Rebecca Guay Flight of Angels

Enchantement plurigraphique

Note :
3/5
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L’Argument

Lorsque des créatures magiques -faunes, sorcières, fées, etc- trouvent au beau milieu de la forêt un ange inanimé, elles décident de le livrer à une tribunal improvisé, composé des êtres présents, dans lequel chacun va raconter l’histoire d’un ange qui pourrait être celui-ci afin de décider s’ils doivent ou non le laisser vivre.

Ça commence comme ça

Rebecca-guay-flight-angels-debut

Avis personnel

Attirée par le style de dessin de la couverture, convaincue par la description faite par l’éditeur, à savoir:

Au fond d’une sombre forêt est retrouvé le corps d’un ange mourant, se vidant de son sang et dans un état inconscient. À ses cotés, des fées trouvent une épée. Chacun livre sa propre version des faits.

je m’attendais à une sorte d’enquête policière parmi les créatures féériques de la forêt, dans laquelle chacun serait suspecté d’être l’auteur du crime contre l’ange. En fait pas du tout. On est vraiment plus dans la fable. Chacun imagine une histoire sensée être celle de l’ange en question.

Le style pictural change selon le narrateur de sorte que chacune des histoires a un cachet très personnel, reflétant ainsi l’ambiance qui s’en dégage, tantôt la douceur, tantôt la modernité, etc. La partie « réelle » dans laquelle faunes, fées, etc, débattent du sort de l’ange garde une unité de ton, noir et blanc, qui permet de se rendre compte en un seul coup d’œil qu’on est revenu à nos personnages du début. Quand on sait que chaque histoire à un auteur différent mais que l’illustratrice reste la même, le challenge est encore plus appréciable. Rebecca Guay a su adapter sa patte pour exprimer des sensations différentes puisque, comme pour une nouvelle face à un roman, on doit comprendre très vite les enjeux et le contexte, le texte étant plus court.

Ainsi, la première histoire, mettant en scène Adam et Eve, utilise le réalisme, le classicisme, style dans lequel ces personnages sont souvent représentés, en y mêlant mystère et couleurs plus vives lorsqu’il est question de vision d’avenir obtenues par magie.

Dans une autre, les traits sont marqués, et les ombres quasi-inexistantes, les décors sont symboliques: comme les arbres dont les branches sont de simples traits et le feuillage un rond tracé autour. Mais les couleurs y sont vives et sombres, violentes, évoquant le danger et le drame.

Contrastant avec cet aspect, une histoire d’amour est quant à elle faite de tons pastels, aquarelle de tendresse et de douceur, claire et lumineuse aux décors de nature paisible, campagne et bord de mer à peine touchée par l’Homme.

L’idée d’un tribunal basé sur l’imagination plutôt que sur les faits ne peut qu’être toute féérique et cette succession de petites aventures inventées, repoussant chaque fois la sentence, fait penser aux contes des mille et une nuits, dans lesquels Shéhérazade raconte encore et encore, dans une version plus sylvestre.

Un peu succin par contre, on reste sur notre faim. Les nouvelles sont bonnes, mais l’histoire globale -le tribunal- méritait d’être plus développée alors qu’elle semble n’être en fait qu’un prétexte à raconter d’autres choses. Les créatures qu’on y croisent manquent de substance, pourraient être charismatiques mais semblent à peine exister. Et le dénouement finalement presque trop facile, sans saveur qu’on garde en bouche, un peu dommage après une si bonne idée de départ. Les nouvelles rattrapent le coup.

Sur le mur

Le choix est grand parmi les illustrations de Rebecca Guay… votre favorite sera parfaite.

Gramophone

Loreena McKennit – To the fairies they draw near

Le Grain de sable

Alors qu’elle est elle-même passionnée par les anges, c’est à force d’avoir des commandes de dessins sur ce thème que Rebecca Guay a l’idée de réunir plusieurs auteurs autour d’une de ces créatures pour lui imaginer un passé, comme elle l’explique dans la préface de ce roman graphique.

Dans la même veine

  • Les Routes du paradis, la série avec Michael London! Nan? On n’a plus le droit de déconner?

Bon alors plus sérieusement:

  • Le Parlement des fées, roman de John Crowley
  • Sandman, mini-série de BD
  • Fables, série de BD de Bill Willingham

A propos des auteurs

  • Rebecca Guay, l’artiste américaine à l’origine de ce livre, est diplômée du Pratt Institue de New York, l’une des principales écoles d’Art des Etats-Unis et vit aujourd’hui dans le Massachusetts. Particulièrement à l’aise dans l’univers fantasy, elle fait ses armes dans les livres pour enfants et comics-books avant de travailler sur le jeu de cartes Magyc. Elle est maintenant reconnue et régulièrement exposée, et a même obtenu de prestigieuses récompenses comme ses deux Spectrum Awards, remis aux meilleurs projets d’art.
  • Holly Black, romancière, est l’une des auteurs des célèbres Chroniques de Spiderwick, ainsi que de la trilogie Les Faucheurs et d’anthologies telles que Zombies contre Licornes.
  • Louise Hawkes, romancière et professeure au lycée des Beaux-Arts du Vermont
  • Todd Mitchell, romancier, poète, essayiste et professeur d’Ecriture créative à l’Université Fort Collins du Colorado
  • Bill Willingham, célèbre auteur de la série Fables, bien connue des amateurs de fantasy, a une longue carrière derrière lui. Il publie en effet depuis plus de trente ans pour l’industrie du comic-book.
  • Alisa Kwithey, sous le pseudonyme d’Alisa Sheckley, a délaissé la romance pour le paranormal et la dark fantasy! Elle a travaillé sur le comic New Avengers et sur la série Sandman.

Références

  • Editions Urban Comics, Collection Vertigo Deluxe, 2013, 128 pages. One shot.

Liens