Franck Ferric Marches nocturnes

Nouvelles variées

Note :
4/5
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L’argument

Alternant fantastique, fantasy, anticipation voire terreur, ces 17 textes nous plongent dans des univers sombres, où la féerie perce parfois les ténèbres, mais pas toujours… Ce recueil est une réédition de celui paru aux Éditions Nuit d’Avril en 2007, et a, pour l’occasion, été enrichi de 4 nouvelles.

Ça commence comme ça

Vous êtes planté devant votre écran de télé, tentant de chasser de votre tête la migraine qui, ce soir, a décidé d’y faire jouer sa fanfare de tambours. Comme à l’accoutumée, votre journée a été interminable, laborieuse, occupée à élimer vos yeux sur des dossiers toujours importants, toujours urgents, toujours plus nombreux. Vous en avez même rapporté chez vous, rempli d’une bonne volonté d’en faire plus : pour sûr, le patron vous en sera reconnaissant. S’investir dans la Société, surtout de manière aussi volontaire et manifeste, c’est bien vu.
« Trêve »

Avis personnel

J’ai beaucoup aimé la lecture de ce recueil. D’abord, grâce à la diversité des genres et des thèmes qui apporte un renouveau à chaque nouvelle entamée. On passe de la féerie urbaine (Fée d’hiver, La dernière rame) à l’anticipation (La part des cendres, No man‘s land), ou de la terreur (Mortes maisons) au fantastique (Nain rouge, La synarchie des rouquins). Mais malgré la diversité qui englobe le recueil, on trouve quelques thèmes récurrents : les roux, les prostituées, l’homosexualité, la guerre et les marginaux.

Si j’ai aimé l’ensemble du recueil, certaines nouvelles dépassent toutefois de beaucoup les autres, en intensité des émotions et en originalité. Parmi elles, Fée d’hiver, qui voit un sans-abri sauver des fées destinées à être utilisées pour fabriquer des cartes musicales. Cette nouvelle m’a enchanté ; Franck Ferric a su apporter une magie dans un monde décadent ou tout est à priori sans espoir.

Dans un autre registre, Mortes maisons m’a épaté : deux compères se retrouvent sous un caveau dans un cimetière et découvrent une ville morte où l’horreur les rattrapera. Ici, l’horreur est vraiment au rendez-vous ; elle est d’autant plus prenante que l’on ne s’y attendait pas au début de la nouvelle. Je citerai également No man’s land, une nouvelle futuriste dans un monde apocalyptique, monde que l’on retrouve dans le roman de l’auteur, La loi du désert (Éditions du Riez, 2009). L’ambiance créée est vraiment prenante, tout comme le personnage central dont le parcours risque d’être terrible.

Enfin, la nouvelle m’ayant le plus touchée est Wild Jim. Toujours dans un monde apocalyptique, Jim va faire la rencontre d’un vieil homme qui n’a pas oublié la féerie, qui est la vraie richesse. La capacité de l’auteur à faire naître la féerie dans un monde noir au possible est en soit magique. À l’inverse, la nouvelle Nightfall m’a déçue, mais c’est la seule. J’avoue ne pas avoir saisi où voulait en venir l’auteur.

Marches nocturnes est donc un recueil qui offre une lecture variée et qui contient quelques petites perles, au milieu d’autres nouvelles plus ordinaires mais non moins prenantes. À noter également, la pochette réalisée par Bastien Lecouffe-Deharme (auteur du roman graphique Memories of Retrocity chez les Éditions du Riez) qui intrigue de façon pertinente et invite à lecture.

Le grain de sable

Plusieurs de ces nouvelles sont déjà parues dans des revues ou anthologies, dont Cités perdues et Les fées des Éditions de l’Oxymore.

Gramophone

Viva Emptiness de Katatonia.

Sur le mur

La 15ème lame du Tarot : le Diable, en référence à la nouvelle Nain rouge.

Dans la même veine

Les anthologies Traverses (Éditions de l’Oxymore) ou Fées dans la ville (ActuSF Les trois souhaits).

À propos de Franck Ferric

Né en 1979, Franck Ferric a écrit de nombreuses nouvelles parues dans diverses revues et anthologies. Il a aussi publié son roman, La loi du désert, aux Éditions du Riez en 2009. Il est aussi chroniqueur sur le site Oscurantis, qui recèle quelques découvertes littéraires hors normes.

Photo : http://www.diffusion.lokomodo.fr

Références

  • Éditions Lokomodo, 2011, 293 pages.
  • Réédition augmentée de Marches nocturnes, Éditions Nuit d’Avril, 2007.
  • Couverture de Bastien Lecouffe-Deharme

Liens et sources