perfection un rose indécent, et l’on rêve devant les yeux sublimes dépeints par Lost Fish. À cette esthétique poudrée s’oppose les sérigraphies propagandesques de Shepard Fairey et Metastazis, le « El Primero » obscène de Son Excellence Otto, quelques poteaux frappés des yeux du Cyklop, mais aussi des sacs-téléphones et des peluches apparemment innocentes, doudous faussement gentils, qui rappellent à bien y réfléchir les combinaisons intégrales en latex des soirées S.M. On n’est plus à un paradoxe près.

En tout cas, il semble bien que low-brow, street art, graphisme, arts noirs et rétrofuturisme aient trouvé un toit dans la Galerie Akiza. C’est un melting pot de visions et de regards alternatifs, qui ne sont pas vraiment là pour choquer mais pour inviter les spectateurs à ouvrir l’œil, et le bon, sur le sens caché des choses.

On suivra avec intérêt les prochaines expositions, déjà pleines de promesses : l’expo suivante s’intitulera « It’s My Lucky Day », et verra les œuvres goth’n’roll de la géniale Marie Meier en bonne place. Vivement !

La Galerie Akiza est ouverte du mardi au dimanche, de 11h à 20h. Rendez-vous au 3, rue Tholozé, Paris 18, Métro Abbesses.