Duncan Jones Moon

Science-fiction intimiste

Affiche de Moon de Duncan Jones

Note :
4/5
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Synopsis

Sam Bell travaille seul sur la Lune depuis près de trois ans. Son rôle ? S’assurer que l’extraction d’hélium 3 se déroule sans heurt. Cette toute nouvelle ressource énergétique propre a permis à la Terre de répondre à la crise d’énergie, grâce à la société Lunar qui s’occupe de son exploitation.

A deux semaines de la fin de son contrat, Sam est impatient de revoir sa femme et sa petite fille. Son unique compagnie n’est autre qu’une intelligence artificielle, GERTY, et le manque de réel contact humain, enduré pendant si longtemps, commence à faire ressentir ses effets.

Mais, au cours d’une sortie auprès des machines d’extractions, c’est l’accident. Sam se réveille quelque temps plus tard, à l’infirmerie. Suite à des incidents qui éveillent sa suspicion, il décide de sortir de la base alors que cela lui a été spécifiquement interdit, le temps que la machine endommagée soit réparée. Sur les lieux, il découvre le corps d’un homme, blessé. Un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Commence alors une véritable descente aux enfers, à mesure que se dévoile l’horrible vérité…

Bande-annonce

Critique personnelle

Avant la sortie de son film Moon, Duncan Jones n’était connu que pour sa filiation : son père n’est autre que le chanteur David Bowie. Duncan Jones se lance dans le cinéma après des études de philosophie et la réalisation de quelques clips vidéos. Avec son premier long-métrage, Moon, il se fait aussitôt un nom. Le film est bien reçu par les critiques et reçoit plusieurs prix, dont le prix spécial du festival de Gérardmer et même le prix Hugo. Pourtant, malgré cette bonne réception, Moon ne sera pas diffusé dans les salles françaises.

Sam Bell (interprété par Sam Rockwell) et GERTY

C’est bien dommage, car rares sont les bons films de science-fiction intimistes de bonne qualité, comme l’est Moon. La bande-annonce ne faisant guère de mystères à ce sujet, je ne spoilerai personne en disant que l’un des thèmes de Moon est le clonage. On peut saluer d’ailleurs l’excellente performance de Sam Rockwell, acteur principal et quasiment unique, qui joue avec brio les deux Sam et arrive à leur donner, à chacun, des traits de caractère propres.

Ce qui amène le spectateur à se poser la question : si le clonage humain existait, comment considérer les clones ? Comme des copies conformes ? Le film, lui, est clair : un clone est une copie physique, mais reste un être humain. Le second Sam a beau partager les mêmes souvenirs que le premier, il n’en a pas moins son propre caractère. Le premier est impulsif, décontracté, le second plus froid, moins expressif mais plus nerveux, plus facilement agacé. Clones, oui, identiques en tous points, non.

Les deux Sam Bell (interprétés par Sam Rockwell) et GERTY

Outre le débat éthique soulevé, Moon dénonce l’actuelle politique des industriels envers leurs employés (ou même hors industriels). Sam Bell signe un contrat de trois ans, trois longues années à passer dans la plus complète solitude sur la Lune, loin des siens, avec une télécommunication défaillante qui ne permet que les messages différés. Que GERTY, l’intelligence artificielle, soit des plus compatissantes ne change rien à cette extrême solitude. Même les astronautes partant en mission pour de longs mois fonctionnent en équipe. Et cette solitude imposée n’est pas la seule pratique révoltant de Lunar Industrie, comme le découvriront avec effroi les deux Sam.

Au-delà de ces deux thèmes prêtant à réflexion, Moon est un huis-clos oppressant. Duncan Jones parvient à tenir en haleine le spectateur et à l’émouvoir avec un seul acteur principal et des décors minimalistes. Le tout accentué par les notes de piano, tantôt poignantes tantôt angoissantes, de Clint Mansell, compositeur de la musique du film. Jusqu’au bout, la tension règne et l’on en regrette la fin trop vite expédiée après tant de suspense.

Les décors et la présence de GERTY rappelleront à beaucoup le fameux 2001 : L’Odyssée de l’espace (1968) de Stanley Kubrick. Une ressemblance volontaire de la part du réalisateur, comme un hommage à cette grande référence du cinéma de science-fiction, car la ressemblance s’arrête là : Moon a beau suivre les traces de ses illustres prédécesseurs et comporter quelques défauts, il n’en reste pas moins un original et excellent film de science-fiction intimiste.

Et un rappel que la Lune, si belle vue de la Terre, peut devenir un cauchemar pour celui qui y vit seul, abandonné.

Clair de Terre (Moon de Duncan Jones)

Le grain de sable

La possibilité d’extraire l’hélium 3 de la Lune pour l’utiliser comme ressource énergétique est réellement à l’étude.

Références

  • Acteurs : Sam Rockwell, Kaya Scodelario, Dominique McElligott
  • Année : 2009
  • Durée : 1h37
  • Pays : Grande-Bretagne