Claude Mamier Le Bar de Partout

Amères tranches de vie

Couverture du "Bar de Partout" de Claude Mamier

Note :
4/5
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L’argument

Dans un étrange bar nommé le Bar de Partout, onze personnes se rencontrent. Originaires des quatre continents, de Palestine, d’Amérique du Sud, de France, d’Inde, ces gens ont en commun une histoire à raconter. Leur histoire. Chacun sur scène, au micro, conte alors son destin, sa misère et ses espoirs.

ça commence comme ça

Un début de soirée au Bar de Partout

 

Anton Nimitz quitta la rame de métro à la station « Partout ». Les énormes lettres en céramique noire couvraient une grande partie du mur et s’étiraient vers le plafond, entourées de filaments gris qui s’enroulaient jusqu’au vertige. Un sifflet retentit, les portes des wagons se fermèrent; Anton frissonna au souffle de la rame qui défila derrière lui avant de disparaître dans le tunnel.

Pourquoi descendre là? Il ne se souvenait plus sur quelle ligne il était, ni quelle raison avait motivé son voyage. Sa mémoire, aussi grise et fluctuante que les fils de céramique noyant le plafond, ne lui offrait aucune image à laquelle se raccrocher.

Avis personnel

Le Bar de Partout fait suite aux Contes du vagabond, que Claude Mamier a publié après avoir effectué un tour du monde, récoltant ici et là légendes et histoires. Je n’ai pas lu les Contes du vagabond, mais il me semble que les deux peuvent se lire indépendamment.

J’ai lu Le Bar de Partout d’une traite. Il se lit avec aisance, le style fluide de Claude Mamier nous emmenant rapidement dans son sillage. Mais je veillais à faire une petite pause entre chaque nouvelle. Car ce recueil m’a laissée les entrailles nouées, un goût amer, un goût de bile aux lèvres. Si le fantastique se pose de façon très légère dans certaines histoires, la plupart sont d’un réalisme saisissant. Et, surtout, terrifiant. Car l’histoire de Jorge, de Jasmine, de Juan, d’Ahmed, tous ces destins se jouent réellement quelque part. Et il est impossible de l’oublier. Claude Mamier nous restitue la vie dure, aux rêves déçus, aux espoirs jamais réalisés, d’êtres humains vivant aux quatre coins du monde, et parfois même dans notre voisinage. Il nous conte des histoires réelles, et c’est pour cela que nos tripes se nouent. Car contrairement aux actualités, il y apporte une dimension humaine. Et le fait de lire tous ces destins brisés, misérables, éclaire notre conscience.

L’ouvrage se termine par une rencontre avec la Mort, femme aux yeux violets que les connaisseurs de l’écrivain auront déjà croisée dans quelques uns de ses textes. Une rencontre apaisante, un peu de tendresse après la brutale réalité des onze récits précédents.

Le grain de sable

Claude Mamier a fait le tour du monde pendant 1000 jours et 1001 nuits, accompagné du photographe Philippe Dulauroy, pour recueillir des contes aux quatre coins du monde.

Gramophone

Le bruit des verres qui s’entrechoquent, des confidences chuchotées, des gorges qui avalent l’alcool, dans un bar feutré.

Sur le mur

The Locked Hope par Dorothy-Shoes

The Locked Hope par Dorothy-Shoes

Dans la même veine

Je recommande bien évidemment les Contes du vagabond (Malpertuis, 2008) puisqu’ils précèdent Le Bar de Partout.  La lecture de 1984 (Folio, 2007) et de La Ferme des animaux (Folio,  2000) de George Orwell me semble également recommandée, pour l’amertume et les espoirs déçus.

A propos de Claude Mamier

Claude Mamier

Claude Mamier est né à Rouen en 1973 mais il vit désormais dans le sud ouest de la France. On a pu découvrir plusieurs de ses nouvelles dans les anthologies des éditions de L’Oxymore. Certaines ont été réunies en 2003 dans le recueil Récits des coins d’ombre (L’Oxymore). Connu également sous le nom de Claudio le Vagabond, Claude Mamier a fait le tour du monde et en a tiré deux autres recueils de nouvelles : Contes du vagabond (Malpertuis, 2008) et Le Bar de Partout (Glyphe, 2009).

Références de l’ouvrage

Editions Glyphe, 257 pages, 2009.

Liens et sources :

Le site des voyages de Claudio le Vagabond : www.1000jours1001nuits.net

La critique des Contes du vagabond par Psyché