Armand Cabasson La Chasse sauvage du colonel Rels

Fantastique et fantasy historique

La Chasse sauvage du colonel Rels

Note :
5/5
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L’argument

Les 9 nouvelles de ce recueil nous emmènent dans des univers où le fantastique et la fantasy rencontrent l’histoire, la guerre, la mythologie et l’art. Du Japon médiéval à l’Angleterre ravagée par la peste, en passant par la guerre de sécession et l’invasion des Vikings, chacune des nouvelles nous invite dans des univers riches, souvent passionnants, sinon saisissants.

Ça commence comme ça

Cette année 1348, le Roi Peste annonça qu’un Monde Nouveau était en train de voir le jour et que Londres en serait la capitale. Sa Majesté et ses sujets défilèrent en grande pompe dans les rues, piétinant les cadavres des pestiférés que l’on n’avait pas eu le temps de brûler ou d’enterrer dans les fosses communes. Puisque la Tour de Londres résistait toujours, le Cortège Royal s’installa dans l’abbaye de Westminster. Alors, conformément à la volonté du Roi Peste, Londres perdit la raison. Le Monde Nouveau promis devait naître de cette folie-là.
« 1348 »

Avis personnel

L’univers d’Armand Cabasson est passionnant. Il sait nous faire entrer dans ses textes, en saisir les méandres, pour en ressortir forcément touché. Et à cela, il y a plusieurs raisons.

D’abord, ses histoires se basent sur un contexte historique savamment retranscrit et riche en détails. Le moyen-âge semble être une période de prédilection de l’auteur, car il revient souvent, mais dans des situations toujours variées. 1348, la nouvelle qui ouvre le recueil, donne le ton. Elle nous emmène dans un Londres ravagé par la grande pandémie de peste noire. Le dégoût et le chaos sont mis à l’honneur, et l’auteur y réussit parfaitement ! Saint Basile le Victorieux met en scène un prince russe qui doit faire face à une attaque des mongols. Un crâne mystérieux sert de relique au prince. Une nouvelle passionnante ! L’Héritage nous emmène au Japon où le nouveau seigneur discute avec la tête coupée de son père. Cette nouvelle est colorée de blanc et de rouge : le calme et la violence qui s’ajustent dans un parfait équilibre.

La mythologie est aussi souvent au rendez-vous. Dans la nouvelle éponyme au recueil, on se trouve plongé dans l’enfer de la guerre de sécession. Ici, le colonel Rels déferle sur l’armée du Nord, dans l’ombre de la légende de la Chasse sauvage. Une nouvelle prenante, faite d’ombres et de flammes. Autre légende, celle des Berserkers, ces guerriers-fauves nordiques à la force surhumaine. Dans Le Roi Dieu-Loup, ils sont mis en scène dans une bataille opposant vikings et anglais assaillis. Si certaines scènes sont gorgées de sang et de chair broyée qui peuvent provoquer du dégoût, ce texte s’avère tout de même passionnant et prenant. Dans Le Minotaure de Fort Bull, la légende du Minotaure est mise en parallèle avec un fort pris d‘assaut durant la guerre de sécession, autre période de prédilection de l‘auteur. Un récit vraiment prenant et lourd en émotion. Dans un tout autre registre, Les Mange-Sommeil, qui conclut le recueil de manière plus douce, met en scène le Petit peuple : en Irlande, une petite fille qui a perdu son frère pense que ce dernier s’est réincarné en lutin. Cette nouvelle douce-amère vient apaiser le feu des nouvelles précédentes.

Même si la guerre et la violence sont souvent de mise, quelques touches poétiques et artistiques parsèment le recueil pour lui donner davantage de dimension. On en retrouve dans Les Chuchotements de la lune qui met en scène le dernier combat d’un clan de samouraïs. La lumière de la lune, les fleurs des cerisiers, le thé et la poésie mettent la guerre en arrière plan, le temps d’une nouvelle. L’art est aussi mis à l’honneur dans la nouvelle Giacomo Mendeli. Ce texte se passe en Espagne, à l’époque de l’Inquisition. Ce sujet a fait maintes fois l’objet de fiction et pourtant, le texte d’Armand Cabasson est d’une grande originalité. Il met en scène un peintre italien qui se voit commandé un portrait très particulier. Énormément d’émotions et de thématiques se dégagent de cette nouvelle passionnante.

Car c’est un autre point fort de l’auteur : cette capacité à dessiner en relief des personnages, à infiltrer entre les mots des émotions, des pensées qui dessinent des univers complexes, et cela en peu de pages. Alors pour peu que vous soyez attiré par l’histoire, ces nouvelles vous raviront certainement comme elles m’ont ravie et passionnée. Il n’est pas étonnant que le recueil d’Armand Cabasson ait été choisit par l’éditeur pour la rentrée 2013 de fantasy française des Indés de l’imaginaire.

Le grain de sable

Le texte Les Mange-Sommeil est né d’une expérience marquante vécue par l’auteur.

A propos d’Armand Cabasson

Armand Cabasson

Né en 1970, Armand Cabasson est psychiatre et écrivain. Il est connu dans le monde de la SFFF pour plusieurs recueil, nouvelles et romans comme Loin à l’intérieur paru en 2005 aux éditions de l’Oxymore ou encore La Dame des MacEnnen chroniqué ici. Outre les littératures de l’imaginaire, l’auteur écrit aussi des thriller et des romans historiques qui ciblent notamment l’époque napoléonienne. Certains ont reçu plusieurs prix et ont même été traduits en anglais. Vous trouverez sa bibliographie complète sur son site.

Références

Liens et sources