Lydie Blaizot La Maison de Londres

Parodie vampirique sérieuse

Couverture de "La maison de Londres" de Lydie Blaizot

Note :
4/5
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L’argument

Rupert Haversham, Arthur Ruterford et Hubert Michel, vampires de leur état et surnommés « les trois mousquetaires » par leur chef, dirigeant de la Maison de Londres, sont chargés d’éduquer un jeune vampire, Donald Crump, créé illégalement. Mais celui-ci provoque de multiples catastrophes alors que la Maison de Cardiff, ennemie de la Maison de Londres, se lance dans une nouvelle attaque. Les ennuis ne font que commencer…

Ça commence comme ça

Mardi 23 Juillet 1895, au Nord de Londres

Arthur Ruterford était agenouillé au sol et contemplait son oeuvre avec circonspection. Les cinq bâtons de dynamite, attachés ensemble et placés dans un petit trou au pied de la paroi rocheuse, lui semblaient tout à coup un peu chiches pour valider son expérience. S’il se référait aux documentations compulsées sur le sujet, cette quantité était suffisante. Il décida donc de la maintenir, malgré son appréhension.

Avis personnel

La quatrième de couverture promettait un roman humoristique. Et c’est en effet le cas! Mais ne vous attendez pas à du délire à tout crin. Car ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman que j’ai dévoré d’une traite, c’est que l’auteur a su doser à merveille l’humour dans son intrigue, offrant ainsi un ouvrage où rire et  suspense se succèdent en toute harmonie.

Les trois personnages principaux sont présentés dès le départ et très vite attachants. Chacun a ses petites manies et son caractère, chacun a aussi, comme on le découvre plus tard, ses failles. L’irruption de Donald Crump donne lieu à toute une série de catastrophes, parfois drôles, parfois plus graves. Mais, surtout, l’auteur a pris particulièrement plaisir à démonter les codes habituels du mythe vampirique au travers de cet énergumène. Chez Lydie Blaizot, les vampires ne sont pas des accros au sang, ni des créatures au romantisme exacerbé. Certains vivent même comme M. et Mme Tout-le-monde. Une vision agréable, drôle et rafraîchissante!

L »intrigue ne se concentre pas uniquement sur Donald Crump et n’est pas qu’humoristique : la suite du roman s’avère riche en péripéties plus ou moins drôles, plus ou moins effrayantes, le contexte de la guerre entre les deux Maisons menaçant la vie paisible de nos trois protagonistes. Un soupçon de mystère, du suspense, de l’action et une dose d’humour, Lydie Blaizot a trouvé là un cocktail gagnant. Je me suis régalée de la première à la dernière page!

Voilà donc un roman qui, s’il ne prête pas à réflexion, bénéficie d’une écriture très maîtrisée et offre une lecture des plus divertissantes.

Le grain de sable

L’un des personnages du roman ne cesse de citer des répliques tirées des oeuvres de William Shakespeare.

Gramophone

La Danse macabre de Saint-Saëns sied parfaitement à ce récit qui mêle humour, vampire et action.

Sur le mur

L’affiche du film Le Bal des vampires (Roman Polanski, 1967)

Dans la même veine

D’autres textes ont ajouté une pointe d’humour, tout en restant sérieux, au mythe du vampire. Je vous recommande ainsi la lecture des nouvelles La Petite fille qui mordait ses poupées de Gudule et Espèce en voie de disparition de Niel Straum, toutes situées dans l’anthologie La solitude du vampire dirigée par Barbara Sadoul (Librio, 2003). Egalement, la lecture de Du sang! de Fredric Brown, texte aussi court que délectable contenu dans l’anthologie La Dimension fantastique 3 (dirigée par Barbara Sadoul, Librio, 2006)

A propos de Lydie Blaizot

Née en 1973, Lydie Blaizot s’est très tôt intéressée aux genres de l’Imaginaire. Après avoir caressé le rêve de devenir professeur d’histoire médiévale, elle est actuellement conseillère municipale et en recherche d’emploi. Elle a pris la plume sous l’impulsion de son mari. Son écriture porte l’influence de ses auteurs favoris, Pratchett et Blaylock, et La Maison de Londres est son premier roman.

Références

Editions Le Petit Caveau, 2010, 354 pages

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