Rintaro Metropolis

Animation futuriste

Affiche de « Metropolis » de Rintaro

Note :
5/5
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Générique

Metropolis est un film d’animation japonais réalisé par Rintaro et scénarisé par Katsuhiro Ôtomo, sorti en 2002 en France (en 2001 au Japon). Cet anim est directement inspiré du manga Metropolis d’Osamu Tezuka. Il est distribué par Columbia TriStar films. L’oeuvre papier d’Osama Tezuka est un hommage au film Metropolis de Fritz Lang. Le nom original est Metoroporisu.

Synopsis

Metropolis est une citée futuriste dans laquelle humains et robots cohabitent. Mais, alors que les humains vivent au niveau supérieur, les robots et les plus pauvres sont cantonnés dans les niveaux inférieurs, d’où le ciel n’est pas visible, dans des conditions déplorables. Ces derniers sont exploités par l’élite de la société, tranquillement installée dans la Ziggurat, l’immense gratte-ciel qui domine la ville.

Lors des festivités de la ville, les robots se rebellent et tentent de prendre le contrôle des niveaux supérieurs. Ces derniers sont abattus sans hésitation par la police de la Ziggurat, car les mutineries menacent l’équilibre de la ville.

Envoyé du Japon afin d’enquêter sur un trafic d’organe, le détective Shunsaku Ban et son neveu Kennichi assistent à ce soulèvement robotique et décident de se rendre dans les niveaux inférieurs. Ils découvriront là-bas quelques secrets bien gardés par les hommes les plus puissants de la ville, et rencontreront le docteur Laughton, scientifique corrompu, qui est le créateur de Tima, un étrange robot sur qui repose le sort de la ville.

Critique personnelle

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Ce film d’animation est avant tout une réussite graphique. D’ailleurs Rintaro n’a pas lésiné sur les moyens financiers pour réaliser ce film (c’est le plus gros budget pour un film d’animation, hors ceux des studios Ghibi). L’une des grande nouveauté de cet anime, c’est le mélange de technique d’animation en 3D (les décors de la ville sont réalisés en image de synthèse, comprenant ainsi une multitude de petits détails) avec un technique plus traditionnelle en 2D pour ce qui concerne les personnages. C’est d’ailleurs un aspect qui peut déstabiliser le spectateur aux premiers abords, mais qui réussit à séduire ensuite.

Rintaro joue à fond sur cet aspect multi-culturel, promenant ainsi ses personnages d’aspects classiques dans des décors générés par des ordinateurs à la pointe de la technologie. Les plans et les décors ont bénéficié d’un énorme travail sur l’échelle et les perspectives, donnant à la cité un gigantisme impressionnant, ou l’on perçoit le contraste fort entre le niveau supérieur, éclairé par un soleil radieux, et l’enchevêtrement de tunnels et labyrinthes souterrains des niveaux inférieurs.

Un autre point fort de Metropolis est sa bande son. L’histoire est rythmée par une musique jazz donnant une ambiance très années 30-40. Rintaro déclarait à ce sujet : « La référence pour Metropolis est très précise : c’est le Manhattan de 1941, année que l’on a appelé -l’ère de la machine-, j’ai donc naturellement choisi le jazz de cette époque pour la musique du film. »

Rintaro ne joue pas ici sur l’ultra modernité pour évoquer le futur, mais au contraire mêle passé et futur. Le scénario est un habile mélange entre l’œuvre de Tezuka bien sur, cependant on trouve quelques références à celle de Fritz Lang. De plus, on peut aussi trouver des références à divers films de science fiction (notamment Blade Runner de Riddley Scott) mais pas seulement (on peut par exemple citer Citizen Kane d’Orson Wells en ce qui concerne certains plans en plongée et contre-plongée), et également -plus surprenant- au cinéma muet (grâce à certaines prises de vue en iris -ouverture et fermeture progressive du champ de vision de la caméra-).

Quelques rares plans manquent de fluidité et sont légèrement saccadés, mais dans l’ensemble, Metropolis est un très bon film d’animation.

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Rintaro nous livre donc ici une merveilleuse fable sociale sur la suprématie et la domination ainsi que sur la lutte des classes. Mais également sur des thèmes plus modernes comme la peur des êtres robotiques et la coexistence homme/robots, ainsi que la déshumanisation de l’homme.

On peut même y trouver une référence biblique, puisque la Ziggurat pourrait s’apparenter à la tour de Babel, symbolisant la volonté des hommes de s’élever jusqu’à Dieu, qui finira toutefois par s’effondrer. De plus, la Ziggurat est le nom donné à l’ancienne tour de Babylone.

Liens

Références

  • Année: 2002
  • Durée: 1h 47min
  • Pays: Japon