Studios Pixar Là-Haut

Aventure poétique

Note :
5/5
Note des Lunemauviens : 10 votes, average: 3,80 out of 510 votes, average: 3,80 out of 510 votes, average: 3,80 out of 510 votes, average: 3,80 out of 510 votes, average: 3,80 out of 5 10 vote(s). Moyenne : 3,80 sur 5.
Loading...

Synopsis

Rongé par le deuil de sa femme, Ellie, à qui il avait promis d’aller en Amérique du Sud sans jamais le faire, Carl Fredriksen, un septuagénaire grognon, décide de partir en attachant des milliers de ballons de baudruche à sa maison. Cependant, embarque avec lui un petit passager clandestin dont il se serait bien passé: Russell, un boyscout de huit ans, rondouillard et atrocement bavard. Ce duo insolite vivra des aventures hautes en couleurs…

Critique personnelle

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’attends chaque nouveau film de Pixar comme les fêtes de Noël. Fan des longs-métrages Disney depuis toujours, je me suis progressivement convertie à l’animation signée Pixar, studio créé par Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, en 1986, et racheté par Disney en 2006.

Cependant, à l’annonce du scénario de Là-Haut, j’étais beaucoup moins emballée que pour, disons, Ratatouille. Pixar prenait le risque de monter son dixième long-métrage sur un personnage âgé (une première!) et un petit garçon presque obèse. Rien de bien follichon à première vue, comparé à Cars et ses « voitures qui parlent » (dixit Matthieu, mon neveu de 5 ans), au Monde de Nemo et à son fabuleux univers aquatique, ou à l’original Ratatouille, moquant la cuisine française, ici mitonnée par des rats.

Des larmes au rire, du rire aux larmes

Mais j’avais eu ouïe dire que la séquence d’introduction de Là-Haut valait son pesant de cacahuètes d’émotion, et qu’à elle seule, elle avait fait pleurer les plus aguerris des spectateurs. En bon petit coeur d’artichaut qui se respecte, je me devais d’aller voir le film. Je me décidai alors d’opter pour une projection en 3D – ce qui eu pour conséquence de me priver du court-métrage associé, Dug’s Special Mission, mais aussi de me faire littéralement décoller.

N’y allons pas par quatre chemins : Là-Haut est un petit bijou d’émotion, d’humour et d’imagination. A la fois subtil et grandiose, le film réussit à être palpitant de bout en bout, grâce à un savant mélange de gags excellents (les chiens et leurs colliers-qui-parlent, entre autres) et de séquences touchantes (le résumé de l’histoire de Carl et Ellie, ou l’épilogue du film).

Plus anticonformiste qu’il n’y paraît

Plus encore que tous ces éléments, sur lesquels, finalement, toute production Pixar s’appuie, c’est la défense, par le scénario, de personnages qui n’entrent dans aucune norme et n’en ont de toute façon aucune intention, qui crée un lien intime fort entre eux et le spectateur. Comme je l’évoquais, Pixar n’a pas choisi la facilité en prenant pour (anti-)héros un vieillard grincheux et un gamin a priori un peu benêt. Ces personnages un peu retors séduisent pourtant immédiatement, car l’on y retrouve, forcément, une partie de nous: qu’il s’agisse de l’entêtement de Carl, de son indépendance et de son imagination, ou bien du cran de Russell lorsqu’il s’agit d’aller à la rescousse d’un précieux animal, toute leur humanité irradie d’un bout à l’autre de la projection, nous confrontant à nos propres préjugés.

En ce sens, Pixar permet à la vieille entreprise Disney de rajeunir un panel de personnages tout aussi vieillots : dans Là-Haut, nulle princesse à la chevelure irréelle, nul prince charmant sur son fier destrier – simplement un petit bonhomme au soir de sa vie, qui fera preuve d’un toupet et d’une bravoure atypiques pour aller au bout de son rêve, et un boyscout survolté qui surprendra par sa détermination et sa jugeotte.

Là-Haut est un merveilleux divertissement, à voir, si possible, en 3D et en V.O, pour profiter pleinement du voyage : un film à savourer un soir d’été, comme une invitation à vivre nos vieux rêves… et à relever nos propres défis.