George R. R. Martin Dragon de glace

Fantasy on ice

Note :
5/5
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L’argument

Quatre nouvelles de fantasy, dans des univers différents. Une enfant de l’hiver proche d’un dragon de glace, une sorcière part chasser le  loup-garou, une femme est harcelée par un étrange voisin et un écrivain qui a toujours fait passer son travail avant sa famille reçoit la visite de ses enfants de papier.

Ça commence comme ça

De toutes les saisons, Adara préférait l’hiver car, lorsque le froid envahissait le monde, le dragon de glace surgissait.

Elle ne savait jamais si c’était le froid qui amenait le dragon de glace ou le dragon de glace qui amenait le froid. C’était une des questions parmi tant d’autres qui troublaient son frère Geoff, lequel, de deux ans son aîné, était d’une curiosité insatiable, mais Adara, pour sa part, ne s’intéressait guère à ce genre de problème. Du moment que le froid, la neige et le dragon de glace venaient tous en temps voulu, elle était ravie.

Avis personnel

Quatre nouvelles, deux mondes, quatre ambiances.

Les deux premières semblent assez typiques de la fantasy « pure et dure », avec son lot de dragons et de magie apparente, le tout dans un univers moyenâgeux, capes, épées, sorcières.

Dragon de glace donne son nom et son illustration à ce recueil. Cette nouvelle ouvre le bal, ce n’est pas forcément la place la plus facile et je dois admettre avoir un peu « pris peur » à sa lecture. Pour m’être attaquer au Trône de fer, je connaissais l’écriture de George R. R. Martin, et – quoi qu’en disent certains commentateurs un peu partout sur le net – j’en avais apprécié la traduction. Je m’attendais donc à trouver le même style ici.

En fait, j’ignorais si c’était le fait d’un traducteur différent ou seulement parce que l’auteur a adapté sa façon d’écrire à l’âge de son héroïne, une fillette, la plus jeune de sa famille, mais on se retrouve face à une écriture qui semble « enfantine ».

Il ne faut donc pas s’attendre à l’écriture complexe de l’œuvre majeure de l’auteur, mais bien à des récits différents dans le fond comme dans la forme. Ceci dit, cette impression passe assez vite, et ne se retrouve pas dans les nouvelles suivantes, c’est donc pour nous montrer le monde au travers des yeux d’une gosse que le ton est volontairement « facile ».

Dans les contrées perdues raconte comment une sorcière, pour honorer la commande d’une riche cliente désirant se transformer à volonté en louve, part chasser le loup-garou dans des plaines désertiques et désolées, accompagnée d’un chasseur. Jusqu’ici, rien que de très classique me direz-vous, mais on est prévenu dès le début: la sorcière peut exaucer toutes vos demandes, mais il est préférable de ne rien demander.

Les deux dernières se déroulent dans un contexte contemporain et relèvent de la fantasy urbaine. J’y ai donc découvert un George R. R. Martin – que jusque-là je ne connaissais qu’à travers Le Trône de fer – aussi doué à ce jeu qu’à celui de l’heroïc fantasy.

L’Homme en forme de poire, malgré un titre qui prête à sourire, nous plonge très vite dans l’enfer du harcèlement. Nouvellement installée dans l’immeuble, Jessie se sent terriblement oppressée par cet homme qui habite en-dessous, que tout le voisinage perçoit comme le voisin marginal et inoffensif. Cette nouvelle m’a rappelé celles d’Armand Cabasson, dans lesquelles on se demandait tout du long : « Jusqu’à quel point c’est dans sa tête, et jusqu’à quel point c’est réel ? » où l’on considérerait que sur un segment, une extrémité serait le totalement réel, l’autre l’imagination complète, et que ce qui arrive aux personnages se trouverait à un point encore indéterminé sur cette ligne. Je ne suis pas sûre d’être claire… mais on fera avec, je ne sais comment l’expliquer autrement.

Portrait de famille raconte comment les personnages « mis au monde » par un écrivain prennent vie par le biais de tableaux. Plus j’avançais dans l’histoire, plus le protagoniste me paraissait antipathique alors que ses créations avaient quelque chose d’attirant, de presque bienveillant. Là, j’ai eu une pensée pour tous ces auteurs qui ont « enfanté » des tueurs en série et j’ai prié pour leur salut.

Le concept des tableaux et de la réalité entremêlés m’a ramené quelques dix ans arrière quand je découvrais Rose Madder de Stephen King dans lequel une femme glissait d’un monde à l’autre grâce à une peinture. La fantasy comme lien solide entre l’art et la vie, entre réel et imaginaire.

Un recueil qui se lit très vite, on ne s’y ennuie pas, et pire, on en redemande !

Le grain de sable

Les trois premières nouvelles de ce recueil ont déjà été publiées dans les n°4 d’Asphodale (avec un dossier consacré à l’auteur de Dans les contrées perdues), 28 et 33 de la revue Bifrost, mais aucune n’est tiré du n°67, le spécial George R. R. Martin. La dernière est inédite.

Sur le mur

La couverture de Bifrost n°28, pour une autre vision du dragon de glace.

bifrost-dragon-de-glace

Gramophone

 Siouxsie – Mantaray (album)

Dans la même veine

  • Si vous avez aimé Dragon de glace: Le Trône de fer de George R. R. Martin. (Oui, je sais, je fais preuve d’une originalité et d’une prise de risque à l’épreuve des balles en vous proposant cet ouvrage méconnu.)
  • Si vous avez aimé Dans les contrées perdues: l’Emblèmes n°2 – Sortilèges des Editions Oxymore
  • Si vous avez aimé L’Homme en forme de poire: Loin à l’intérieur et Le Poisson bleu nuit d’Armand Cabasson
  • Si vous avez aimé Portrait de famille: Rose Madder de Stephen King

À propos de George R. R. Martin

George Ronald Reuel… Ah non, j’ai confondu ! George Raymond Richard Martin donc, a vu le jour dans le New Jersey en 1948. Grâce à série Le Trône de fer, on ne le présente plus. Celle-ci lui a fait connaître un franc succès, d’autant plus qu’elle a été adaptée pour la télévision. Avant cela, il aimait lire des comics, et a gagné un prix pour récompenser une de ses fanfictions.

Il devient journaliste mais  se découvre une vocation d’écrivain. Il a remporté de nombreuses récompenses pour ses différents romans et nouvelles, tels que les prix Hugo, Locus, Nebula et World Fantasy (Chanson pour Lya, Les Rois des sables, Skyn Trade, Le Volcryn).

Il travaille également comme scénariste pour la télévision (La cinquième dimension, La Belle et la bête) avant de devenir éditeur en publiant la série Wild Cards qui réunit des recueils de nouvelles et des romans de science-fiction.

Références

  • Editions actusf, Collection Perles d’Epice, 2012, 191 pages
  • Illustration de couverture d’Andy Brase

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