Jeff Nichols Take Shelter

Drame apocalyptique

Affiche de Take Shelter

Note :
4/5
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Synopsis

Curtis LaForche a une vie satisfaisante, comme le lui fait remarquer son collègue et ami, envieux. Il a un travail, une femme aimante qui le soutient, une petite fille sourde mais la mutuelle de son employeur va permettre de financer l’opération qui lui donnerait la faculté d’entendre.

Tout irait pour le mieux si Curtis n’avait pas ces cauchemars et ces rêves éveillés où il voit des tempêtes puissantes et inquiétantes, son chien devenir enragé, la pluie se teinter de jaune. Tout irait pour le mieux s’il ne se mettait soudainement en tête de travailler sur l’abri anti-tornades et ce, envers et contre tous. Alors que son entourage s’inquiète de son état mental, Curtis cède de plus en plus à sa volonté farouche de protéger sa famille d’un désastre que lui seul pressent.

Au risque de tout perdre.

Bande-annonce

Critique personnelle

Take Shelter n’est que le deuxième long-métrage réalisé par Jeff Nichols mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait parler de lui. Il a en effet reçu pas moins d’une dizaine de prix, dont le Grand Prix de la semaine internationale de la critique au Festival de Cannes et le Grand Prix du Festival du cinéma américain de Deauville, en 2011. Inscrit dans la série de films dits de fins du monde (dont Mélancholia de Lars Von Trier, sorti la même année), Take Shelter  s’en démarque cependant par son traitement : ici, on suit de près Curtis, mari et père de famille qui ne veut qu’une chose : empêcher que ceux qu’il aime ne soient balayés par la catastrophe à venir, qu’il pressent.

Curtis (Michael Shannon) et sa famille dans Take Shelter

Seul problème : il est le seul à voir arriver ce désastre météorologie, par le biais de visions angoissantes qui le surprennent tant durant ses nuits que durant ses jours. Or, la mère de Curtis, qui vit dans une maison de santé, est diagnostiquée schizophrène depuis de nombreuses années. La maladie de la mère a-t-elle finit par atteindre le fils, des années plus tard ? C’est la question que se pose l’entourage de Curtis tout au long du film, de même que le spectateur et Curtis lui-même.

Loin d’être bourré d’action, Take Shelter est avant tout intimiste : on pénètre dans les pensées de Curtis, dans ses visions cauchemardesques. On assiste au quotidien de sa petite famille, à l’incompréhension grandissante de sa femme, aux difficultés sociales de sa petite fille sourde. On suit le développement de la nervosité grandissante de Curtis, joué avec talent par Michael Shannon, véritablement habité par son rôle.

Une vision de Curtis dans Take Shelter

Le titre du film en lui-même indique clairement son objet : se mettre à l’abri de la tempête à venir – qu’elle soit réellement due à une catastrophe naturelle ou à la folie naissante de Curtis, mettre à l’abri sa famille. Mais comment Curtis peut-il mettre ses proches à l’abri de lui-même ? C’est tout l’amour de sa femme et de sa fille qu’il lui faut pour ne pas basculer dans l’irrémédiable et, en ce sens, Take Shelter est autant un film sur les atteintes psychologiques lorsqu’elles touchent un proche que sur l’importance des liens au sein d’un foyer – liens conjugaux et filiaux.

Quant aux visions de Curtis, elles sont d’autant plus glaçantes qu’elles sont réalistes : pluie jaune, toxique, à l’image des dérèglements causés par l’homme du fait de ses agissements polluants. Tornades et tremblement de terre, chute d’oiseaux morts, gens rendus fous par le désastre. Autant de scènes apocalyptiques mais réalistes. Dans tout ce que voit Curtis, il n’y a rien qui ne puisse survenir, et le visionnage de la famille d’un reportage télévisé sur l’irruption d’un nuage toxique qui tue les personnes d’une ville ne fait que souligner la crédibilité des cauchemars de Curtis.

Alors, est-il vraiment fou de craindre le pire face à l’environnement de plus en plus malmené par l’homme ? Tout au long du film, à mesure que progresse son obsession de protéger sa famille via la réfection de l’abri anti-tornades, Curtis glisse de plus en plus près du précipice qui risque de le mener à l’irréparable, à savoir détruire le noyau aimant de son foyer. Qu’y a-t-il de plus important, suivre son obsession pour la protéger ou cesser pour éviter de tout perdre ?

Sam (Jessica Chastain) et Curtis (Michael Shannon) dans Take Shelter

Film intimiste, Take Shelter laissera pourtant la tension monter lentement, mais sûrement, jusqu’au final qui tombera sur le spectateur comme un coup de massue. Un film fort, même s’il se concentre sur l’intime, sur la cellule familiale face à un basculement, fort à cause de cette progression lente mais puissante.

Le grain de sable

De nombreuses régions des États-Unis subissent régulièrement des tornades et le film fut tourné dans l’Ohio, l’une de ces régions.

Références

  • Acteurs : Michael Shannon, Jessica Chastain, Katy Mixon
  • Année : 2011
  • Durée : 2 h
  • Pays : États-Unis