Collectif Mystères et mauvais genres

Nouvelles issues de genres décriés

Couverture de "Mystères et mauvais genres" dirigé par Elie Darco

Note :
3/5
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L’argument

Un esprit des ombres qui capture des secrets pour les vendre au plus offrant, démons compris (Le Marchand de secrets de P.R. Tohril), un quadragénaire piégé par l’ambiance moite et érotique du Brésil en plein carnaval (Samba Luna d’Ombeline Duprat), une flaque qui n’a rien d’ordinaire (La flaque à côté de l’arrêt d’autobus de Christophe Nicolas), une maison hantée par un incube (Vade retro Satanas! d’Aurélie Wellenstein) ou encore un fait divers tragique où plane l’ombre de l’Ankou (L’âme damnée du Yeun d’Arnaud Cabanne).  Quinze nouvelles où le mystère est le principal ingrédient, que ce soit celui d’un crime, d’une présence surnaturelle ou simplement d’un fait étrange.

Ça commence comme ça

« Latombe, victime professionnelle » de Guillaume Suzanne

– Vous savez, je ne suis pas très au fait de toutes ces nouvelles techniques d’intimidation, mais… vous n’êtes pas censé le tenir par la crosse?

– La ferme. Je sais parfaitement ce que je fais.

– Bien entendu. Ça tombe sous le sens. C’est vous le professionnel.

– Voilà, tu l’as dit, je suis un professionnel. Pas vrai, Ed, qu’on est des professionnels?

– Tout juste, patron. On est des nouveaux professionnels du kidnapping, qu’avons commencé juste ce matin.

P’tite tête resserre les liens du captif, histoire de lui montrer qui a le pouvoir, pour bien lui faire comprendre que l’attitude adéquate à adopter est de péter de trouille.

Avis personnel

Mystères et mauvais genres est, comme l’indique la préface, une anthologie réunissant des textes appartenant à des genres littéraires populaires souvent honnis par les hautes sphères intellectuelles. Polar, science-fiction, horreur ou humour, autant de genres décriés par les grands pontes de la littérature alors même qu’ils ravissent nombre de lecteurs. Car ils peuvent contenir des oeuvres de qualité!

On trouvera donc quinze textes des plus variés au sein de cet ouvrage, dont beaucoup sont d’auteurs peu connus, voire pas du tout. Variés de par leur genre, leur style, l’histoire qu’ils racontent, mais aussi variés en qualité. L’anthologie m’a parue assez inégale sur ce point, proposant de véritables perles comme des textes qui m’ont laissée totalement indifférente, voire même ennuyée.

J’ai notamment été déçue par Latombe, victime professionnelle de Guillaume Suzanne. Je pensais retrouver son ton acerbe et drôle des Poubelles pleurent aussi, mais non, le texte ne m’a pas arraché un seul sourire. J’ai en revanche beaucoup apprécié La Brigade des Enquêtranges de Lucie Chenu et Le corail d’Altawyris de Bruno Grange. Tous deux situés dans des univers de science-fiction, ils allient enquête policière et touche humoristique avec brio, un vrai régal! Il en est de même pour Vade retro Satanas! d’Aurélie Wellenstein, mais dans le domaine du fantastique. Les personnages principaux sont hauts en couleur, notamment le chien.

Dans un registre plus « sérieux », L’âme damnée du Yeun d’Arnaud Cabanne m’a fait frissonner d’horreur et La flaque à côté de l’arrêt d’autobus de Christophe Nicolas intrigue comme elle effraie. L’irruption de l’étrangeté au sein du quotidien est ici traitée avec talent. Côté angoisse toujours, à laquelle s’ajoute de l’émotion, il y a Samba Luna d’Ombeline Duprat. J’ai d’abord cru à un texte érotique qui alignerait les scènes de sexe sans réelle intrigue, mais au fur et à mesure de la lecture, j’ai vite pu constater mon erreur.

Au final, les amateurs de tous ces genres dits populaires seront ravis et trouveront certainement leur bonheur parmi ces pages, malgré la qualité inégale des textes.

Le grain de sable

Le nom du personnage principal de L’inspecteur Bernère contre la mort de David Osmay fait penser à Bernard Werber.

Gramophone

Le thème musical de La Panthère rose, composé par Henry Mancini.

Sur le mur

Un vieux flingue, un pisto-laser bricolé ou un pentacle brouillé.

Dans la même veine

Si cette anthologie vous a plu, vous apprécierez Les poubelles pleurent aussi et Les poubelles pleurent toujours de Guillaume Suzanne (Griffe d’encre, 2008 et 2010), vous aimerez également les polars de Frédéric Dard, les recueils de nouvelles de Stephen King ou encore Les Enfants de Svetambre de Lucie Chenu (Rivière blanche, 2010).

A propos d’Elie Darco

Née en 1980, Elie Darco vit aujourd’hui à Marseille.  Passionnée de livres, elle a pris la plume comme le crayon et officie comme nouvelliste, illustratrice et directrice d’anthologie. On a pu lire sa prose dans Les Dames baroques (Editions du Riez, 2010) Pouvoir et puissance (Sombres Rets, 2009), Or et sang (Le Petit Caveau,  2009) ainsi que dans divers fanzines et webzines ; admirer ses oeuvres dans Pouvoir et puissance ou Masques de femmes (Le Calepin Jaune, 2009), qui contient également des textes qu’elle a co-écrit avec son compagnon Cyril Carau.

Références

Dirigé par Elie Darco, éditions Sombres Rets, 262 pages, 2010.

Liens