Rabah Ameur-Zaïmeche Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ?

Drame

Wesh Wesh, qu'est ce qui se passe?

Note :
4/5
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Synopsis

Kamel rentre au pays après s’en être fait expulsé. Il a grandi en France, avait ses papiers, s’est fait envoyé là-bas, ça s’appelle la double peine, prison et expulsion. De retour dans sa famille il observe l’endroit où il a vécu changer, et tente à la fois de partir d’un autre pied et de renouer des liens avec ses proches.

Avis Personnel

Toujours avec le même héros, le film suivant de Rabah Ameur-Zaïche, Bled Number One explore le volet Algérien de la double-peine, en le confrontant à un pays qu’il connaît mal et qu’il va observer en mouvement. Ici on est en région parisienne, pour un volet avant ou après, la question est en suspend. Le déroulement de Wesh Wesh, qu’est ce qui se passe? porte cette même incertitude ; les tenues des personnages vont du chaud au froid, la lumière change, sans que les événements ne précisent ou n’expliquent. Par habitude on imagine le récit chronologique ; à l’exception de certains événements de l’intrigue à proprement parler qui suit une progression dramatique claire il pourrait en être tout autre, le temps est parfois comme bloqué, surplace.

Wesh Wesh

On ne sortira pas non plus du décor posé, la Cité des Bosquets, immeubles, quelques rues, zones d’activités, étang et forêt – et la forêt c’est pas l’excursion paradisiaque pour fuir la cité, ça en fait partie et les gosses le savent à merveille. Pas de couplet les pauvres, la partition type les misérables c’est devenu clicheuteux et même si c’est pour les plaindre ça prend toujours les autres de haut – Montfermeuil était justement le lieu où Victor Hugo situait l’épisode de Cosette et les Thénardiers, le décalage entre les postures de l’auteur et du réalisateur sur ce point, si frappantes, ne sont pas que des questions d’époque. Il y a la drogue, ça pose des problèmes, des péripéties comme des chicanes, c’est là c’est tout, comme pour d’autres se sont les arrangements qui sont pris et la débrouille. Cette partie des petits frères qui ont les dents longues est comme l’exemple le plus visible de toutes les ligne de conflits ou de domination qui traversent les générations, les cages d’escalier et les espaces, et que le film vient par petites touches mettre au jour. Par ailleurs Wesh Wesh n’est pas un film béat, il sait ce qu’il veut, et quand il a quelque chose à viser il fait précis : partir de la double peine c’est pas tout à fait une astuce de scénario. Si t’avais rien suivi pendant le film le générique le remettra sans ambages.

Alors les flics on les attend comme en méchants, normal. Par habitude, pour l’intrigue, parce qu’on le sait, il peut y avoir mille raisons. Et ça ne rate pas. Sauf qu’à côté des ripoux de service qui sont joués par des acteurs, quelque chose vient déborder dans ces images où les policiers arrivent et manœuvrent entre les immeubles, un peu plus que pour montre qu’ils sont là. Ces images là elles sont volées, visages et plaques floutées parce que ça aussi ça peut attirer des ennuis, et elles sont bien là, permises par le tournage léger en vidéo et l’attention à ce qui se passe autour. Et si au détour on aperçoit de loin une arrestation en cours ce sera de manière très ordinaire, presque avec le soucis visible de ne pas la monter en épingle (pauvre Rabah Ameur-Zaïmeche, il ne sera jamais recruté comme journaliste).

Wesh Wesh - La Cité des Bosquets

Dans ce léger débordement il y a un peu tout le matériau hétérogène qui compose le film et le rend percutant : son inscription dans un lieu, de ce et ceux qui le traversent et l’habitent, les second rôles amateurs qui arrivent à exister à l’écran à plusieurs, sans se confondre les uns les autres, tout comme la manière inhabituelle de Wesh Wesh d’être poétique là où ce n’étais pas évident, en prise et en déprise sur le réel. En deux mots à savoir répondre au discours dominant et à préférer l’image… Tout cela fait corps, et le dispositif recueille et construit quelque chose de précieux, irréductible à la revendication, travaillant des gestes quotidiens. Une sorte de cinéma réaliste des plus malins, qui se laisse traverser par ce qui le fait sortir de lui-même et compose avec des morceaux pas tout à fait ajustés, qui les uns sur les autres viennent résonner et font naître une étincelle par petits coups.

Références

  • Acteurs : Rabah et Brahim Ameur-Zaimeche, Ahmed Hammoudi, Farida Mouffok, Serpentine Teyssier
  • Année : 2001
  • Durée : 1H32
  • Genre: Drame
  • Pays: France