Roland Marx 1888, Jack l'Éventreur et les fantasmes victoriens

Essai historique

Note :
4/5
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L’argument

En 1888, Jack l’Éventreur sévit à Whitechapel, un quartier pauvre de Londres. Un intérêt immense saisit alors la société victorienne de l’époque. En analysant cette dernière, ce livre tente d’apporter des éléments de compréhension du phénomène Jack, à défaut d’en savoir plus sur l’identité de celui que l’on nomme « The Ripper ».

Ça commence comme ça

En 1888, Londres connaît une grande frayeur : elle se nomme « Jack the Ripper ». S’il est un mythe criminel qui a bien supporté les épreuves du temps, c’est bien celui de Jack l’Éventreur. Il ne se passe guère de décennie, depuis 1888, sans que toutes les sortes d’écrits, dont le théâtre, et très vite le cinéma, pour ne rien dire des savantes études psycho-sociologiques, ne tentent de jeter une clarté plus ou moins nouvelle sur un mystère irritant.

Avis personnel

À la lecture du titre, on s’attend à un essai sur Jack l’Éventreur avant tout, mais il n’en est rien. Et l’auteur s’en explique très bien. De ce mystérieux Jack, l’on se sait pas grand-chose, si ce n’est les crimes qu’il a commis. C’est donc en analysant la société dans laquelle il évolua que l’auteur tente de comprendre non pas le personnage, mais le mythe qu’est Jack. Quels sont les facteurs qui déclenchèrent cet « engouement » pour ce personnage ?

Pour répondre à cette question, l’auteur analyse d’abord les facteurs propices à un déclenchement de grandes peurs : l’urbanisation, la densité de population, les conditions de vie des plus pauvres, la maladie, la prostitution… Il met ensuite en lumière les « barrières » contre ces peurs : l’image exemplaire de la reine Victoria, la religion, le travail… Il explique également la faiblesse de ces barrières avec comme toile de fond la crise économique et sociale que traverse l’Angleterre victorienne en cette fin de siècle. Une partie succincte est bien sûr dédiée à Jack l’Éventreur, ses crimes, les hypothèses sur sa personne et l’engouement de la presse.

Ce court essai (189 pages) est idéal pour embrasser d’un coup d’œil la société victorienne. La lecture est fluide et toujours intéressante. Une chronologie thématique nous aide à nous remettre dans le contexte de la lecture. À défaut de pouvoir donner une identité personnelle à Jack, l’auteur tente de lui conférer une identité sociale ; c’est ainsi que se conclut le livre.

Gramophone

Opportunistic Thieves of Spring de A Forest of Stars

Sur le mur

Cette illustration de Gustave Doré intitulée Over London by Rail, parue dans l’ouvrage London de Louis Énault en 1876.

Dans la même veine

Un essai sur la société victorienne.

À propos de Roland Marx

Né en 1933 et décédé en 2000, Roland Marx était historien et professeur à l’Université de la Sorbonne. Il a écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire moderne de la Grande-Bretagne, son domaine de prédilection.

Références

  • Éditions Complexes, 2007, 189 pages.

Liens et sources