Gérald Duchemin La Maison-Livre

Fantastique

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Note :
5/5
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L’argument

En vue d’acheter une maison, Georges Malaga visite une demeure curieuse où le blanc recouvre le moindre espace. L’étrangeté de cette maison le pousse à entrer dans une pièce où il découvre un curieux cocon… animé d’une vie. Ce dernier commence alors son récit hanté autour de ses ennemis : les livres.

Ça commence comme ça

Il hésita, puis ouvrit la porte, et entra.
Une fraîche odeur de papier peint imprégnait le vestibule.
Il n’avait jamais vu tant de blancheur cumulée en un si petit endroit. Les murs comme la fenêtre, le plafond comme le sol, imposaient une lumière de début de monde. Elle aveuglait.

Avis personnel

Gérald Duchemin nous gratifie à nouveau d’un livre comme on les aime chez lui : un scénario très étrange et plein de bizarrerie, le tout avec cette écriture piquée de quelque grain de génie.

A travers cette histoire, il met à l’honneur les livres. Il montre à quel point ils ont une place importante dans la vie de ceux qui les aiment. On se sent plus d’une fois concerné par ses descriptions… Les livres sont partout ; même ceux qui ne lisent pas en ont forcément un chez eux. Et dans le cas du narrateur (le cocon), les livres ont fini par envahir l’espace entier de sa vie…

C’est une véritable histoire fantastique que l’auteur tisse autour de cet amour des livres. Il leur donne la vie, leur attribue une âme. Ils vont à leur manière consumer tout entier le narrateur pour faire corps avec lui. Une histoire originale où toujours, on retrouve les éléments favoris de l’auteur : les livres bien sûr, le blanc et un chat.

A travers ce récit, Gérald Duchemin s’en donne à cœur joie pour lancer quelques critiques sur le monde littéraire. Il rend aussi hommage à certains auteurs. On retrouve en tête Baudelaire avec ses Fleurs du Mal (livre qui a « piégé » le protagoniste), Bram Stocker, Edgar Poe, mais aussi Léa Silhol, Mélanie Fazi et Franck Ferric, entre autres. L’auteur n’a pas la langue dans sa poche et tant mieux.

Son écriture, imprégnée d’un 19ème siècle n’en possède pas moins un modernisme surprenant. Une écriture bien à lui qui fait la singularité de cet auteur. De plus, le récit est énergique et nous emmène quasiment non stop au bout des 230 pages. En somme, un vrai plaisir. La Maison-Livre est donc une petite pépite unique en son genre, dont l’édition est fort soignée, comme toute les parutions du Chat Rouge. Les amoureux des livres y trouveront leur compte…

Sur le mur

Rien : juste un mur blanc immaculé

Dans la même veine

Je ne saurais quoi conseiller tant l’oeuvre de Gérald Duchemin est unique. Pour faire dans la facilité, je vous conseillerais simplement deux autres de ses œuvres. La novella La Laiteuse et son Chat (rééditée chez les Éditions du Chat Rouge) : on y retrouve cette blancheur obsédante. Puis, Carmélia qui donne vie également à un objet inanimé, en l’occurrence, un appartement…

À propos de Gérald Duchemin

Gérald Duchemin est né en 1968 dans les Cévennes. C’est à l’âge de 21 ans qu’il se découvre une passion pour la littérature. Après des études en droit, il oriente son cursus vers une maîtrise de Lettres et prend goût pour l’écriture. Parmi ses auteurs de prédilection, on peut citer Cioran, Poe et Baudelaire.

Références

  • Éditions Le Chat Rouge, 2012, 230 pages.

Liens et sources