Drew Barrymore Bliss

Comédie sportive

Affiche française de Bliss

Note :
4/5
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Synopsis

Bliss Cavendar (Ellen Page) est une ado qui s’ennuie mortellement dans son bled du Texas. Maman Cavendar est obsédée par les concours de Miss, et oblige ses deux filles à y participer. Papa Cavendar boit beaucoup de bière et regarde ses matchs de football américain en cachette de sa femme. Bliss et sa meilleure amie, Pash (Alia Showkat), travaillent à mi-temps dans un restaurant, avec des tabliers en forme de tête de cochon tout rose.

Seulement, un beau jour que sa mère l’emmène acheter des chaussures dans la grosse ville du coin, Austin, Bliss voit des filles tatouées, en mini-jupes et rollers qui déposent des flyers dans la boutique : l’annonce d’un championnat de roller derby. Bliss et Pash s’y rendent, et c’est le coup de foudre : Bliss veut faire partie des « Scoutes Gerbantes » coûte que coûte, et sa vie va radicalement changer lorsqu’elle prendra le surnom de « Barbie Destroy ».

Avis personnel

Entre le parcours d’adolescente un peu facile et l’hommage réel au roller derby, Drew Barrymore signe un premier film très personnel et jouissif, qui n’a pas la prétention de réaliser un portrait de fonds ou d’être un « film d’auteur ».

Bliss est un film 100% girl power & punk-rock, légèrement soupoudré de considérations sur le normal et la déviance, impliquées par ces thèmes.

Pour qui connaît un peu l’univers de Drew Barrymore, le contenu du film est sans surprise : la B.O. et les références musicales sont constituées de rock, punk, metal, des vieux groupes à ceux de nos jours; les couleurs flamboyantes côtoient les T-shirts noirs et le style destroy; les filles ont la patate et distribuent les beignes de façon efficace.

Le derby est loin d’être un sport tendre, tout juste toléré des autorités locales. Si le choix d’un film centré sur ce sport permet justement à Drew Barrymore de montrer des héroïnes de tous âges appartenant à cette Amérique plus ou moins mal vue, imprégnée de culture « sex, tatoos and rock’n’roll« , qui mettent en pratique le girl power (nous ne sommes pas des nunuches, on maîtrise nos vies, nos amours et nos emmerdes), il montre aussi l’envers du décor.

Une scène d’évacuation par la police et les pompiers du hangar où se déroule le championnat rappelle les peurs (fantasmes et réalités) concernant ce sport et son public : foule trop importante, circulation d’alcool et de drogue, participation illégale de mineurs… le cauchemar de parents tels que les Cavendar.

Les scènes de match sont bien filmées, et la rivalité entre les joueuses est développée avec passion et humour. Dès que le jeu devient trop sérieux, la situation est tournée à la rigolade : si la victoire est souhaitée avec ardeur, l’amour du derby et la joie d’avoir fait de son mieux prennent le dessus. Et Drew Barrymore interprète la gaffeuse de service, Trashley Simpson, spécialiste du un-contre-un et du désamorçage de conflit (magnifique dans l’uniforme seyant des Scoutes Gerbantes).

Drew Barrymore en Trashley Simpson

D’une manière qu’on pourra juger un peu lourde (pour ma part, je trouve que l’atmosphère voulue du film n’en demandait pas plus), l’évolution adolescente de Bliss se trouve canalisée, libérée par le roller derby. Elle y apprend l’agressivité (au sens positif – et sportif – du terme), la passion, la solidarité (elle est soutenue par ses co-équipière mais devra aussi revenir sur son propre égoïsme envers Pash), et aussi à gérer une relation amoureuse.

Chacune des étapes qu’elle franchit est aussi une étape pour d’autres personnages : sa mère obligée de faire face à ses obsessions, son père rabroué pour sa lâcheté, sa petite sœur qui se détache un peu de son univers rose bonbon, etc. Pas de véritable noirceur ici, mais des problèmes, des duretés de la vie apparaissent furtivement, au détour d’une scène ou d’une réplique. Telle Maggie Grabuge qui élève seule son fils et le couve pour qu’il ne suive pas son exemple; ou Iron Madonne, qui lutte pour rester la meilleure d’une discipline découverte sur le tard, et conserver une unique passion que l’âge l’empêchera bientôt de pratiquer… On devine alors que le derby est parfois un échappatoire pour des femmes un peu à la marge, un peu trop libres et exubérantes pour une certaine Amérique.

Ce qu’il faut garder en tête, c’est que Bliss est avant tout un film de divertissement, drôle et enthousiaste, dont on ressort chargée à bloc. A noter d’ailleurs que le titre original est Whip It, le whip étant une technique de derby, traduite en français par « le lasso ». Tout le film est résumé dans ce mouvement : on vous lance pour que vous preniez de la vitesse.

Affiche américaine de Bliss

Références

  • Actrices : Ellen Page, Marcia Gay Harden, Alia Shawkat, Juliette Lewis, Kristen Wiig…
  • Année : 2010
  • Durée : 1h51
  • Pays : Etats-Unis