Jean-Philippe Jaworski Gagner la guerre

Fantasy politique

Couverture de « Gagner la guerre »

Note :
5/5
8 votes, average: 4,25 out of 58 votes, average: 4,25 out of 58 votes, average: 4,25 out of 58 votes, average: 4,25 out of 58 votes, average: 4,25 out of 5 (8 votes, average: 4,25 out of 5)
You need to be a registered member to rate this.
Loading...

L’argument

Dans le contexte de la guerre contre Ressine, Benvenuto Gesufal, maître assassin de la Guilde des Chuchoteurs, se voit confier une mission des plus ardues par le chef de la république Ciudalia, le Podestat Ducatore.

Ça commence comme ça

A peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l’écume et les vagues. Encore convulsé par les hauts-le-cœur, j’ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l’océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Je n’ai jamais aimé la mer.

Avis personnel

Ce roman est d’une richesse inouïe à tous les niveaux. D’abord au niveau de l’action, qui ne traîne jamais en longueur, ce qui est plutôt un exploit pour un roman de 688 pages. Tout s’enchaîne à une vitesse incroyable, tout comme les pages qui défilent entre nos mains. Le héros (ou anti-héros ?) et narrateur, l’assassin Benvenuto Gesufal, se trouve aux milieu d’intrigues politiques et d’actions captivantes. Les scènes de combats, aussi bien que les discussions et actions politiques s’enchaînent brillamment. La lecture est époustouflante.

La richesse du roman vient aussi de la trame sur laquelle l’auteur a tissé son récit. Le lecteur érudit pourra voir certains parallèles entre l’histoire et la littérature et le roman. Batailles navales, scènes de combats, politique, médecine, les scènes décrites sont épatantes, tant au niveau du réalisme que de la précision et de la logique. Jean-Philippe Jaworski maîtrise parfaitement son sujet, ce qui contribue à rendre cette lecture si passionnante. Preuve que l’auteur a étoffé son récit jusqu’au bout, l’inclusion d’un langage propre aux assassins de la Guilde des Chuchoteurs à laquelle appartient notre narrateur. Il s’agit en fait de l’argot, pour lequel l’auteur a fourni un travail complexe pour l’adapter à un lecteur de notre époque.

Pour ce qui est du héros, ce tueur sans scrupules, cette crapule sans morale, ce Benvenuto qui poignarde, éventre, fracasse des mâchoires… il sait se faire attachant ! Voilà un autre exploit de l’auteur.

Un petit chef d’œuvre captivant du début à la fin, où de nombreuses choses restent à découvrir, comme les parallèles historiques ou les indices livrés par l’auteur dans des interviews.

Le grain de sable

Gagner la guerre a reçu deux prix : prix Imaginales 2009, prix du premier roman Région Rhône-Alpes 2009. Prix largement mérités après trois années de recherche et d’écriture. L’auteur a même assisté à un cours de traumatologie faciale.

Gramophone

Quelque chose qui dépote. Pour les amateurs de métal, je conseille Sons of the System de Mnemic.

Sur le mur

Un miroir… ceux qui ont lu le roman comprendront.

Dans la même veine

Janua Vera, recueil du même auteur contenant des nouvelles du Vieux Royaume (Gagner la guerre appartenant au même univers). Dans l’une de ces nouvelles, on retrouve Benvenuto. A noter que ce recueil sera réédité dans une version augmentée et paraîtra toujours chez les Moutons électriques le 16 avril 2010.

A propos de Jean-Philippe Jaworski

Né en 1969, Jean-Philippe Jaworski est professeur de lettres modernes à Nancy. Il est l’auteur de jeux de rôles dont Te Deum pour un massacre, basé sur les guerres de religion et publié en 2005. On lui doit aussi une nouvelle dans l’anthologie Mythophages parue aux éditions de l’Oxymore en 2004. Plus récemment, il a participé à l’anthologie Rois et capitaines parue fin 2009 chez Mnémos, avec une nouvelle mettant en scène une nouvelle fois le Vieux Royaume. Après son premier recueil de nouvelles Janua Vera paru en 2007, Gagner la guerre est son premier roman.

Photo : les Moutons électriques

Références

  • Les Moutons électriques, 2009, 688 pages.

Liens et sources