Arnaud Luphenz Les Crépusculaires

Poèmes à l'obscure clarté

Couverture de "Crépusculaires" d'Arnaud Luphenz

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L’argument

Cent poèmes en demi-teintes, ni tout à fait noirs, ni tout à fait lumineux. Cent poèmes en vers et en prose aux couleurs  du crépuscule, avant que la nuit tombe, avant que les ténèbres ne prennent possession du monde.

ça commence comme ça

Abat-jour (2008)

De la cathédrale à l’abattoir,
Les bestiaux s’obstinent à croire
Aux voeux de leur étoile filante,
A la bougie cramée des évidences.

Il serait malvenu et pathétique
De disserter sur les raisons
De l’aboulie des continents,
Sur l’ivresse de nos friches.

Le calice entre des mains ridées,
Le jour du seigneur en longue-vue,
Il est inutile d’insister, belle Vacuité,
Sur les racines et les ailes de parvenus.

Si la morgue est le miroir du salut,
Les certitudes sont le reflet des anges;
Leur baiser devrait rendre silencieux
Et la lumière transcender les sceptiques.

Avis personnel

Crépusculaires rassemble cent poèmes, en vers et en prose. Le titre exprime la couleur du recueil : des poèmes enténébrés, au contenu triste et violent. Pourtant, de temps en temps, un poème lumineux éclaire cette obscurité. Ce n’est pas la nuit complète, c’est bel et bien le crépuscule, et quelques rayons de soleil s’attardent encore.  Il en est ainsi de Danse stellaire, d’En déshérence et de La Nymphe des étoiles, qui forment des petites parcelles lumineuses dans l’atmosphère sombre du recueil.

Certains poèmes se montrent simplement doux-amer, tels La cinquième saison ou La cité des reflets. Les mots sont agencés de telle manière qu’il semble que c’est une musique des ténèbres qui s’écoule, tout au long du recueil. Parfois même, on peut distinguer une critique de notre société contemporaine, comme dans L’homme de paille ou Le sacre. D’autres poèmes se déroulent dans une sorte d’atemporalité, ou dans un univers médiéval imaginaire.

Variété des époques, mais pas de variété des atmosphères : mélancolie, amertume, tristesse, violence, folie douce… sont majoritaires. Ici et là, une touche d’ironie, comme dans L’Ogre du Morvan, permet de ne pas se sentir oppressé. Crépusculaires est un recueil à lire à petites doses, pour ne pas se laisser empoisonner par l’atmosphère délétère distillée mais aussi pour mieux savourer la musicalité des mots.

Le grain de sable

Chaque poème est accompagnée de sa date de création ainsi que, dans certains cas, d’une note expliquant ce qui l’a inspiré ou ce qu’il inspire. Une intéressante façon de suivre le processus créatif de l’auteur.

Gramophone

L’Adagio pour cordes de Samuel Barber

Sur le mur

Un objet : une pierre d’un noir profond, aux arêtes coupantes.

Dans la même veine

Le recueil de nouvelles Beau temps pour un poison, du même auteur (Edifree, 2009), où l’on retrouve des nouvelles à la prose musicale et à l’atmosphère ténébreuse. Le recueil de poèmes Les Fleurs du mal de Baudelaire (Folio, 2004) vous plaira également, car ses ambiances douces-amères, délétères et lumineuses, tiennent aussi du crépuscule.

A propos d’Arnaud Luphenz

On sait peu de choses à propos d’Arnaud Luphenz. Il avait dix ans lors de ses premiers écrits, avant de connaître une longue période de non-écriture. Il est revenu par la suite à l’écriture et a publié le recueil de nouvelles Beau temps pour un poison en 2009 chez Edifree. Parmi ses influences, il cite Baudelaire, Mallamré, Bashung ou encore René Char.

Références de l’ouvrage

Crépusculaires, Edifree, 2009, 128 pages.

Liens et sources :

Le site de la librairie en ligne Edifree, où se procurer l’ouvrage.

La critique de Beau temps pour un poison sur La Lune Mauve

La page Myspace d’Arnaud Luphenz