David Fincher

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Elements biographiques

Réalisateur et producteur américain surdoué qui s’est imposé en l’espace de quelques films, David Fincher est né le 18 août 1962 à Denver (Colorado). Dès l’âge de huit ans, il commence à réaliser quelques films dans le cadre familial, passion précoce qui ne le lâchera plus jamais. Pour autant, à 18 ans, il commence sa carrière non pas en tant que réalisateur, mais en tant que superviseur des effets visuels. Où çà? Chez ILM, la société d’effets spéciaux de son idole : Georges Lucas. Il y travaille pendant 4 ans, période durant laquelle il supervisera notamment les effets visuels de Star Wars – Le Retour du Jedi, L’Histoire sans fin ou encore Indiana Jones et le temple maudit. Fort de cette expérience, il se lance ensuite dans la réalisation de publicités et surtout de clips musicaux : il réalise ainsi des clips pour Sting, Madonna et Michael Jackson. Il continuera d’ailleurs cette activité simultanément à sa carrière cinématographique, réalisant notamment des clips pour les Rolling Stones, et plus récemment pour A Perfect Circle (Judith) et Nine Inch Nails (Only). Cependant, en 1992, la Fox fait appel à lui pour réaliser le troisième opus de la saga Alien, après ceux de Ridley Scott et de James Cameron : ce sera son premier long-metrage, le premier d’une série de films devenus des classiques…

Filmographie sélective

Alien 3 sera pour David Fincher le meilleur moyen d’étaler sa maîtrise visuelle aux yeux de tous ; il ne sera néanmoins pas le signe de sa totale liberté, puisque la Fox le licencie à la fin du tournage, lorsque le réalisateur voulut imposer une fin qui n’était pas du goût de la puissante industrie. Qu’importe : pour avoir sa liberté d’action, il signera ailleurs, dans une petite société de production indépendante (New Line Cinéma).
Le résultat de cette liberté d’action, il le sort en 1995, avec un thriller sombre et pessimiste qui deviendra culte : Seven. Le film, qui signe sa première collaboration avec un acteur alors montant, Brad Pitt, devient rapidement un phénomène, renouvelant profondément le genre du thriller. Qui ne se souvient pas de ce jeune enquêteur qui, obligé de faire équipe avec un vieil inspecteur au bord de la retraite (Morgan Freeman) et qui deviendra pourtant son mentor, se lance à la poursuite d’un serial-killer (Kevin Spacey) tuant au rythme des sept péchés capitaux, et qui sera pour lui le défi de sa vie?
Fort de ce film qui le place désormais sous la lumière de studios à nouveau intéressés, il réalise en 1997 The Game, avec Michael Douglas et Sean Penn ; il ne retourne cependant pas vers les gros studios, préférant encore travailler quelques temps en indépendant. Le film, pourtant pas mauvais, ne connait pas un succès aussi fort que Seven. Peu importe, toujours porté par un style visuel décapant et une histoire sombre, il continue d’apprendre et de s’améliorer…
Il décide alors de revenir vers la Fox, qui insiste à nouveau pour le faire travailler sous son aile en lui promettant cette fois une totale liberté. Fincher accepte et va alors profiter de cette énorme opportunité pour réaliser un film totalement subversif et qui fera l’objet de nombreuses polémiques ; 1999 est l’année de Fight Club, le sommet de son art, pour lequel il s’associe avec l’acteur qui avait marqué son succès, Brad Pitt, accompagné pour l’occasion d’Edward Norton. Le film, adapté du roman de Chuck Palahniuk, génial, provocateur et paranoïaque, devient pour certains le dernier grand film du XX° siècle : critique de la société de consommation au rythme schizophrénique de la lente destruction d’un type paumé, porté par deux acteurs géniaux et des dialogues décapants (« Il y a un adage qui dit qu’on fait du mal à ceux qu’on aime, mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal » /  « Vous n’êtes pas un beau flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes la même matière organique en train de pourrir que n’importe qui d’autre, et on appartient tous au même tas de compost »), le film ne laisse personne indifférent.

