Léa Silhol La Tisseuse : contes de fées, contes de failles

Nouvelles mythologiques et féeriques

Coup de cœur de La Lune Mauve

Note :
5/5
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L’argument

Fays, Yuki Onna, Gorgone, Parques, Banshee … telles sont les créatures légendaires que l’on peut croiser dans ces nouvelles. Des textes où la Mort est enfermée et où une jeune bergère grecque doit faire face à un choix décisif, où un Samurai subit la loi de l’hiver, où l’homme est confronté à son destin et tente de le contourner. Des textes liés par l’eau, élément omniprésent, qui ensorcellent, émerveillent et bouleversent.

ça commence comme ça

Quelque chose de fragile

Une empreinte. Dans l’herbe mouillée. Je sais.

Quelque chose de fragile, dans le petit matin. S’avance. Sur l’herbe embuée de rosée, dans l’ombre des bois, à travers la fissure de la lumière. S’avance. N’écoute pas le vent, qui détisse ses espoirs et les rend à l’informulé. A l’informel. A la trace impalpable. Quelque chose. Elle.
Elle soulève d’une main le pan de sa robe. L’ourlet hissé comme une voile. Au-dessus de la lisière de l’herbe mouillée. La frange frôle les sentinelles verticales. La fibre du dessus, la fibre du dessous.

Avis personnel

J’ai ouvert ce recueil en croyant connaître les mythes, les légendes. Les nouvelles de Léa Silhol m’ont fait comprendre que ce n’était pas le cas : sous sa plume, les dieux et autres créatures légendaires présentent un visage nouveau, et pourtant si véridique. Les phrases sont ciselées, à la limite de la poésie, et la magie des mots joue autant que la magie contenue dans l’histoire. Au-delà de cet émerveillement, il y a aussi des sentiments. Chaque texte m’a laissée hébétée, envoûtée. Chaque phrase a fait mouche. J’ai été touchée au plus profond de moi-même, touchée comme rarement je l’avais été par des textes.

Ainsi, La Loi du flocon est à la fois porteur de poésie hivernale et orientale mais aussi de réflexion. La façon dont Seppen affronte son destin m’a émue aux larmes. Un autre texte, En Tissant la trame, m’a bouleversée dans le sens où il explique que les mortels ne peuvent rien face au destin implacable et qu’à trop vouloir jouer avec on risque de tout y perdre. Enfin, La Gorgone enfant m’a marquée par la solitude de cette enfant si particulière, mais aussi par son acte et les possibilités qu’elle se crée, possibilités à la fois merveilleuses ou terribles, selon le choix qu’elle fera. Mais chaque texte est un joyau. Et à chaque relecture, à nouveau le miracle s’opère : la magie est là, le bouleversement aussi. La Tisseuse est un recueil qu’on savoure dans l’intimité, qu’on lit et relit sans se lasser car de nouvelles clés apparaissent au fur et à mesure, afin d’approcher de la compréhension de la trame que tisse Léa Silhol.

Le grain de sable

La Tisseuse est la réédition révisée des Contes de la Tisseuse (précédemment paru chez Nestiveqnen en 2000). Le sommaire est identique, excepté le triptyque final qui a été remplacé par une novella, Le Vent dans l’ouvroir.

Gramophone

Daemonia Nymphe, Krataia Asterope

Sur le mur

John Waterhouse, Invidiosa

John Waterhouse - Circe Invidiosa

Dans la même veine

Si vous avez aimé La Tisseuse, vous aimerez aussi Musiques de la frontière du même auteur (L’Oxymore, 2004), Il était une fée (L’Oxymore, 2000), Mythophages (L’Oxymore, 2004) et Emblèmes Hors Série n° 2 : Les Fées (L’Oxymore, 2004), anthologies dirigées par Léa Silhol.

A propos de Léa Silhol

Léa Silhol est née à Casablanca en 1967, un 3 janvier comme J.R.R. Tolkien. Elle arrive en France âgée de 6 mois. Passionnée par les chevaux, elle rêve de devenir officier Cadre Noir mais sa santé ne le permettra pas. A 9 ans, elle lit Le Lion de Joseph Kessel et cette lecture est une révélation : elle sera écrivain. Dès lors, elle ne cesse de griffonner dans des cahiers. Après des études d’Arts plastiques et de Lettres, au cours desquelles elle joue de la guitare basse et compose des chansons pour des groupes, elle travaille quelques temps dans une serre.

En 1995 elle fonde le Cercle d’Etudes Vampiriques avec des amis, association qu’elle dirigera pendant 5 ans. Sa première nouvelle paraît en 1997 dans le fanzine Requiem, édité par cette association. D’autres nouvelles suivent, dans divers supports puis, en 2000, son premier recueil de nouvelles est publié aux éditions Nestiveqnen : Contes de la Tisseuse. Elle contribue à créer les Editions de L’Oxymore, au sein de laquelle elle officie en tant que directrice littéraire. Son premier roman, La Sève et le Givre (L’Oxymore, 2002) a reçu le Prix Merlin comme meilleur roman Fantasy en 2003.

D’autres recueils de nouvelles paraissent par la suite : Conversations avec la Mort (L’Oxymore, 2003), La Tisseuse (L’Oxymore, 2004), Musiques de la Frontière (L’Oxymore, 2004). Ce dernier a reçu le Prix Imaginales en 2005, dans la catégorie Nouvelle. La suite de La Sève et le Givre, La Glace et la Nuit : Opus 1 Nigredo est parue en 2007 suivi de Avant l’Hiver en 2008, tous deux chez les éditions Les Moutons Electriques . D’autres parutions sont prévues.

Léa Silhol
Crédit photographique : Mad Youri

Références

Editions de L’Oxymore, 2004, 312 pages

Liens et sources

Site officiel de l’auteur : Unseelie.net
Site officiel de fans : Tisseuse.org