Hayao Myazaki et Tomoko Kida Nausicaä de la vallée du Vent

Anticipation

Coup de cœur de La Lune Mauve

Affiche de « Nausicaä »

Note :
5/5
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Synopsis

Après le ravage de la terre advenu des siècles auparavant, une grande partie de la surface est maintenant recouverte d’une forêt dont les spores polluées sont particulièrement nocives pour tout humain qui viendrait s’y aventurer sans masque.

Parmi les quelques communautés restantes, la vallée du vent vivait relativement à l’abri jusqu’à ce qu’un vaisseau militaire d’une puissance voisine vienne s’écraser.

Critique personnelle

Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cet animé parvienne enfin jusqu’à nos salles. Attente d’autant plus difficile que la lecture de Nausicaä en version papier était plaisir vu combien ce manga est un bijou tant au point de vue graphique que scénaristique, ce qui ne rendait que plus cruelle son absence sur les écrans ou dans une édition dvd correcte.

Nausicaa-extrait1

Plus qu’une simple version condensée, l’animé multiplie les variantes à l’intérieur même de l’histoire, qui permettent de surprendre même les adeptes les plus assidus des pages en noir et blanc. Vous ne l’avez pas lu ? Qu’a cela ne tienne, le film s’adresse à tous les publics et l’air de rien, arrive à combiner sa densité avec une simplicité de compréhension, ce qui le rend accessible à tous.

Nausicaä est également un impressionnant tour de force puisque, et cela des années avant Princesse Mononoké, il parvient à défendre une thèse écologique pourtant très lourdement appuyée, sans ennuyer une seule seconde le spectateur. Cette partie convenue du propos se devine dès le départ, mais n’écrase jamais le film, qui d’images en images captive de plus en plus.

À ce propos, ce n’est pas le graphisme qui trahira son âge. On peut certes noter que depuis Nausicaä certains détails comme le traitement des ombres, les mouvements humains ou les expressions ont été améliorés, le reste maintient une bonne illusion et n’en finit pas de se laisser contempler. À vrai dire, il n’y a que certains passages au synthé dans la bande-son qui font sourire, très connotées années 80.

L’univers parfaitement cohérent nous entraîne d’autant plus facilement au gré de l’émerveillement produit par chaque image, des yeux luisants des monstrueux Omus aux végétaux figés sous la pluie des spores. Cette beauté fascinante des images, et plus particulièrement celles des scènes se déroulants dans la forêt polluée, n’est pas qu’esthétique mais vient également se placer au centre du propos du film : cette forêt dont l’air empoisonné est une menace, puisqu’elle s’étend chaque jour un peu plus, est constamment magnifiée malgré la menace qu’elle représente.

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Cette ambivalence confronte la noirceur à la beauté et illustre l’innocente cruauté de cette nature destructrice et violente. Myazaki a déjà prouvé que le manichéisme n’était pas de sa tasse de thé et même s’il est facile de repérer les « gentils », l’inverse est moins évident tant l’ensemble de ses personnages se retrouve sauvé selon un credo très humaniste. Par l’humour, la tristesse ou par quoi que ce soit d’autre, ils sont avant tout ceux qui se trompent parce qu’ils ne savent pas, et non parce qu’ils sont fondamentalement méchants.

Plus qu’un procès basique sur les risques dans l’opposition homme-nature, c’est d’harmonie dont il est question et du risque de voir un côté basculer au détriment de l’autre. Les grandes lignes de l’univers de l’artiste sont déjà bien présentes et chaque nouveau film est l’occasion de poursuivre ce fil avec délice. Vingt ans n’entachent pas la nouveauté.

Références

  • Année : 1984
  • Durée : 1h56
  • Pays : Japon