Léa Silhol (dir.), Tanith Lee Emblèmes spécial n°1: Tanith Lee

Nouvelles et poèmes d’Imaginaire

Emblèmes spécial Tanith Lee

Note :
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L’argument

Une reine enfermée dans une tour, une forêt où il ne fait pas bon s’égarer, d’étranges poupées dans un Paris fantastique, une femme seule sur une planète abandonnée… Diverses nouvelles, de fantastique, de fantasy ou de science-fiction et quelques poèmes présentent le talent de Tanith Lee dans tout son éclat.

ça commence comme ça

La Reine blanche

« La reine blanche vivait dans une tour pâle, haut dans un jardin ombragé. Elle y avait été enfermée trois jours après la mort de son époux, le roi. Un tel destin était traditionnel pour certaines veuves royales. Tout autour, entre les verdures sombres du jardin sombre, s’élevaient de semblables tours pâles dans lesquelles de similaires reines blanches avaient été emmurées depuis des siècles. La plupart des prisonnières étaient à présent décédées. Occasionnellement, des voyageurs qui passaient sur la route en-dessous prétendaient avoir aperçu ou avoir cru apercevoir, une ou deux vagues formes squelettiques, dans une confusion sénile, regardant aveuglément depuis les hautes et étroites fenêtres, qui étaient les seules fenêtres que ces tours possédaient, par-dessus les cimes des arbres, vers les lointaines flèches de la ville. »

Avis personnel

Je ne connaissais pas Tanith Lee avant de découvrir quelques unes de ses nouvelles dans les différentes anthologies des éditions de L’Oxymore. Puis je lus ce numéro d’Emblèmes consacré entièrement à cette auteure. Et ce fut un véritable émerveillement ! Chaque texte est un vrai bijou, riche, bien écrit, porteur de sensations et de sentiments. Même l’horreur de la forêt monstrueuse dépeinte dans En Forêt Noire ne peut éteindre l’enchantement face à une telle imagination, une telle beauté dans l’écriture.

Outre ce style poétique, Tanith Lee sait comment atteindre le plus profond de notre âme. Crânes de poupées m’a ainsi beaucoup touchée, de même que Ce soir je peux dormir tranquillement (présenté également en version originale), tout deux sur le thème du bonheur que l’on souhaite, par-dessus tout, à ceux que nous aimons. La Rose du diable, qui pourtant ne possède aucun élément fantastique, m’a bouleversée et, il faut bien le dire, choquée, en particulier la chute. L’Homme qui vola la Lune et Je t’apporte l’éternité m’ont ensorcelée par leur atmosphère orientale merveilleuse digne des Mille et une nuits. Je t’apporte l’éternité m’a particulièrement plu de par son message plein de sagesse.

Chaque nouvelle et poème présenté dans cette anthologie sont de véritables joyaux. Les articles qui les suivent sont riches et particulièrement intéressants. Depuis, j’ai lu quelques autres textes de Tanith Lee, séduite par cet aperçu de l’incomparable talent de l’auteure, et je relis avec autant de plaisir ce superbe numéro d’Emblèmes.

Le grain de sable

Ce numéro spécial d’Emblèmes était vendu soit seul soit accompagné d’un livret, intitulé Livret Companion, où étaient proposés des textes déjà inclus dans le volume mais en version originale ou traduits (poème The Trees, article d’Estelle Valls de Gomis et interview).

Gramophone

Arcana – Inner pale sun

Sur le mur

Stephanie Pui-Mun Law – Silver

Stephanie Pui-Mun Law - Silver

Dans la même veine

Si vous avez aimé Emblèmes spécial n° 1 : Tanith Lee, vous aimerez Ecrit avec du sang (L’Oxymore, 2002), Le Dit de la Terre plate (Pocket, 5 volumes, 1988-1989), Red as blood or tales by the sister Grimmer (Daw Books, 1983), L’Opéra de sang (Pocket, 3 volumes, 1993-1995), Aradia (L’Oxymore, 2 vol., 2003-2004) et The Secret Books of Paradys (Overlook Press, 2007) du même auteur.

A propos de Tanith Lee

Née en 1947 à Londres, Tanith Lee aspire au métier d’écrivain depuis l’âge de neuf ans. Après ses études et un bref passage dans un cursus d’art, elle effectue divers métiers, tels assistante-libraire ou serveuse. C’est en 1971 que paraît son premier roman, The Dragon Hoard (Pan MacMillan). Il s’agit d’un roman pour enfants. Son premier roman de fantasy pour adultes, The Birthgrave (La Déesse voilée in La Saga d’Uasti – J’ai Lu, 2004), essuie de nombreux refus de la part des éditeurs britanniques avant d’être publié en 1975 par un éditeur américain, Daw Books.

Après sa troisième publication chez Daw Books, Tanith Lee quitte son travail pour devenir écrivaine à plein temps. En 1987, elle rencontre John Kaiine, un artiste et écrivain britannique. Ils se marient en 1992. Le couple demeure actuellement en Angleterre. Tanith Lee poursuit toujours sa carrière d’écrivain et possède déjà une bibliographie impressionnante. Elle a reçu de nombreux prix, dont le World Fantasy Award et le Prix Nebula. Elle a été sacrée « Princesse royale de la fantasy » par les critiques, bien qu’elle écrive également de la science-fiction, du fantastique et des livres pour enfants.

Tanith Lee

Références

Editions de L’Oxymore, 2004, 217 pages

Liens et sources

Site officiel de l’auteur (en anglais): Tanithlee.com
Site proposant une bibliographie complète et actualisée de Tanith Lee (en anglais) : Daughter of the night.com