Alexis Lorens Les Loups de Kharkov

Polar mouvementé

Couverture des "Loups de Lharkov" d'Alexis Lorenz

Note :
2/5
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L’argument

1936. Une jeune femme est retrouvée morte à Paris, mutilée et vidée de son sang. Il s’agit d’une danseuse, la première victime d’une série de meurtres sanglants. L’inspecteur Xavier Kerlann aura fort à faire pour identifier, et surtout capturer, le meurtrier.

ça commence comme ça

Prologue

Paris, dimanche 22 novembre 1936

Il était cinq heure trente lorsque Paul Le Tellier arriva à la gare du Nord afin de prendre son service. Il accrocha sa bicyclette avec une chaînette autour du poteau central du vestiaire des employés. Malgré de nombreuses années d’utilisation, l’engin était dans un état irréprochable grâce aux soins que lui prodiguait Paul quotidiennement. C’est qu’il y tenait comme à la prunelle de ses yeux, à cette brave bicyclette. Chaque fois qu’on le complimentait à son sujet, il ressentait une certaine joie.

Avis personnel

La couverture et le résumé des Loups de Kharkov sont des plus alléchants et, une fois le livre ouvert, je suis aussitôt emportée avec délices dans l’histoire. L’action démarre sur les chapeaux de roue, l’écriture d’Alexis Lorens nous dépeint des personnages intéressants… je m’attends à dévorer l’ouvrage d’un seul coup mais, hélas, cela se gâte par la suite.

Je n’ai rien à redire à l’histoire en elle-même, le déroulement des événements se partage habilement avec des flash-backs pour mieux faire durer le suspense et l’action s’accélère en emportant avec elle le lecteur. Le tout offre un polar très bien mené. Par ailleurs, l’auteur s’est soigneusement documenté sur l’époque où se déroule son récit, le rendant d’autant plus réaliste.

Là où le bat blesse, c’est au niveau de l’écriture. Le début m’avait pourtant bien accrochée, mais la suite du récit contient parfois des tournures de phrases qui m’ont semblé plus brouillonnes, des dialogues qui me paraissaient parfois un peu trop surfaits. La typographie m’a également gênée :  était-il si nécessaire de mettre en italique chaque nom de bâtiment d’époque ou chaque mention des Loups de Kharkov? Ce style variable et cette typographie ont contribué à me laisser détachée du sort qui pouvait bien arriver aux personnages, et donc à me laisser en dehors du récit. Ce que je regrette beaucoup, l’histoire en elle-même ne comportant aucune faille et ayant beaucoup d’intérêt.

A réserver, donc,  aux amateurs de polar et d’ambiances d’époque qui se délecteront sans doute plus que moi de cet ouvrage.

Le grain de sable

La pathologie dont souffre certains personnages est réelle et aurait alimenté le mythe du vampire : l’auteur a glissé une note à ce sujet en fin d’ouvrage.

Gramophone

Des chansons des années 30-40, pour se mettre dans l’ambiance du récit.

Sur le mur

Commissariat de police, Paris, 1933 par Brassaï

Dans la même veine

Le tout dernier opus de Fred Vargas, Un lieu incertain (Editions Viviane Hamy, 2008), mêle lui aussi étrange, polar et mythe du vampire, le tout avec la plume talentueuse de cette écrivaine inclassable.

A propos d’Alexis Lorens

Né en 1970, Alexis Lorens s’est engagé à 19 ans dans la Marine nationale et réside actuellement en Bretagne. Il a publié son premier roman, Le Long des sentiers obscurs, aux éditions Nuit d’Avril en 2006.  Il est éditeur aux éditions du Riez.

Références

Edition Le Petit Caveau, 2010, 199 pages

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