Edwin A. Abbott Flatland

Roman de science-fiction géométrique

Couverture de "Flatland" d'Edwin A. Abbott

Note :
3/5
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L’argument

Flatland est un pays en deux dimensions où demeurent Triangles, Cercles, Droites et autres figures géométriques. C’est aussi là que vit un respectable Carré, qui prend plaisir à nous faire découvrir son monde. Mais sa vie bien rangée est un jour bouleversée par l’apparition d’une Sphère, objet en trois dimensions.

Ça commence comme ça

Flatland n’est pas le véritable nom de notre monde, mais c’est celui que je lui ai donné pour que vous en ayez une idée plus précise, heureux lecteurs qui avez la chance de vivre dans les Trois Dimensions.

Imaginez une immense feuille de papier sur laquelle Droites, Triangles, Carrés, Pentagones, Hexagones et autres figures, au lieu de rester fixes, se déplaceraient en toute liberté, à la surface ou dans la surface, mais sans pouvoir prendre de hauteur ni s’enfoncer dans les profondeurs, semblables en cela à des ombres – mais des ombres dures et cernées d’un bord lumineux : vous aurez alors une idée assez précise de mon pays et de ses habitants. Hélas, il y a quelques années encore, j’aurais dit « de mon univers », mais à présent mon esprit voit les choses de plus haut.

Avis personnel

Je me suis mise à lire Flatland après en avoir entendu parler comme l’un des premiers romans de science-fiction, mais aussi comme ouvrage recommandé à la fois aux étudiants en sciences et aux personnes réfractaires aux mathématiques. Un tel paradoxe m’a interpellée et, étant moi-même peu douée en cette matière, je me suis lancée avec curiosité dans ce petit livre.

Le roman est partagé en deux : dans une première partie, le narrateur, Carré de son état, nous décrit les us et coutumes de Flatland. Dans une deuxième partie, il partage ses impressions quant à l’apparition de la Sphère et sa découverte de mondes en une, puis trois, puis aucune dimension. Le tout, schémas à l’appui.

Si quelques rudiments en géométrie me semblent nécessaires pour bien se représenter ce monde original, il est vrai que la lecture est non seulement facile, mais très agréable, que nous soyons doués en sciences ou pas du tout. Certains passages sont même amusants car, au-delà du discours du Carré, nous percevons la satire de l’époque victorienne de l’auteur. Flatland est aussi une allégorie religieuse, ce qui ne surprend pas vu qu’Edwin Abbott étudiait la théologie.

Mais le thème principal concerne bien évidemment notre perception du monde. Et s’il existait des mondes de quatre, cinq, six, x dimensions ? Comment les percevrions-nous ? Serions-nous même simplement capables de les entrevoir ? Ce genre de questions tournera longtemps dans vos têtes après la lecture de Flatland et si, d’aventures, vous avez à faire à de la géométrie, peut-être rencontrerez-vous ce charmant Carré avide de savoir.

Le grain de sable

Flatland a été adapté trois fois en courts-métrages, en 1965, 1985 et 2007. Une adaptation en long-métrage d’animation est récemment parue aux Etats-Unis, en janvier 2007, par Ladd Ehlinger Jr.

Gramophone

Arcana, Lovelorn

Sur le mur

Albrecht Dürer, Melancholia (1514)

Albrecht Dürer - Melancholia

Dans la même veine

Si vous avez aimé Flatland, vous aimerez aussi Alice au pays des merveilles (Librio, 2004) et Alice à travers le miroir (Librio, 2002) de Lewis Carroll.

A propos d’Edwin A. Abbott

Edwin Abbott Abbott est né en 1838 en Angleterre. Fils d’un directeur d’école, il suit de brillantes études à l’université de Cambridge. En 1865, il devient directeur de la City of London School. Il quitte ce poste en 1889 pour se consacrer à l’écriture et à la théologie. Il publie ainsi divers romans religieux, de façon anonyme : Philochristus (1878), Onesimus (1882), Sitanus (1906). Il fait également paraître St Thomas of Canterbury, his death and miracles (1898) et Flatland : a romance of many dimensions (1884, disponible aux éditions 10/18). Il meurt en 1926.

Edwin A. Abbott

Références

Editions 10/18, 1996, 156 pages

Liens et sources