Richard Marsh Curios

Fantastique et mystère

curios

Note :
5/5
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L’argument

Huit nouvelles mettent en scène Messieurs Tress et Pugh, deux gentlemen collectionneurs de curiosités. Une pipe étrange, un phonographe hanté, un cabinet précieux, une icône qui cache un secret, un casse-tête mystérieux, une main coupée, un œuf de grand pingouin, une bague maléfique ; tels sont les objets qui composent les cabinets de curiosités des deux compères dont les querelles ne lassent pas nous amuser.

Ça commence comme ça

Randolph Crescent, N. W.
Mon cher Pugh,
J’espère que vous apprécierez la pipe ci-jointe. Elle constitue un curieux exemple de certaine tradition indienne de la sculpture, ainsi qu’un cadeau de la part de
Votre dévoué,
Joseph Tress

C’était très généreux de la part de Tress — vraiment très généreux ! D’autant plus qu’il n’était pas dans ses habitudes d’offrir des présents à quiconque, ainsi que je le savais bien. Et, à vrai dire, lorsque je vis de quelle sorte de pipe il s’agissait, j’en fus stupéfait. Elle reposait dans un coffret en bois de santal, lui-même décoré de remarquables gravures.

« La pipe »

Avis personnel

C’est en 1898 que parait le recueil Curios. Certaines de ses nouvelles sont parues plus tôt dans des revues. On y retrouve les collectionneurs Mr Tress et Mr Pugh qui, tour à tour, relatent une aventure liée à un objet digne d’un cabinet de curiosité. On retrouve tout à fait l’ambiance fin de siècle britannique !

Mystère, fantastique et humour sont les ingrédients clés de ces nouvelles. Mystère, avec les nouvelles La pipe, L’icône, Le casse-tête, L’œuf de grand pingouin et La bague. Un mystère qui flirte parfois avec le policier, comme dans Le cabinet où un humour subtil vient donner toute sa dimension à la nouvelle. Le mystère côtoie aussi le fantastique comme dans Le phonographe. Ici, Pugh croit que le phonographe qu’il vient d’acquérir est hanté par une femme assassinée…

Mais l’humour est la touche qui vient sublimer ces récits victoriens. La relation entre Pugh et Tress est comme une sorte de duel. Vainqueur sera celui qui aura la plus belle pièce, la plus belle collection. Et pour gagner, tous les coups sont permis ! Mais tout en finesse ; ce sont des gentlemen…

Une fois la lecture terminée, on aurait souhaité que quelques autres curiosités continuent de mettre en scène nos deux compères ! Deux bonus apportent un plus à ce recueil : une biographie de l’auteur et un article (Les Fileurs d’Histoires) paru en 1900 dans The Academy et qui s’amuse à rabaisser la littérature populaire et notamment Richard Marsh.

Gramophone

L’album A Blessed Unrest de A Parlour Trick. Une musique de chambre, hantée, avec des passages dark ambient. L’album est en écoute sur Bandcamp.

À propos de Richard Marsh

Richard Bernard Heldmann est né à Londres en 1857. Il se consacre assez tôt à l’écriture puis choisit le pseudonyme Richard Marsh. Ses récits occupent les pages de célèbres magazines comme The Strand et The Idler. Cet auteur prolifique (il publia 80 livres sur 20 ans de carrière) devient renommé dans le domaine du thriller victorien. Son œuvre la plus connue est Le Scarabée (The Beetle), paru la même année que le Dracula de Bram Stocker, en 1897.

Références

  • E-baskerville, ebook, traduit par Jean-Daniel Brèque, 2012 (disponible sur le site des Moutons Électriques)
  • Existe aussi en version papier chez Rivière blanche, 264 pages, 2011
  • Titre original : Curios, Some Strange Adventures of Two Bachelor

Liens et sources