Étienne Monnier Méchants rêves, l'enfant-haine

Prose désaxée

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Note :
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L’argument

Une petite âme noire enfermée et tremblante se cogne contre les murs de sa prison, se cogne contre la vitre, les autres, contre le monde et éructe, crie, hurle tout en déroulant le monde, pointant malgré elle ses fulgurances et ses beautés dans ses recoins les plus insignifiants.

Genre littéraire

Poème en prose narratif et désaxé. Une histoire de poésie, une poésie dans l’histoire en ligne courbe, vers une chute finale.

Ça commence comme ça

Les feuillets qui vont suivre font le texte que tu as décidé de lire, éclats noirâtres d’une branche sans bourgeons tombée morte d’une étoile, éparpillés dans ta main, fumant encore. L’impression des insomnies, des labyrinthes, douloureux toujours une fois qu’on y est. Est-ce toi?

Avis personnel

La poésie, qui est au passage un fort vilain mot, se laisse difficilement attraper par la peau du cou. Les gens passent au travers sans même y penser. Et puis, parfois, une exception luit dans la pénombre, car l’esprit qui habite le poème crie et geint, comme une hantise, bien particulière, tangible et saisissable.

C’est ainsi que vous pourrez toucher du doigt la méchante petite voix qui habite ce long poème en prose, une voix capricieuse et violente, pleine de déraison, petit spectre décharné qui traîne au long des pages ses hardes et sa hargne sans se rende compte de la beauté qu’il soulève dans la poussière.

Méchants rêves l’enfant-haine est une histoire. C’est ce qui agite votre curiosité. Vous le voyez dormir, rêver, marcher, courir. Vus de vos yeux vus la méchante petite bête. Vous vous souvenez aussi d’avoir vibrer tout comme lui sous les passions adolescentes difformes et amères, l’immense cacophonie du monde, le déséquilibre, la haine, le nombrilisme de chambre et la volupté des voix qui chuchotent dans le noir.

Une poésie du corps, du sang, de la chair, des égratignures. Une poésie du corps, oui, mais un corps qui se bat contre les murs, contre le temps, contre les autres et qui rêve d’explosion, ou d’implosion selon son humeur. Vos mains ont tremblé aussi. Vous compatirez peut être si vous vous souvenez de ce temps là. Vous vous sentirez transportés, encore, sur ce flot d’énergie noire : les tourments du « je » déchirant sa misanthrope solitude.

C’est un méchant rêve, une méchante claque dont on se éveille un peu plus vivant, un peu plus conscient, voyant et aux aguets.

C’est ainsi que devrait être la poésie.

Le grain de sable

Méchants rêves, l’enfant-haine est un texte de jeunesse de l’auteur qui est plutôt admirateur de Christian Bobin: une référence assez étonnante au vu de la tonalité du texte.

Gramophone

L’auteur ne m’approuverait sans doute pas, mais je verrais bien son méchant petit personnage pogoter sur du Marilyn Manson : Coma white, Marilyn Manson, Mechanical Animals.

Sur le mur

Un Francis Bacon, étude pour un pape 1954, pour ses tonalités bleu,  le chaos du corps et le cri.

bacon etude pour un pape 1954

Dans la même veine

Difficile de trouver un poète contemporain connu qui écrive dans la même veine que ce texte d’Etienne Monnier, mais peuvent sourdrent des références à Artaud, ou Rimbaud, juste en filigrane.

A propos d’Etienne Monnier

Etienne Monnier est un jeune poète. Méchants rêves l’enfant-haine est son premier recueil. Un prochain recueil, plus apaisé, est en préparation. A noter que le poète a un homonyme, poète lui aussi, mais dans un tout autre genre.

Références de l’ouvrage

Méchants rêves, l’enfant haine d’Etienne Monnier, Illustrations de  Claire Corbin, 2004, Editions Donner à voir, 48 pages

Liens et sources

Le site des éditions Donner à voir, spécialisées dans la découverte et la promotion de nouveaux talents poétiques.