Yojiro Takita Departures

Drame musical

Affiche de « Departures » de Yojiro Takita

Note :
4/5
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Synopsis

Daigo est violoncelliste dans un orchestre. Lorsqu’il perd son emploi, il vend son instrument de professionnel et retourne vivre dans son village natal avec sa femme. Il y retrouve un emploi dans les pompes funèbres, auquel il a bien du mal à s’adapter, et qu’il cache autant qu’il peut, ce métier ayant très mauvaise réputation au Japon.

Avis personnel

Departures est un film lumineux malgré un sujet sombre: la mort. Peut-être parce que le blanc est la couleur symbolisant le deuil en Asie, ou parce que le film veut aussi parler de la vie, dont la mort -celles des autres, puis la nôtre- fait partie intégrante. Comme le dit l’un des personnages: « Au cours de notre vie, nous accompagnerons tous quelqu’un. »

Scènes comiques et petites musiques enjouées accompagnent des personnages, les employés des pompes funèbres, inversement tristes par rapport à leur métier. La bonne humeur les guide dans le labyrinthe étrange de leur profession et Daigo, dont la mère est morte et que son père a abandonné alors qu’il était enfant, trouve en eux une nouvelle famille, avec ses douleurs et ses cadavres dans les placards de la société.

La mort est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre -et tourner beaucoup de bobines. Elle a été racontée sous toutes sortes d’angles et de point de vue. Ici, on ne s’imagine pas la vie après la mort, on reste avec les vivants, on filme ceux qui restent et leur façon de laisser partir les autres.

Si Daigo a d’abord honte de sa toute nouvelle profession, considérée comme impure par la société nippone, au point de cacher son activité même à sa femme, il finit par défendre son métier lorsqu’on lui reproche de l’exercer. Et l’horreur qu’il ressent au début devant chaque nouveau corps -des morts trop jeunes, des cadavres retrouvés après un certain temps- se dissipe progressivement pour faire place à une envie de bien faire, d’aider les gens de son mieux dans ces moments jamais faciles. Il trouve sa place, se découvre un rôle à jouer, un but dans l’existence. Le dégoût fait place à l’ouverture aux autres, la honte à la fierté.

Soyons honnêtes, on s’en doutait. Dès lors que Daigo commence ce métier avec peine, on sait qu’il finira par y trouver ce qu’il cherche. C’est une logique dont peu d’histoires prennent le contre-pied. Les choses vont mal, les choses s’arrangent. Cependant, cela n’enlève rien au film, qui mêle subtilement complexité et simplicité.

La musique a un rôle important dans le film: lorsque Daigo rejoue sur le violoncelle de son enfance un morceau qu’aimait son père, il revoit une scène heureuse de son passé qui le fait souffrir à présent. Mais au fil du temps, il semble s’apaiser et cette musique lui fait moins mal. On le voit jouer de son instrument au milieu de nulle part, en pleine nature, et on peut imaginer que c’est un endroit de paix qu’il a trouvé à l’intérieur de lui-même plutôt qu’un véritable décor extérieur. Il peut s’évader dans son monde interne redevenu calme alors même qu’il a trouvé un sens à sa vie en aidant les autres à partir et leurs proches à faire le deuil.

Ce n’est pas seulement un film sur la mort, mais aussi sur nos racines, savoir d’où l’on vient et qui nous sommes, sur les liens qui unissent une famille, et une communauté, sur le rôle qu’on joue dans la vie des autres, sur les gens qui partent, les regrets qui restent et les souvenirs dont on se nourrit.

On peut appréhender ce film de deux manières différentes: le voir comme une œuvre authentique, juste et sans prétention, ou comme un film aux multiples prix, consacré dans les festivals de cinéma du monde entier. S’il a autant plu tout autour du globe, c’est sans doute parce que son thème est universel, la mort ne s’arrêtant pas aux frontières.

L’ayant découvert par un hasard total en farfouillant dans des rayonnages de films au ras du sol, je n’ai eu aucun mal à le regarder d’un œil neutre et vierge d’a priori, me laissant bercer par ses notes légères. Il serait dommage de passer à côté de cette histoire sous prétexte qu’elle a été encensée, bien que je sois volontiers du genre à fuir les films qu’on voudrait nous faire voir absolument, au point de nous en dégoûter : bande-annonce en continu, extraits en veux-tu en voilà, acteurs dans toutes les émissions pendant des semaines…

Bref, pour Departures, on n’en est pas arrivé là, en France tout du moins, alors ne nous privons pas de voir cette merveille.

Le grain de sable

Bien que Masahiro Motoki, l’acteur principal du film ne joue pas réellement le morceau composé par Joe Hisaichi, il en a tout de même appris tous les gestes, s’entraînant longuement, et a finalement joué devant un public à la sortie du film.

Générique

  • Titre original: Okuribito
  • Réalisateur: Yojiro Takita
  • Acteurs: Masahiro Motoki (Daigo Kobayashi), Tsutomo Yamakazi (Ikuei Sasaki), Ryoko Hirosue (Mika Kobayashi)
  • Musique: Joe Hisaichi
  • Pays d’origine: Japon
  • Année: 2008
  • Durée: 2h10
  • Prix: Oscar du meilleur film étranger, et de nombreux autres, notamment au Japon.

Liens

Le thème principal, tellement beau

Le site officiel, en anglais