Estelle Valls de Gomis Les Gentlemen de l'étrange

Nouvelles d’aventures fantastiques

Estelle Valls de Gomis - Les gentlemen de l'etrange

Note :
3/5
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L’argument

Ce recueil contient dix nouvelles mettant en scène quatre protagonistes dans un Londres au crépuscule du 19ème siècle : Manfred Gladstone, psychiatre, son ami dandy Wolfgang Bloodpint, l’étrange jeune gouvernante de ce dernier, Wilhelmine, et Ernest, un souriceau de cinquante centimètres féru de livres. Le goût pour l’étrange du petit groupe les mènera dans des aventures sombres mais non sans humour et légèreté.

Ça commence comme ça

Cela se passait à Londres, durant l’avancée de la construction du métropolitain. Préparer la naissance du train souterrain était une entreprise titanesque et les chantiers tenaient des forges de Vulcain : on y respirait fort mal et il s’en dégageait une lumière sourde vaguement teintée de feu qui aurait suffi à rendre claustrophobe n’importe quel rat d’égout. Cette nuit-là, Manfred Gladstone et son ami Wolfgang Bloodpint, deux charmants jeunes hommes d’une trentaine d’années, furetaient dans les galeries à peine esquissées à la recherche d’un pensionnaire évadé de l’asile psychiatrique.
« Un cigare pour Manfred »

Avis personnel

Ces nouvelles se lisent avec plaisir et aisance ; elles sont ainsi fort divertissantes. Bien que le contexte général soit un Londres victorien, les héros ne tiennent pas en place et voyagent souvent. Ceci contribue à rendre la lecture davantage vivante. Mais c’est aussi un bon prétexte pour aborder de nouveaux faits surnaturels. Aux États-Unis, nos héros pourchassent le Wendigo, créature issue du folklore amérindien (Wendigo); sur les côtes françaises ils lutteront contre un Kraken (Lueurs sur l’océan) ; en Italie ils enquêteront sur des loups-garous et des morts-vivants (Ils burent un verre à Venise).

Mais Londres n’est pas non plus sans repos. On y rencontre un vampire, thème de prédilection de l’auteure (Le Zburator), et même un lutin arrivé dans notre monde via une faille causée par les travaux du métropolitain (Un cigare pour Manfred). Cette variété de thèmes et d’aventures courtes et vite bouclées (parfois trop vite comme dans Lueurs sur l’océan) donne au recueil une impression de série TV captivante et divertissante.

Les nouvelles sont en effet abordées avec légèreté et simplicité. Ceci pourrait créer un détachement de la part du lecteur, un manque d’intérêt ; mais il n’en est rien. Et ceci est principalement dû aux personnages centraux, à savoir Manfred, Wolfgang, Wilhelmine et Ernest. Le petit groupe devient vite attachant et se voit enrichi par les traits de caractères variés de chacun.

Un denier point vient enrichir ces nouvelles : l’inclusion dans le récit de personnages célèbres comme Aleister Crowley et la Golden Dawn ou Bram Stocker dont l’ombre plane en continu sur le recueil. Ce sont tous ces éléments réunis qui donnent une force et une cohésion au recueil qui, sans cela, perdrait beaucoup de son intérêt.

Le grain de sable

La nouvelle Redmond Silverglade faisant office d’annexe fut initialement publiée dans le recueil Des Roses et des Monstres (Nuit d’Avril, 2007).

Gramophone

Un album de Chaostar.

Sur le mur

Une carafe d’absinthe.

Dans la même veine

Quelque chose à mi-chemin entre fantastique et policier comme les œuvres de Sheridan Le Fanu.

À propos d’Estelle Valls de Gomis

Écrivain, traductrice, illustratrice et webdesigner font partie des profils sous lesquels Estelle Valls de Gomis est référencée. On la connaît beaucoup pour ses connaissances vampiriques, notamment avec la publication de sa thèse Le vampire au fil des siècles (Éditions Cheminements, 2005), mais aussi pour son goût prononcé pour le 19ème siècle et une certaine fée verte. Elle dirigea les Éditions du Calepin Jaune et dirige toujours la revue du même nom.

Références

  • Black Book Éditions, 2010, 313 pages.
  • Réédition enrichie de l’édition de 2007 chez le Calepin Jaune Éditions.
  • Couverture de Fabien Fernandez.

Liens et sources