Robert Zemeckis La Mort vous va si bien

Comédie fantastique

Affiche de "La Mort vous va si bien"

Note :
4/5
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Synopsis

Madeline et Helen sont de bien étranges amies, l’une ne cessant de séduire les fiancés de l’autre. Lorsque Madeline épouse le Dr Ernest Menville, initialement fiancé à Helen, c’en est trop. Décidée à se venger, Helen attaque Madeline dans son orgueil en dénichant le moyen d’être incroyablement belle après avoir été obèse. Madeline, effrayée par la vieillesse et son cortège de déchéances physiques, trouve aussi le remède à ce souci auprès d’une étrange et inquiétante jeune femme. Mais ce remède a un prix, et Madeline le découvre bien vite.

Critique personnelle

Le film a pour point de départ la relation d’amitié et de haine qui lie Madeline et Helen. Madeline, comédienne de talent (du moins le croit-elle), est obsédée par son apparence physique. Helen, plus « intellectuelle », ne cesse de voir ses fiancés successifs succomber au pouvoir de séduction de Madeline. Ce qui ne l’empêche pas de rester amie avec elle, et même de se servir de cette manie de Madeline comme test ultime de l’attachement de ses fiancés (test où ils échouent les uns après les autres). Son dernier fiancé en date, Ernest Melville, ne réussira bien évidemment pas ce test. Alors que Madeline promet à son amie que cette fois-ci, elle ne touchera pas à son petit ami, quelques mois plus tard elle l’épouse. C’en est alors fini de leur amitié.

Helen, déchirée, sombre dans la dépression et l’obésité. Sa haine envers Madeline vire à l’obsession maladive. Jusqu’à la soirée de promotion de son premier livre où Madeline se rend, surprise d’y être invitée mais décidée à dénigrer sa laide ex-amie. Sauf qu’elle y découvre une Helen resplendissante… Le film pousse à l’extrême l’étrange relation qui unit Helen et Madeline, confinant ainsi à l’absurde. Les scènes où elles se voient et jouent les parfaites hypocrites sont irrésistibles, l’obsession d’Helen concernant Madeline va si loin qu’elle en atterrit dans un hôpital psychiatrique. Tout le long du film les deux femmes oscilleront entre crêpage de chignon intense et amitié hypocrite.

Madeline s'inquiète de se voir vieillir

Au milieu de ces deux hystériques: Ernest Melville. Ici, Bruce Willis détonne dans un rôle aux antipodes de ceux dans lesquels on le connaîtra mieux par la suite. Il n’y sauve pas le monde. Bien au contraire ! Complètement manipulé par les deux femmes, il n’ose jamais contredire ni l’une ni l’autre, même alors qu’il les déteste. En particulier Madeline, qui a fait de lui un alcoolique croque-mort alors que, fiancé à Helen, il était encore un jeune et brillant chirurgien d’esthétique.

L’esthétique. La beauté. Voilà l’obsession de nos héroïnes, en particulier Madeline. Helen le sait bien, c’est pourquoi elle a choisi cette arme pour blesser son ennemie dans son orgueil. Cette dernière a d’ailleurs épousé Ernest à cause de son métier, et non pas seulement parce qu’il était fiancé à Helen. Le film tire aussi cette fixation jusqu’à l’extrême, en particulier via le personnage de Madeline. Que ce soit par le détail de son sac à main bourré de produits cosmétiques ou par ses visites dans un institut de beauté un peu spécial. Institut qui l’orientera ensuite vers Lisle von Rhoman, mystérieuse sylphide qui a mis au point une potion très spéciale. Cette potion donne à qui la boit une beauté exquise et durable. Eternelle.

Mais comme toute potion magique… il y a un prix à payer. Helen, qui a bu la potion et ignore que Madeline l’a également bue par la suite, convainc Ernest d’assassiner sa femme. Lui ignore tout de cette potion. Lorsqu’il pousse Madeline dans l’escalier et qu’elle se relève malgré son cou brisé (on notera la réplique tordante de cette dernière : « Ernest! Je peux voir mon cul!« ), il croit au miracle.  Car la potion rend immortel! Et que se passe-t-il si, étant immortel, on se brise la nuque? Ou qu’on se prend une décharge de fusil dans le ventre, à bout portant?

L'inconvénient d'être immortel

Car au-delà son humour grinçant, La Mort vous va si bien laisse pointer une réflexion sur l’obsession de la beauté et de la jeunesse, réflexion qui de nos jours ne peut que trouver des échos. Il touche également du doigt la recherche de l’immortalité, en en dévoilant les inconvénients via la scène où Lisle von Rhoman tente de faire boire la potion à Ernest. Ce dernier, au moment fatidique, réalise soudain ce qu’implique une vie éternelle. Et décide, au final, de ne pas la boire. A partir de ce moment, son personnage qui jusque là tenait plus du bouffon, prend une nouvelle épaisseur. Il devient celui qui prend la décision la plus sage et qui tentera d’échapper coûte que coûte aux sbires de la sorcière, Lisle. Car pour elle et sa cour (formée de personnes ayant bu la potion, on y reconnaîtra par ailleurs quelques célébrités disparues à l’apex de leur beauté), un croque-mort sachant si bien maquiller les morts est d’une très grande utilité.

Lisle von Rhoman va donner la potion à Ernest

Avec La Mort vous va si bien, on est assuré de rire aux éclats mais c’est un film cynique, à l’humour noir, etce n’est qu’à la fin qu’on réalise que sous couvert de comédie, il dénonce un travers de notre société actuelle.

Références

  • Acteurs : Goldie Hawn, Bruce Willis, Meryl Streep
  • Année : 1992
  • Durée : 1h39
  • Genre : Comédie
  • Pays : Etats-Unis