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Après l’épisode Panic Room, huit-clos efficace de 2002, le réalisateur ne revient que cinq années plus tard, en 2007. Il n’est pas besoin de sortir des films tous les ans, autant préférée une qualité bien travaillée : c’est sûrement ce que doit se dire Fincher. Sélection officielle et en compétition au festival de Cannes de 2007, Zodiac marque son grand retour : le film, toujours visuellement impeccable, raconte la traque du Zodiaque, tueur en série qui terrorisa la Californie à la fin des années 1960 et joua avec la police pendant des années, mais tueur qui ne fut jamais identifié. Porté par Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo, le film est pourtant aux antipodes de Seven : le rythme est beaucoup plus lent, mais Fincher privilégie ici le déroulement d’une enquête minutieuse, dans un univers toujours aussi sombre. Il n’était pas utile de faire un Seven n°2, et ce ne fut pas le cas ; Zodiac nous emmène dans un autre aspect de la traque d’un tueur en série…

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Deux ans plus tard, en 2009, sort le nouveau film de Fincher. S’agit-il d’un nouveau thriller? Une nouvelle histoire de tueur en série? Pas du tout. Le virage est radical. L’étrange histoire de Benjamin Button n’est rien de tout cela. Il s’essaye ici à un tout autre genre de film : une sorte de drame et de romance sur fond de fantastique. Le résultat? Sublime. Fincher se devait de changer de registre, il devait montrer qu’il était tout aussi capable de faire d’autres films que des thrillers sombres, et il le fait avec réussite. Porté par son acteur que l’on peut réellement dire fétiche, à savoir Brad Pitt, accompagné par Cate Blanchett, le film est à nouveau une merveille : racontant la vie d’un homme qui naît vieux et qui va grandir tout en rajeunissant, avec en toile de fond une romance, le film est nominé dans bon nombre des catégories aux Oscars 2009.

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Tout ceci amorce-t-il un nouveau virage? Si l’on regarde par exemple deux films qui sont en projet chez Fincher, on se retrouve avec un nouveau drame romantique (Chef), mais aussi l’histoire d’un tueur en série (Torso) : difficile donc de se faire une idée…

Avis personnel

7 films en 17 ans : David Fincher n’est certes pas un réalisateur prolifique en termes de quantité, mais il est un perfectionniste qui travaille minutieusement chacun de ses films. Sa grande force : les effets visuels qu’il offre dans chacun d’entre eux. Pour quelqu’un qui  a commencé sa carrière dans ce domaine, rien de bien surprenant. On lui a souvent reproché que ses films étaient visuellement comme ses clips, ou tout du moins qu’ils en étaient fortement imprégné. On lui a aussi reproché de ne faire que des films sombres, avec des personnages principaux tourmentés : peut-on lui reprocher d’avoir fait parmi ses 7 films 4 chefs d’oeuvre? Peut-on lui reproché Seven, Fight Club et Zodiac et dernièrement L’Etrange Histoire de Benjamin Button?
En ce qui concerne ses films en eux-mêmes, que dire de ses films si ce n’est que la plupart sont des chefs-d’oeuvre, et que ceux qui restent sont tout simplement efficaces? On peut considérer que ce n’est pas le cas, mais Seven est un des meilleurs thrillers qui ait été réalisé, et Fight Club une des plus grosses claques du cinéma. Pour ceux qui aiment les films sombres, à suspense, aux personnages torturés, David Fincher est une mine d’or. On pourrait penser que le succès de ces deux films est lié à la présence de Brad Pitt, mais peut-on réduire l’oeuvre d’un cinéaste aux seuls acteurs, même s’ils semblent fétiches, qui s’y trouvent? Enfin, il faut bien dire que la nouvelle claque que nous offre David Fincher, c’est bien ce virage dans sa filmographie qu’est L’Etrange Histoire de Benjamin Button : s’il lui fallait prouver qu’il est capable de s’attaquer à un tout autre genre de cinéma, ce film le fait définitivement rentré parmi les plus grands.

Filmographie

  • – Alien 3 (1992)
  • – Seven (1995)
  • – The Game (1997)
  • – Fight Club (1999)
  • – Panic Room (2002)
  • – Zodiac (2007)
  • – L’étrange histoire de Benjamin Button (2009)

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