Hiroyuki Morita Le royaume des chats

Animation

Affiche du « Royaume des chats »

Note :
4/5
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Synopsis

Haru est une lycéenne rêveuse, maladroite et peu sûre d’elle. Un beau jour, son chemin croise celui d’un chat à belle allure qui traverse la route alors que le feu passe au vert. N’écoutant que son courage, l’adolescente s’empare de la crosse de sa meilleure amie et se jette au devant d’un camion pour sauver le félin. Contre toute attente, celui-ci se dresse sur deux pattes, s’époussète et… remercie Haru dans sa langue, en lui promettant de revenir payer sa dette.

La nuit-même, Haru reçoit la visite du roi des chats, qui l’invite, sans trop lui laisser le choix, au Royaume des chats où elle devra épouser son fils, le prince Loon, celui-là même qu’elle a déjà rencontré…

Avis personnel

Le royaume des chats souffre sans doute de la comparaison avec les autres œuvres du studio Ghibli, son histoire étant loin d’atteindre la complexité d’un Miyazaki ou d’un Takahata. Cependant, c’est aussi l’un des bons côté du film: ne pas chercher à trop en faire pour copier les maîtres. Car si l’histoire est inspirée de Si tu tends l’oreille, film d’animation de Miyazaki dans lequel on rencontre déjà certains des personnages félins du Royaume des chats, d’après un scénario de Reiko Yoshida, c’est bel et bien Hiroyuki Morita l’auteur du story-board de ce film.

Morita livre une histoire simple, une quête identitaire peut-être autant pour Haru au royaume des chats que pour lui au sein du studio Ghibli. L’un est l’autre doivent trouver leur place parmi les autres sans changer ce qu’ils sont.

Le réalisateur, bien que déjà dessinateur pour le studio Ghibli, a dû se sentir -légèrement- écrasé par la tâche qui lui était confiée, et il semble qu’il ait créé une héroïne qui pourrait être son alter ego dans lequel il aurait « canalisé » son angoisse de ne pas être à la hauteur des attentes du studio Ghibli : malgré son désir de bien faire, elle échoue souvent, jusqu’au jour où elle est emportée dans une aventure tellement grandiose et irréaliste qu’elle n’a plus le temps de penser à l’échec potentiel de sa « mission » et doit agir instinctivement.

Haru est peut-être une sorte de poupée vaudou à l’effigie de Morita: il plante ses aiguilles et l’oblige à s’en sortir pour que lui aussi vienne à bout de son aventure.

Haru a un point commun évident avec Chihiro (héroïne du Voyage de Chihiro, film d’animation de Miyazaki) : en arrivant dans un nouveau monde, elles perdent toutes les deux une partie de leur identité. Si Chihiro perd son nom, c’est l’apparence d’Haru qui trinque. Progressivement métamorphosée en chatte, elle panique d’abord, puis semble se résigner assez vite.

Complètement abattue par sa situation, elle baisse les bras bien trop vite et seule l’arrivée du baron la sort de sa léthargie pour qu’enfin elle se rebelle contre le sort qu’on lui impose. C’est un personnage qui semble un peu faiblard, une personnalité peu marquée, se laissant porter par les aléas du quotidien. Pourtant, on sait, grâce à sa première action forte – le sauvetage d’un chat au péril de sa vie, sans se laisser influencer par l’avis de sa meilleure amie qui pense que « ce n’est qu’un chat, après tout » – que sous cette apparence passive, se cache un tempérament bien plus trempé que ne le laisse présager la situation de départ.

Haru est un personnage qui ne demande qu’à évoluer et s’affirmer, d’une manière différente de celle de Chihiro, qui était au début de son histoire une petite fille un peu boudeuse et capricieuse avant d’apprécier enfin les changements.

Certains internautes ont vu dans le Royaume des chats une sorte d’Alice au pays des merveilles japonais, et il est vrai que la ressemblance entre le roi des chats, égoïste et muni d’une psychologie un peu perturbée, et la reine de cœur, que l’on pourrait décrire à peu près de la même manière, est troublante.

Cependant, n’étant pas une grande connaisseuse du cas Alice, mais ayant trouvé fort intéressante l’analyse de Buta-connexion, le lien vers leur article est disponible tout en bas de la page.

On peut reprocher au Royaume des chats d’être trop court (à peine 1h10 de film), mais il faut savoir qu’il ne s’agissait au départ que d’un projet de vingt minutes pour un parc d’attraction, avant de devenir un projet vidéo de quarante-cinq minutes, puis finalement un véritable film de cinéma.

Pour le coup, on peut apprécier que les vingt minutes initialement prévues aient été multipliées pour nous offrir un film en bonne et due forme, car c’est un bon divertissement, pour peu qu’on aime nos compagnons félins, un film respirant la fraîcheur et la légèreté printanière, que l’on retrouve dans l’affiche comme dans le thème principal Kaze ni naru, soit Devenir le vent en français.

Le personnage du roi, même s’il est le « méchant » de l’histoire, est avant tout un élément comique grâce à son hystérie et ses lubies. La première scène où il apparaît, la « marche des chats » en terre humaine est, par contre, un petit bijou de poésie nocturne, toute en musique et lenteur, malgré la posture des chats qui peut faire penser à un défilé de zombies…

On regrette cependant de quitter le royaume des chats d’aussi abrupte manière, car le retour au monde humain est d’une rapidité étonnante, voire excessive, et ne nous laisse pas vraiment le temps des adieux en douceur après l’enchaînement de péripéties qui s’y sont déroulées.

Le grain de sable

Deux chats du Royaume des chats étaient déjà des personnages importants de Si tu tends l’oreille, film d’animation du studio Ghibli, réalisé par Yoshifumi Kondô en 1995, lui-même adapté du manga d’Aoi Hiragi. Il s’agit de Mouta et Baron, les deux félins qui viennent en aide à Haru. Ils se liaient déjà à l’époque avec une jeune fille rêveuse et étourdie.

Générique

  • Titre original: Neko no ongaeshi
  • Réalisation: Hiroyuki Morita
  • Scénario: Reiko Yoshida
  • Production: Studio Ghibli
  • Pays d’origine: Japon
  • Année: 2002
  • Durée: 1h10

Liens

La page du Royaume des chats sur Buta-connexion

La première partie de Si tu tends l’oreille sur dailymotion, en vostfr