Laurell K. Hamilton Anita Blake

Horreur policière

Anita Blake T.1 - Plaisirs coupables

Note :
4/5
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L’argument

Anita Blake est réanimatrice de zombies pour l’entreprise Réanimateurs Inc. et exécutrice de vampires pour l’État de la Nouvelle Orléans. Au fil des aventures, elle se trouve mêlée aux politiques vampires et garous de Saint-Louis, et intimement liée aux chefs des deux communautés : Jean-Claude, Maître de la Ville, et Richard Zeeman, Ulfric des loups-garous. Ces liens feront apparaître en elle de nouveaux pouvoirs et de nouvelles contraintes, influant profondément sur sa vie privée, sa vie professionnelle et sa foi.

Ça commence comme ça

Déjà longtemps avant sa mort, Willie McCoy était un abruti. Qu’il ait rendu l’âme ne changeait rien à l’affaire. Il était affublé d’une veste écossaise voyante et d’un pantalon vert criard, et ses cheveux noirs coupés court et lissés en arrière mettaient en valeur son visage osseux triangulaire.

Il m’a toujours fait penser aux seconds rôles des vieux films de gangster. Le genre de type qui vend des renseignements à la police, qui fait les courses pour tout le monde et dont on n’hésite pas à se débarrasser le moment venu.

Avis personnel

Vampires, garous, zombies, goules : dans le monde d’Anita Blake, les êtres surnaturels sont connus et reconnus. Les vampires et les garous sont soumis à un arsenal de lois dont le contenu varie selon l’État fédéral, et qui vont changer au cours des romans. L’Église catholique, quant à elle, a excommunié toutes les personnes qui travaillent contre ou avec les vampires, laissant le champs libre à l’Église épiscopalienne et à une nouvelle église, créée par et pour les vampires, l’Église de la Vie Éternelle.

Certes, la littérature sur les vampires regorge de plus en plus de ces enquêtrices qui non seulement possèdent des pouvoirs surnaturels, mais sont en plus aussi sexy que futées (quoique, cette dernière qualité est variable). Heureusement pour nous, le personnage d’Anita Blake se distingue de ses homologues par son absence totale de nunucherie. Elle nous fait même le plaisir d’être réellement complexe, quitte à nous taper parfois sur les nerfs.

Anita Blake a hérité de sa grand-mère mexicaine le pouvoir de nécromancie. Profondément croyante, elle a tenté de résister à ce pouvoir, mais si elle ne réanime pas régulièrement des morts, son pouvoir « déborde » et de charmants zombies qui n’avaient rien demandé se mettent à déambuler dans la ville.

Anita a fait quelques années d’études de biologie surnaturelle à l’université, avant d’être embauchée par l’entreprise Réanimateurs Inc., puis d’acquérir une licence d’exécutrice de vampire. Elle est souvent appelée comme experte ou/et comme exécutrice dans des enquêtes policières.

Son fiancé a rompu avec elle au bout d’un an, sur les conseils de sa mère qui trouvait qu’Anita n’était pas assez bien, ni assez blanche, pour sa famille. Orpheline de mère, Anita est aussi mise à l’écart par sa belle-mère, fière de ses propres enfants bien blancs.

Au début du premier tome, Anita Blake est déjà loin de ses débuts : elle est couverte de cicatrices et fait toutes les nuits des cauchemars, que seule sa collection de pingouins en peluche permet d’apaiser. Les huit premiers romans sont généreusement pourvus de descriptions dans lesquelles Anita explique ses choix vestimentaires et alimentaires en fonction de ses activités professionnelles. On ne s’habille pas comme on veut lorsqu’on porte deux holsters et plusieurs couteaux…

Et on ne mange pas n’importe quoi non plus avant d’arriver sur une scène de crime surnaturel, où la victime est toujours particulièrement amochée, voire réduite en bouillie.

Par ailleurs, travailler dans des milieux presque exclusivement masculins a modelé le comportement et le sens de la répartie d’Anita : les nombreux machos de ses aventures sont ainsi confrontés à ses piques verbales, ses insultes et même son flingue.

Anita Blake est un personnage foncièrement pragmatique et cynique, à l’instinct de survie exacerbé par ses emplois de réanimatrice et d’exécutrice.

Deux émotions centrales sont dévoilées au fil des tomes : la colère et le « bruit blanc » qui précède les moments où elle tue. Ces deux émotions, ou « péchés », tissent la plus grande peur d’Anita : la déshumanisation.

L’un des personnages secondaires reflète cette crainte de perdre son humanité : Edward, le tueur à gages aux yeux froids et aux méthodes infaillibles. Les discussions entre Anita et Edward, peu fréquentes sur l’ensemble des tomes, en révèlent souvent davantage que les éternelles disputes de l’héroïne avec ses amants. Anita est effrayée à l’idée que chaque enquête, chaque exécution, chaque meurtre porte atteinte à son âme et son salut.

Dans la mesure où Anita confond amour et mariage, sexualité et luxure, elle panique aussi quant au nombre croissant de vampires et garous de toutes sortes qui deviennent ses amants au fil des tomes. Et les bouleversements psychiques et spirituels qu’entraînent ses différentes relations amoureuses n’arrangent pas le tableau ni son état d’esprit.

On ne peut nier que les adversaires d’Anita Blake et les imbroglios métaphysiques dans lesquels elle se fourre, constituent un univers riche et passionnant.

Cependant, la nature de l’un de ses problèmes fondamentaux — son rapport à la sexualité — et les interminables développements que lui accorde l’auteure, transforme une bonne partie des intrigues et de chaque aventure d’Anita en tergiversations lassantes. Défaut qui s’atténue heureusement sur les deniers tomes, avec la maîtrise croissante de ses capacités par Anita. Il suffit de tenir bon pendant quelques livres.

L’ambiance sombre et la panoplie extrêmement variée de personnages font des romans de la série des incontournables du genre.

Le grain de sable

Le premier tome de la série aurait été refusé plus de deux cent fois avant d’être publié par Pinguins Books.

Gramophone

Doomsday Averted de Raputina (Frustration Plantation, 2004).

Dicton

One by one, the pinguins steal my sanity.

Dans la même veine

L’adaptation en comic book par Stacie M. Ritchie et illustrée par Brett Booth, éditée en France par Milady.

À propos de Laurell K. Hamilton

Portrait de Laurell K. Hamilton

Portrait de Laurell K. Hamilton

Laurell Kaye Hamilton est née en 1963 dans l’Arkansas, aux États-Unis.

Elle a mené des études d’anglais, de biologie et d’art dans des universités et des instituts catholiques privés. Elle fait partie du courant évangélique de la Wesleyan Church, où elle a rencontré son mari. Ses deux séries à succès mettent en scène des univers fantastiques ; les Anita Blake privilégient les vampires, les garous et les wiccans, et les Meredith Gendry le monde des fées et des elfes.

Références

Les tomes 1 à 9 ont été publiés en France par Pocket et Fleuve Noir. Depuis 2009, les éditions Bragelonne les ont repris et ont publié la suite, dans la collection Milady. En tout, dix-huit romans sont disponibles en français aujourd’hui, trois autres sont annoncés pour 2013-2014.

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