Jean-Marc Ligny La Mort peut danser

Voyage musical

Couverture de « La Mort peut danser » de Jean-Marc Ligny

Note :
4/5
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L’argument

De nos jours, Alyz et Bran, deux musiciens australiens méconnus (où l’on sent vite les ombres de Lisa Gerrard et Brendan Perry), s’installent dans un manoir irlandais du XIIe siècle, pour composer une musique pareille à nulle autre.

Parallèlement, en 1181, une jeune poétesse irlandaise, Forgaill, est accusée de sorcellerie…

Possession, envoûtement, liberté chérie, les deux histoires vont se mêler tel un entrelac, à travers les chants surnaturels de Forgaill et d’Alyz, au milieu des concerts enfiévrés, des légendes celtiques et des somptueux paysages d’Irlande.

Ça commence comme ça…

« Frontière
(Ceann Boirne, Munster, 1er novembre 1181)
Le bûcher était dressé face à la mer, au sommet de la falaise de Ceann Boirne (qui, bien plus tard, serait nommé Black Head). Le ciel était clair pour un 1er novembre : de l’autre côté de la baie, on distinguait des fumées qui montaient dans l’air pâle du matin : celles de Gaillimh – foyers ou incendies, qui savait ? Tant de malheurs étaient survenus…
»

Avis personnel

La Mort Peut Danser est un superbe voyage temporel et musical très inspiré, possédé par le chant et la folie, une balade aux échos celtiques et poétiques fort bien documentés, entre Dame Blanche et studios d’enregistrement…
La plume est claire et chantante, l’enchantement est immédiat, et la trame ne manque pas d’originalité. Le récit de Jean-Marc Ligny arrive à fusionner de manière inédite et très plausible le motif des filid, les poètes voyants, avec l’écho magique des musiques modernes. On ne demande qu’à suivre ces personnages en transe, ces deux femmes rebelles et porteuses de vérité inaudible, comme toutes les Cassandre… L’inexplicable magie de la musique, ce langage sans mots qui parle directement à l’âme, est ici finement développée, se jouant des contraintes sociales, humaines, et même temporelles. Un chant d’espoir et d’amertume, en forme d’hommage avoué au groupe le plus inclassable de ces dernières décennies, et plus spécialement à sa grande prêtresse, Lisa Gerrard.
Un roman pour ceux qui aiment l’atmosphère brumeuse des légendes celtes et la transe ambigüe des sons.

Le grain de sable

Le personnage d’Alyz dans ce roman serait à l’origine du nom de plume d’une certaine Alyz Tale…

Gramophone

Sans hésiter, tous les albums de Dead Can Dance (en particulier Aion et Mystical Rain), pour leur puissance évocatrice à ce jour inégalée.

Sur le mur

Arnold Böcklin, The Isle of the Dead. Pour les consonnances intemporelles, mystérieuses, poignantes.

Arnold Bocklin - Isle of the dead

Dans la même veine

Ce roman se pose au carrefour entre La trilogie des Elfes (Jean-Louis Fejtaine, chez Pocket) et Contes de la Fée verte (Poppy Z. Brite, éditions Denoël) en moins trash. Pour le glamour, la cohérence entre tradition et modernité, et le parfum de mythe, on pense très fort au recueil de nouvelles Musiques de la Frontière (Léa Silhol, L’Oxymore).

A propos de Jean-Marc Ligny

Jean-Marc Ligny est né en 1956. Parisien de naissance et breton d’adoption, ancien guitariste et écrivain prolifique, il représente une figure essentielle des Littératures de l’Imaginaire françaises. Il a en effet commis une trentaine de romans et plus de quarante nouvelles, la plupart dans la veine SF ou fantastique, et quelques polars (Le Cinquième est dément pour la série Le Poulpe, chez Librio) et romans pour la jeunesse. Plusieurs fois primé (Grand Prix de l’Imaginaire pour Inner City en 1997 (J’ai Lu SF), prix Rosny-Aîné pour Jihad en 1999 (J’ai Lu), prix de la Tour Eiffel pour Les Oiseaux de Lumière en 2001 (J’ai Lu) …), il évolue dans les univers SF, fantastiques, steampunk, et déploie une vaste saga de science-fiction avec son cycle Les Chroniques des Nouveaux Mondes. Mélomane fervent, on lui doit cet ouvrage inspiré par le mythique groupe Dead Can Dance, dont il reprend l’ambiance unique et ineffable, et dont on reconnaît les morceaux dans les titres des chapitres.

Références

Editions Denoël, 1994, 324 pages

Quelques liens

Les présentes informations sont issues du site officiel de Jean-Marc Ligny. On peut voir aussi le site-encyclopédie du cycle des Chroniques des Nouveaux Mondes, sans oublier le très beau site officiel de Dead Can Dance ainsi que leur page MySpace, pour quelques nouveaux frissons sonores…