Jean-Sébastien Rossbach Exposition « Mother » à la Galerie Daniel Maghen

Carton d'invitation de l'expo de JS Rossbach

La grisaille et le froid n’auront pas eu raison de mon entêtement à vouloir aller admirer les œuvres de Jean-Sébastien Rossbach en ce vendredi matin pluvieux. Direction la Galerie Daniel Maghen, située sur le Quai des Grands Augustins à Paris (quartier Saint-Michel), où l’artiste français expose jusqu’au 10 novembre 2012.

Célèbre pour son travail mixed media mêlant peinture et infographie, J.-S. Rossbach expose ici des œuvres réalisées en un an et demi avec uniquement de l’aquarelle, de la gouache, de la mine de plomb ou encore de l’encre de Chine.

Rien de numérique, donc, dans cette exposition, comme pour mieux renouer avec le thème principal, Mother, qui a tout à voir avec Mère Nature, sa beauté, son mystère et ses dangers. Des blobs colorés sortent ici d’une gorge, là d’une guitare ; un pélican mazouté déverse le liquide noire sur la peau diaphane d’une naïade ; des corbeaux se coincent les ailes dans des fils barbelés. Contemplation douce-amère…

À travers les corps imberbes de personnages féminins graciles, sur lesquels il plaque symboles, mutations et lignes, Rossbach propose une approche mystique de la nature. Il pourrait ne s’agir que de fantasy ; mais chaque dessin, chaque peinture, s’enracine dans la modernité, à travers des formes géométriques colorées qui contrastent avec l’œuvre pastel, rappelant parfois le regretté Moebius.

Le triangle inversé agit comme un signe de ralliement pour chacun de ses esprits féminins puissants, dont la peau ne fait qu’une avec l’écorce, la chevelure, les éléments. Rites de fertilité, passages et inspiration : chaque œuvre s’enchaîne comme les chapitres successifs d’une même histoire.

L’esthétique est feutrée. Mais ne vous y trompez pas : une tension certaine émane de chaque portrait. Par l’absence d’yeux, ou par la déformation d’une anatomie, la Grande Déesse dévoile non seulement sa nature ambivalente, mais également sa fragilité, sentiment renforcé par la nudité omniprésente de corps pâles et fins.

L’introduction du catalogue de l’expo se conclut sur cette citation de James Lovelock :

Car les métaphores sont plus que jamais nécessaires pour faire comprendre au plus grand nombre la véritable nature de la Terre et les périls mortels qui se profilent à l’horizon.

Une exposition comme une prise de conscience, d’autant plus percutante qu’elle s’ancre dans la poésie, et nous touche au plus profond.

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