Collectif Contes méphitiques

Nouvelles fantastiques

Couverture des « Contes méphitiques »

Note :
4/5
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L’argument

Onze nouvelles fantastiques du 19ème et début du 20ème siècles d’auteurs britanniques composent ce recueil à la couverture intrigante. On y retrouve Sheridan Le Fanu, Lord Dunsany, James Hogg, Robert Louis Stevenson, mais aussi Charlotte Riddell, Rhoda Broughton et William Henry Hudson.

Ça commence comme ça

Le rêve est un phénomènes des plus obscurs sur lequel un grand nombre d’absurdités ont été écrites. C’est une chose étrange. Pour ma part, je ne le comprends pas et n’ai aucun désir de le comprendre. Je doute fermement qu’aucun philosophe ayant jamais pris la plume sache sur la question un iota de plus que moi, quelles que soient la complexité et les subtilités des théories qu’il avance.
« L’expédition de Georges Dobson en Enfer » – James Hogg

Avis personnel

Méphitique signifie « qui dégage une ambiance détestable ». Et c’est un titre justement choisi car ce livre réunit des textes aux thèmes particulièrement noirs : l’enfer, le diable, la sorcellerie, les revenants… Des thèmes en vogue à cette époque. On peut ajouter à cela un imaginaire influencé par les folklores d‘Écosse et d‘Irlande dont sont originaires la plupart des auteurs du recueil.

Parmi les textes les plus prenants, on trouve L’expédition de Georges Dobson en Enfer (James Hogg), Le rêve de l’ivrogne (Sheridan Le Fanu) et Sandy le rétameur (Charlotte Riddell). Ici, les protagonistes se retrouvent par hasard en enfer, peuvent en partir mais doivent y retourner. Une ambiance étrange et vraiment inquiétante enveloppe ces récits où le rêve, la religion et la superstition créent le fantastique.

Les textes de Lord Dunsany, dont certains sont issus du fabuleux Contes d’un rêveur, clôturent le recueil à merveille. Toutes fois, je n’attribuerais pas l’adjectif méphitique pour Au Crépuscule et Au flux et reflux des marées : l’ambiance y est sombre, certes, mais la mélancolie dégagée leur donne une beauté qui est loin d’être maléfique, à l’inverse de Pauvre vieux Bill et de son ambiance ensorcelée.

Il faut aussi noter La tordue de l’auteur de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, Robert Louis Stevenson. Elle a été écrite dans un dialecte écossais et la traduction est restée fidèle à l’utilisation du dialecte. Il en ressort une lecture périlleuse. Cependant, l’utilisation du dialecte crée une distance, un dépaysement, qui amplifient le fantastique du texte. Janet est davantage effrayante avec cette narration d’ailleurs.

Contes méphitiques est donc une anthologie intéressante pour ses auteurs et son ambiance sombre teintée de campagne écossaise et irlandaise. On regrettera seulement l’absence d’informations sur les textes comme leur date de parution et leur origine (font-ils partis de recueils en particulier ?). On ne sait pas non plus qui est l’auteur des introductions, dommage.

Gramophone

Faith Devides Us – Death Unites Us de Paradise Lost.

Sur le mur

Vision at Sea d’Arnold Böcklin

Dans la même veine

L’anthologie Le revenant et autres contes de terreur du Blackwood Magazine, parue chez José Corti en 1999.

Références

  • Traduction de l’anglais par Patrick Remaux
  • J’ai lu, 2011 (éditions Anabet, 2008), 285 pages.

Liens et sources

  • Gaid Girard, À propos du « Rêve » de Le Fanu, Le visage vert n°2, 1997, p.82-85.