Léa Silhol (dir.) Vampire, portraits d’une ombre

Recueil d'essais vampiriques

Couverture de « Vampire, Portrait d'une ombre » de Léa Silhol

Note :
4/5
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L’argument

Le vampire, depuis sa consécration avec le Dracula de Bram Stoker, est devenu un archétype du fantastique. Mais c’est une figure complexe, aux visages multiples.  A l’occasion du centenaire de la publication du célèbre roman de Stoker, des spécialistes du vampire se sont penchés sur la question en donnant plusieurs conférences. Leurs productions sont réunies dans cet ouvrage, où l’on découvre les origines du vampire, la genèse de l’oeuvre de Stoker, la présence du vampire dans la littérature moderne et au cinéma, l’analyses de l’une de ses particularités (son absence de reflet), et même la présence d’autres suceurs de sang dans les lointaines terres orientales ou dans la publicité.

Ça commence comme ça

Avant propos

De l’étoffe dont nos ténèbres sont faites par Léa Silhol

En 1997 le monde a fêté le centenaire de la publication du Dracula de Bram Stoker et deux aspects frappants qui embrassent le mythe du vampire en entier se présentent à cette occasion à nos yeux. D’abord l’universalité de l’engouement que la figure du vampire exerce : tout l’occident, de l’Allemagne aux Etats-Unis a pris part à cette célébration. D’autre part la diversité de formes d’expression que le thème lui-même peut assumer. Aujourd’hui parler de vampire c’est lier ensemble, par une même chaîne, l’anthropologie, la mythologie, la littérature, la sociologie, les arts plastiques, le cinéma, la musique et la médecine. C’est écouter dans la même foulée le cinéaste underground et l’universitaire, poser nos yeux sur un tableau préraphaélite ou des prothèses de crocs en résine.

Avis personnel

Je ne suis pas, de base, une fanatique de la figure du vampire. Mais en tant que grande amatrice du genre fantastique, je m’étais bien entendu déjà penchée sur quelques livres et films où le vampire avait la part belle. Et cet attrait pour le fantastique se doublant d’un intérêt pour l’analyse et la symbolique, c’est avec enthousiasme que j’ai ouvert Vampire, portraits d’une ombre dont la 4e de couverture promettait des analyses par des spécialistes sous divers angles d’approche.

Et l’ouvrage tient ses promesses ! Raymond McNally et Alain Pozzuoli nous parlent de la genèse de Dracula, le plus célèbre des vampires. Le premier évoque les racines historiques du personnage et le second replace sa création dans le parcours de son auteur, Bram Stoker. Deux fort intéressants articles qui se rejoignent. Greg Silhol nous parle des suceurs de sang orientaux, promenade aussi terrifiante qu’originale.  Katherine Ramsland et Léa Silhol décortiquent l’oeuvre d’écrivaines féminines et la symbolique de leurs créatures aux dents longues, dans des articles qui retracent à merveille les apports de ces écrivaines, analysés avec grande finesse. Laurence Coumes étudie la place de la femme dans le mythe vampirique – un article passionnant et édifiant ! Et ce ne sont là que des exemples.

Véritable mine d’informations, Vampire, portraits d’une ombre est aussi un régal pour les yeux : beauté des rares illustrations, langage à la fois érudit et abordable, très agréable, et parfois même doté d’une pointe d’humour.

Bien sûr, pour les lecteurs d’aujourd’hui, il paraîtra incomplet : paru en 1999, soit des années avant l’essor de la bit-lit et autres dérivés de Twilight, avant même la parution de ce dernier, Vampire, portraits d’une ombre ne traite donc pas de cette nouvelle vague.

Malgré tout, il reste un ouvrage encyclopédique essentiel, riche en éléments pertinents et rédigé par des sommités du genre (tel Jean Marigny, par exemple). Idéal pour les novices en vampirisme, il sera tout autant apprécié par les férus de vampires par ses nombreuses qualités.

Le grain de sable

Cet ouvrage fut le premier publié par les éditions de L’Oxymore. Bien qu’orientée vers l’imaginaire en général, la maison d’édition (qui a fermé depuis) a publié divers autres ouvrages sur les vampires, fictions comme essais.

Gramophone

Terribillis de Rosa Crux

Sur le mur

Cette image extraite du film Nosferatu de Murnau (1922), où l’on voit l’ombre de la créature se découper sur le mur…

Dans la même veine

Si cet ouvrage vous a plu, vous aimerez Dracula : le lexique du vampire d’Alain Pozzuoli (L’Oxymore, 2005), consacré au célèbre comte. Egalement, Bit-Lit ! L’amour des vampires (Les Moutons électriques, 2010, dirigé par Sophie Dabat) sur le courant moderne de la bit-lit. Deux autres essais sur le thème du vampire vous intéresseront aussi très certainement : La fascination des vampires de Jean Marigny (Klincksieck, 2009)et Histoire des vampires de Claude Lecouteux (Imago, 2009).

A propos de Léa Silhol

Léa Silhol est née à Casablanca en 1967 et arrive en France âgée de 6 mois.  A 9 ans, elle lit Le Lion de Joseph Kessel et cette lecture est une révélation : elle sera écrivain. Dès lors, elle ne cesse de griffonner dans des cahiers. Après des études d’Arts plastiques et de Lettres, elle fonde avec des amis le Cercle d’Etudes Vampiriques en 1995, association qu’elle dirigera pendant 5 ans et qui édite le fanzine Requiem. C’est dans ce dernier que paraît en 1997 sa première nouvelle. D’autres textes suivent dans divers supports puis, en 2000, son premier recueil de nouvelles : Contes de la Tisseuse (Nestiveqnen). Léa Silhol contribue à créer les Editions de L’Oxymore, au sein de laquelle elle officie en tant que directrice littéraire. Son premier roman, La Sève et le Givre (L’Oxymore, 2002) a reçu le Prix Merlin du meilleur roman Fantasy en 2003. Léa Silhol a aussi publié d’autres recueils de nouvelles : Conversations avec la Mort (L’Oxymore, 2003), La Tisseuse (L’Oxymore, 2004), Musiques de la Frontière (L’Oxymore, 2004, Prix Imaginales 2005, catégorie Nouvelle), Fo/véa (Le Calepin Jaune, 2007) et deux autres romans faisant suite à La Sève et le Givre, La Glace et la Nuit : Opus 1 Nigredo (2007) et Avant l’Hiver (2008), tous deux chez les éditions Les Moutons Electriques.

(crédit photographique : Mad Youri)

Références

Editions de L’Oxymore, 1999, 234 pages