Nicolas Liau Quand je serai grand je serai mort

Nouvelles fantastiques et macabres

Note :
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L’argument

Ce recueil propose 16 nouvelles à l’accent 19ème siècle et au goût de mort. Certaines ont déjà vu le jour dans diverses revues (La salamandre, Éclats de rêves, Monk…). Une petite fille qui converse avec un pendu, une fontaine qui piège dans la glace les tourterelles, des âmes torturées prisonnières des arbres, une mourante qui joue de la viole dans les ruines d’un couvent, etc. Autant d’histoires singulières dont la mort est le thème central.

Ça commence comme ça

Elle me rend la monnaie. Je la lui arrache presque des mains, puis tourne les talons. Pas le temps de lui faire les yeux doux. Si j’avais eu un œil, là, au creux de la nuque, j’aurais pu surprendre son ricanement sournois. Mais le Très-Haut a choisi d’aveugler le verso de sa créature.
« Les rêveries du promeneur suicidaire »

Avis personnel

Le titre et la couverture laissent présager quelque chose d’étrange, d’ancré dans le macabre, mais plus encore. Après la lecture, je constate que cela est vrai ; qu’un plus donne au recueil une note spéciale. Peut-être est-ce ce côté « conte », avec ses « il était une fois » qui entament les récits, donnant un côté atemporel aux histoires. Ou bien est-ce la poésie qui s’échappe des mots et des images. Une poésie mélancolique, dans son sens le plus romantique (voir la préface à ce sujet). Une des plus belles images reste pour moi Le mouroir aux tourterelles et ses oiseaux pris au piège dans la glace, avec comme témoin un amour brisé.

Que vous le vouliez ou non, la mort vous rattrape inexorablement. Elle peut-être un geste voulu, d’amour et de désespoir. Ainsi, dans Et si tu m’aimes, tombes avec moi, deux jeunes femmes amoureuses décident de se donner la mort pour ne pas être séparées ; ou encore dans Trois petites goulées de mort pure, un jeune homme vivant avec un masque décide de retirer ce dernier et de mourir asphyxié par amour. Mais il y a aussi, par-delà la mort, une fatalité qui condamne les personnages. Dans La complainte des Xylanthropes, un homme qui part à la recherche de sa femme disparue, sombre dans la folie et l’horreur. Dans Le martyre des cendres, une femme parcourt le monde à la recherche désespérée des cendres vives de ses fils tombés malades suite à une chute dans des orties.

Une autre touche d’originalité de ce recueil est la nouvelle Les rêveries du promeneur suicidaire. Elle est disséminée en petits bouts à la fin de chaque nouvelle et offre une fin surprenante. Aussi, les titres des histoires sont des clins d’œil à d’autres œuvres. Quand je serai grand je serai mort est un très beau recueil à l’écriture riche et raffinée, pour des contes proches du 19ème siècle d’un Edgar Allan Poe.

Le grain de sable

C’est Claude Seignolle qui a poussé Nicolas Liau « à persévérer dans l’écriture et à rechercher un éditeur » (préface).

Gramophone

Chaostar pour le côté décadent de certains passages, et Anathema pour la mélancolie toujours présente.

Sur le mur


Ce tableau de Caspar David Friedrich intitulé Abtei im Eichenwald (Abbaye dans un bois de chêne) (vers 1809). Friedrich est un artiste bien apprécié de Nicolas Liau.

Dans la même veine

Les écrivains fantastiques du 19ème siècle.

A propos de Nicolas Liau

Né en 1982 dans le Berry, terre de légende, Nicolas Liau s’éprend du monde fantastique après la lecture de Bazaar de Stephen King. Il fait des études de Lettres Modernes et consacre son mémoire de maîtrise au vertige de l’espace chez Tolkien et Lovecraft dont vous trouverez la synthèse ici. Parmi ses influences, on citera Le Fanu et Maupassant, entre autres, et… les chats.

Références

  • Préface de David Dunais
  • Éditions Les 2 Encres, 2008, 149 pages.

Liens et sources