Jonathan Dayton et Valerie Faris Little Miss Sunshine

Comédie dramatique déjantée

Coup de cœur de La Lune Mauve

Affiche de « Little Miss Sunshine »

Note :
5/5
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Synopsis

Olive Hoover, fillette pétrie de dynamisme et de bonne humeur, est sélectionnée pour le concours de beauté Little Miss Sunshine qui prend place en Californie, à des kilomètres de chez elle.  Elle n’a pas le physique des autres concurrentes mais a une totale confiance en ses capacités. Sa famille est composée d’une mère divorcée préoccupée, d’un père obsédé par son programme de gagnant, d’un oncle homosexuel suicidaire et spécialiste de Proust, d’un grand-père amateur de sexe et de cocaïne et d’un frère admirateur de Nietzsche ayant fait voeu de silence.

Tout le monde est au bord de la crise de nerfs mais s’embarque tout de même dans le mini-bus familial pour le fameux concours de beauté. Et c’est parti pour un road-movie endiablé où la famille Hoover ne s’ennuiera pas une minute, entre mésaventures diverses et moments de tendresse.

Critique personnelle

En 2006 est apparu sur les grands écrans un étrange road-movie pétillant d’émotions.  Premier long-métrage du couple formé par Jonathan Dayton et Valerie Faris, il crée la surprise et séduit spectateurs comme critiques, raflant de multiples prix et l’attachement du public. Little Miss Sunshine remporte ainsi deux Oscars en 2007 (meilleur second rôle masculin pour Alan Arkin et meilleur scénario original), le César du meilleur film étranger, le Grand prix du Jury du festival de Deauville, entre autres. Abigail Breslin, la petite fille jouant Olive Hoover, a reçu aussi plusieurs récompenses et le jeu des acteurs dans leur ensemble a également été salué et récompensé par des prix.

Des prix amplement mérités, car en visionnant Little Miss Sunshine, on ne peut que s’attacher à cette famille un peu déjantée, avec ses failles et ses manies, ses rêves et ses joies. Une famille somme toute des plus humaines, jouée à la perfection par des acteurs qui portent leurs personnages avec une véracité et un naturel des plus désarmants.

Le film tient du road-movie initiatique : tout au long des diverses péripéties qui jalonnent la route de la famille Hoover vers le lieu du concours de beauté, chacun apprend à composer avec ses fêlures et ses obsessions, mais aussi à composer avec les autres. Si, au départ, crises et conflits sont là, chacun vivant dans sa bulle, tous se rapprochent au fil des kilomètres et des épreuves. Cela ne va pas sans heurts, mais à mesure que le bus se déglingue, voilà la famille Hoover qui se découvre de nouveaux liens.

Little Miss Sunshine, c’est une véritable aventure humaine centrée sur la petite cellule familiale. Une aventure où l’on pourra se reconnaître sans peine, qui reflète la tragi-comédie que la vie quotidienne peut parfois être, avec ses hauts et ses bas, ses drames et ses bonheurs. Le tout porté par une bande originale dynamique et enthousiasmante.

Et il y a le final jouissif. La dernière demi-heure où les Hoover, étant plus proches que jamais, soutiennent la petite Olive lors du fameux concours. On aperçoit d’abord les autres candidates, parodies d’adultes maquillées à outrance, telles des poupées Barbie vivantes. Cette utilisation des fillettes écoeure, tant est grand le contraste entre leurs bouilles si jeunes et le maquillage et les vêtements si adultes, trop adultes, dont elles sont affublées. Mais voilà que débarque Olive. Olive et ses quelques rondeurs, Olive et son innocence…

Et là, le spectacle d’Olive (que lui a enseigné son grand-père) est un pur régal! La fillette imite un strip-tease sur une musique entraînante, caricaturant les autres candidates qui jouent aux adultes. Véritable pied de nez aux organisateurs du concours, pointant ironiquement du doigt cette industrie des concours de mini-Miss si en vogue aux Etats-Unis, la prestation d’Olive possède à la fois fraîcheur et raillerie mordante. Et la famille Hoover, loin de vouloir l’arrêter, se joindra à sa joyeuse danse. Voilà une critique bien sentie du dictat de l’apparence imposé aux plus jeunes dans notre société d’aujourd’hui, mêlé au retour à une valeur plus importante que jamais : le lien familial dans ce qu’il a de plus profond.

Little Miss Sunshine porte bien son nom : s’il fait référence au nom du concours de beauté, il évoque aussi la petite Olive et son dynamisme joyeux qui contamine tout son entourage. Surtout, il évoque l’effet que produit le film sur nous, spectateurs. A savoir que malgré les larmes et les crises, on en sort avec le sourire et une énergie folle, positive. La famille Hoover nous aura aussi emporté dans son périple!

Le grain de sable

Le film, que ce soit par son titre, ses personnages ou son ambiance, rappelle la série de livres des Monsieur et Madame (Mr. Men et Little Miss en version originale) créée et dessinée par Roger Hargreaves : l’un des volumes s’intitule en effet Little Miss Sunshine (Madame Bonheur en version française).

Références

  • Acteurs : Greg Kinnear, Steve Carell, Toni Collette
  • Année : 2006
  • Durée : 1h38
  • Pays : Etats-Unis