Bonin & Seiter Fog

Policier ascendant Jack l'éventreur

Note :
5/5
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L’argument

Des enquêtes dans le Londres victorien sont menées par l’inspecteur Andrew Molton du Yard, épaulé dans sa tâche par le journaliste Ruppert Graves et Mary Launceston, une archéologue. Mystères et machinations sont au rendez-vous, laissant planer le doute sur l’éventualité que des forces occultes soient en jeu.

Ça commence comme ça

Avis personnel

Si j’ai lu ça et là sur le net que certains lecteurs avaient apprécié la première histoire (c’est-à-dire les deux premiers tomes, donc la moitié de la première intégrale) puis avaient vu l’oeuvre s’essouffler, reprochant aux auteurs d’avoir surfer sans grand enthousiasme sur la vague du succès, je dois bien admettre n’avoir pas eu ce problème. J’ai été prise dans l’intrigue du début à la fin. Je retrouve le talent de scénariste de Seiter que j’avais découvert dans Histoires extraordinaires d’Edgar Poe, ses intrigues ayant plusieurs points de départ et s’imbriquant les unes dans les autres.

Il est vrai que la première histoire, c’est-à-dire les deux premiers tomes, Le Tumulus et Le Destin de Jane, est particulièrement bien ficelée. Elle réussit à présenter les personnages tout en développant une trame pleine de surprises et de rebondissements. Les personnages sont charismatiques grâce à un dessin étonnant: les visages sont longs, les mâchoires carrées, les nez imposants. On est loin des physiques stéréotypés, visages gracieux, lèvres pleines, nez inexistants et yeux de biche. Un célèbre archéologue expose le trésor qu’il a ramené d’une expédition, des meurtres sont commis, les victimes ne semblent avoir aucun point commun, des vikings vengeurs revendiquent les crimes, et on croise même un certain… Lewis Carroll.

Le mangeur d’âmes et Les sables du temps composent la seconde histoire, dans laquelle Molton fait appel à Graves, qu’il connaît mieux désormais, afin d’enquêter officieusement dans un milieu où le Yard n’a pas sa place. Spiritisme et aliénation forment les débuts d’une affaire aux abords plus étrange que la première.

Nous sommes ensuite entraînés à travers l’Ecosse pour une énigme touchant à l’amnésie. Highlanders, dirigeables et disparitions sont mis à l’honneur dans La mémoire volée et Remember.

La deuxième intégrale se termine avec une enquête très prenante, dans laquelle tout le monde est mis à mal. Le yard fait face à la pègre qui assoit sa domination sur la ville de Londres. Des policiers sont piégés, des témoins menacés. De mystérieux marchands interfèrent dans l’exposition archéologique que met en place Mary alors qu’un éditeur américain propose à Ruppert d’acheter les droits de son premier roman pour les Etats-Unis. On en découvre un peu plus sur la famille de l’inspecteur, l’enfance du journaliste et Mary fait preuve d’une indépendance épatante pour une femme de son époque. Wintertime et Au nom du fils clôturent donc en beauté ces deux tomes.

Le grain de sable

Le scénario de Fog se plaçait au départ dans le New York contemporain, Roger Seiter l’a adapté au Londres victorien pour Cyril Bonin, qui a de grandes affinités avec ce combo lieu/période.

Sur le mur

London, photographie de jukov7 sur deviantart.com

London, photographie de jukov7 sur deviantart.com

Gramophone

Le générique des Experts, version XIXè…

Dans la même veine

  •  Jack l’Éventreur, bande dessinée de Poupard et Debois, aux Editions Soleil.
  • La série Holmes, bande dessinée de Cecil et Brunshwig, aux Editions Futuropolis.
  • Histoires extraordinaires d’Edgar Poe, bande dessinée de Thouard et Seiter, aux Editions Casterman.

A propos de Bonin & Seiter

Cyril Bonin, le dessinateur, est un fabuleux Bourgogne de 1969 qui s’améliore avec le temps. Tout petiot, déjà ses bandes dessinées. Un peu plus grand, les Beaux-Arts de Mâcon, les Arts-Déco de Strasbourg et un DESS en image de synthèse. Depuis les premiers albums de Fog, il a illustré les séries Quintett (éditions Dupuis) et Quand souffle le vent (éditions Dargaud), ainsi que l’adaptation de La belle image, roman fantastique de Marcel Aymé (éditions Futuropolis). Et puis tout seul de ses petits mains, il illustre et scénarise Chambre obscure (éditions Dargaud) et L’homme qui n’existait pas (éditions Futuropolis).

Roger Seiter, le scénariste, né en 1955 en Alsace, historien de formation, spécialisé dans l’Histoire ancienne et médiévale. En plus de Fog, il a travaillé sur les séries Venise hantée  et Les fantômes du passé (éditions Emmanuel Proust), Special Branch (éditions Glénat), H.M.S.MysteriesWild River, Dies Irae (toutes aux éditions Casterman) ainsi que sur des one shot tels que Le Policier qui rit, adaptation du polar suédois du même nom,  Après un si longue hiver (éditions Do Bentziger), Un été en enfer (éditions du Signe).

Références

Editions Casterman, Collection Haute densité, deux tomes de 256 et 224 pages, comprenant les titres:

  • Le Tumulus
  • Le destin de Jane
  • Le mangeur d’Âme
  • Les sables du temps
  • La mémoire volée
  • Remember
  • Wintertime
  • Au nom du fils

Chaque tome regroupe quatre titres.

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