Lord Dunsany Contes d'un rêveur

Fantasy poétique

Note :
5/5
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L’argument

Les 16 contes de ce recueil forment un tout où se mêlent poésie et rêverie. Lord Dunsany nous emmène le plus souvent dans un monde oriental, où la beauté des mots et des images nous font voyager avec une douceur irréelle.

Ça commence comme ça

Toldees, Mondath, Arizim sont les Terres Intérieures, les terres dont les sentinelles postées aux frontières ne voient pas la mer. Au-delà est à l’est un désert que l’homme n’a jamais foulé ; il est tout jaune, et tacheté par les ombres des pierres, et la Mort l’habite, comme un léopard couché dans le soleil.
« Poltarnees, qui surplombe la mer »

Avis personnel

Ce recueil est une petite merveille d’écriture (bien qu’il s’agisse d’une traduction) et d’imagination poétique. La beauté est présente à chaque page. On la trouve dans les villes fabuleuses à connotation orientale comme Bethmoora ou Perdóndaris, ou dans cette ville paresseuse où il faut narrer un conte pour avoir le droit d’y entrer. La notion de rêve est omniprésente. Dans Jours oisifs sur le Yann, on voyage dans les Terres du Rêve, à la découverte de villes magnifiques et mystérieuses.

Le mystère, justement, est lui aussi toujours présent et se mêle parfois à la terreur et à la folie. Ainsi, dans la ville de Perdóndaris, on suggère l’existence d’une immense bête terrifiante. Dans Le pauvre vieux Bill, le mystère plane autour d’une île : « Quelqu’un alluma les lumières dans la maison, et les petites fenêtres prirent un air maléfique. » (p.98). La notion de malédiction est aussi souvent présente. Dans La où la marrée monte et se retire, une âme est condamnée à rester près de son corps prisonnier des boues de la Tamise. Dans Poltarnees, qui surplombe la mer, ceux qui vont de l’autre côté du Poltarnees pour voir la mer ne reviennent jamais : « Une fois par an, dans un rite solennel et cérémonieux, ils maudissent les marées de la Mer ; et la lune se penche, et les déteste. » (p. 28).

A travers cette rêverie exotique, Lord Dunsany dévoile un désir d’échapper à cette urbanité qui ronge l’occident, en particulier Londres. Il déclame la laideur des villes et encense la beauté de la nature (notamment dans Le champ). Il offre un certain cynisme par rapport à la société de l’époque, comme dans Le vote : « l’affaire était déjà décidée, car le candidat qui perdit avait, faute de moyen ou de bon sens, négligé de prendre sa carte dans un club de football. » (p.133).

Ce recueil est donc une magnifique invitation à s’échapper de ce monde, où la poésie et la beauté des images savent nous accaparer entièrement.

Le grain de sable

Lord Dunsany eut une grande influence sur H.P. Lovecraft.

Gramophone

Un album de Qntal ou Le serpent rouge d’Arcana.

Sur le mur

Une illustration pour le conte Blagdaross de Sydney H. Sime (qui se trouve dans ce livre).

Dans la même veine

La Tisseuse de Léa Silhol paru aux éditions de l’Oxymore en 2004.

À propos de Lord Dunsany

Né en 1878 à Londres, l’anglo-irlandais Edward John Moreton Drax Plunkett est le 18ème baron Dunsany. En 1899, il participe à la seconde guerre des Boers avant de s’installer au château de Dunsany en 1901. Il est proche notamment de Yeats qui lui rend souvent visite au château. En 1905, il achève son premier livre, Les dieux de Pegana. Il participe ensuite à la première guerre mondiale et se retrouve dans les tranchées. Après la guerre, il publiera de nombreux recueils. Lord Dunsany est aujourd’hui considéré comme l’un des créateurs de la fantasy. Contes d’un rêveur a été publié en 1910 est donc un de ses premiers recueils.

Références

  • Préface de Max Duperray
  • Traduction d’Anne-Sylvie Homassel
  • Terre de Brume, collection Terres fantastiques, 2007, 143 pages.
  • Titre original : A Dreamers’ Tales, initialement publié en 1910.

Liens et sources