John Waters Pink Flamingos

Film hors-normes

Affiche de « Pink Flamingos » de John Waters

Note :
5/5
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Synopsis

Babs Johnson habite avec sa mère obèse, son fils obsédé et la petite amie de celui-ci dans une caravane, et est célèbre pour être la personne la plus immonde de la planète. Ce titre décerné par toute la presse suscite la jalousie des Marbles qui décident de commettre les exactions les plus atroces pour lui ravir. Sauf que la famille n’est pas prête de se laisser faire et va leur donner une bonne leçon.

Avis Personnel

Au centre du scénario prétexte de Pink Flamingos, il y a cette gloire de l’infamie à travers ce drôle de concours pour savoir qui sera la « filthiest person ». Ainsi lancé on peut, et doit, s’attendre à tout dans le mauvais goût, le meilleur et le pire, sachant que le pire de John Waters est irrésistible. Voilà un film complètement scato et qui ne cherche même pas à se trouver des circonstances atténuantes : c’est ignoble et c’est gratuit. Exemple? La dernière scène avec Divine a pu être désignée comme la scène la plus dégradante du cinéma (un jour Pasolini avait demandé à ses acteurs de faire quelque chose de similaire mais ça n’a rien à voir c’était pour un film sérieux). Tout est dégueulasse et on se marre comme jamais.

Divine et Crackers en pleine malédiction Lorsque John Waters entreprend Pink Flamingos avec 1000$ pour tout budget et quelques amis, il a résolument décidé d’aller à l’encontre de tout le bon goût du cinéma hollywoodien dont il reste un amateur, qu’il est toutefois plus amusant de faire dérailler. Cela se traduit notamment par un style amateur qui ferait bondir un studio de production mais a l’avantage lorsqu’on n’est dirigé par personne de se laisser un champ libre énorme, et des personnages comme des contres modèles radicaux des canons du cinéma en vigueur : freaks en tout genre réunissant toutes les tares pour la société. Edie, la mère est un personnage obèse qui passe son temps dans un parc d’enfant à l’intérieur de la caravane, son fils Crackers sort son sexe à la moindre occasion et Babs Johnson c’est Divine.

Divine, cette actrice-acteur légendaire de la contre-culture, ouvrant au cinéma un champ neuf, celui des corps d’acteurs hors normes assumés et pas vaguement tolérés malgré leur aspect difforme – cela faisait tout l’humanité d’un film comme Elephant Man, mais aussi son paternalisme : merci docteur Treeves (et puis l’acteur portait des prothèses, facile).

Les tenues, le maquillage et le jeu de Divine sont outranciers, ils s’affirment violemment au spectateurs et l’imposent de fait comme égérie toute particulière, sujette à un attachement tout aussi singulier que le premier canon de beauté noyé dans la masse aurait peine à soulever. Sans Divine le cinéma de Waters aurait incontestablement été tout autre.

Pink Flamingos Ce qui rend Pink Flamingos si drôle va au-delà de l’inversion première de toutes les valeurs de l’establishment ou de la production cinématographique courante, l’ignoble prévalant sur le beau ou le dirty sur le clean. Le plaisir à l’œuvre dans le film est nourrit par l’invention de ses propres absurdités, accouchant constamment – pas très très propre cet accouchement – d’un humour délirant et impensable, avec des œufs, des sexes ou de la salive.

Il livre au passage la scène de malédiction la plus mémorable de toute l’histoire du cinéma, rien que ça. Le contre pied systématique des modèles en vigueur n’était qu’une porte ouvrant sur un cinéma différent qui posera avec plus ou moins de bonheur son terrain de jeu sur l’immonde. Au final les journalistes sont contents d’imprimer des saletés et en redemandent.

En 1972 il y avait là quelque chose de plus fins que prévu, a posteriori John Waters déclarera plus d’une fois (ici, et un peu partout) « Well, I always joke that I think I’ve made trash one percent more respectable and maybe that is what I was put here to do. » Drôle d’oiseau sachant distinguer le bon et le mauvais mauvais goût, réalisant des films devenus cultes comme peu d’autres au yeux de nombreux admirateurs. Du goudron et des plumes pour les autres, et tous ceux à qui ça ne plaît pas.

Références

  • Acteurs : David Lochary, Mink Stole, Mary Vivian Pearce, Edith Massey, Danny Mills
  • Année : 1972
  • Durée : 1H30
  • Genre: C’est horrible et drôle
  • Pays: États-Unis

Dreamland, le site ultime sur John Waters (en anglais).