William H. Hodgson Les Canots du Glen Carrig

Fantastique

Les Canots du Glen Carrig

Note :
5/5
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L’argument

Au XVIIIème siècle, l’équipage naufragé du Glen Carrig se retrouve pris dans les mystères et la tourmente de la Mer des Sargasses. Les algues, formant un fantastique herbier, recèle des poulpes géants et d’autres créatures bien plus étranges. Et ce n’est pas sur les îlots tout près que l’équipage trouvera le repos…

Ça commence comme ça

Cela faisait à présent cinq jours que nous nous trouvions à bord de ces canots et que nous n’apercevions aucune terre. Et puis, le matin du sixième jour, on entendit le maître d’équipage, qui commandait la chaloupe de sauvetage, crier qu’il y avait au loin, à bâbord, quelque chose qui aurait pu être une terre, mais c’était très bas sur l’horizon et il était impossible de dire si c’était une terre ou un nuage du matin.

Avis personnel

L’auteur a su créer un univers fantastique prenant et atypique. Pour cela, il réussit à perdre le lecteur en le privant de repères géographiques et chronologiques : il n’y a pas de noms de lieux, ni de date. Le lecteur renseigné peut s’y retrouver à un certain moment, mais les informations sont surtout dévoilées par la quatrième de couverture. On ne sait pas vraiment qui sont les personnages, et très peu de noms sont cités.

Ensuite, le décor posé par l’auteur est très loin de ce que l’on connait. En témoigne la 1ère île visitée par l’équipage où les arbres saignent et le crépuscule fait naître des cris lugubre suivis de grognements effrayants. En reprenant la mer, l’équipage approche un herbier qui renferme un univers non moins rassurant car on y trouve des poulpes et des crabes géants menaçants. Quant à la 2ème île visitée, elle recèle des monstres dont l’horreur est encore pire…

Toutes fois, l’organisation et le sang froid de l’équipage, servis par une narration pragmatique, forcent le lecteur à rester encré dans la réalité. Des éléments qui servent parfaitement le fantastique de l’auteur. Ce pragmatisme, accompagné de tout un vocabulaire maritime, rend la narration certes un peu froide, mais elle se veut par là rassurante et contrebalance efficacement l’étrangeté du décor.

La préface de Brian Stableford nous révèle que le roman est écrit dans un style assez archaïque, puisque l‘histoire se passe au XVIIIème siècle. Traduit en français, ceci ne se ressent pas particulièrement et la lecture est plutôt fluide. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce roman et son univers si étrange… Une étrangeté qui plut beaucoup à Lovecraft : ce dernier vouait une admiration à l’œuvre de Hodgson.

Le grain de sable

L’éditeur nous précise que l’action se déroule dans la Mer des Sargasses. Située près des Bermudes, elle est bordée par des courants marins qui, par leur mouvements, emportent et rassemblent là des algues ; d’où la présence d’herbiers. C’est aussi une zone dont les eaux sont très calmes. C’est pourquoi de nombreuses légendes content l’histoire de bateaux piégés dans ces eaux étranges…

Dans la même veine

Dagon de Lovecraft.

À propos de William Hope Hodgson

William_Hope_HodgsonNé en 1877 dans le Comté d’Essex (Angleterre), William Hope Hodgson se lance à l’âge de 13 ans dans la marine marchande. Il y restera huit ans et deviendra lieutenant ; une expérience qui le marquera à vie. Durant cette période, il prend des photographies de tempêtes tropicales qu’il projettera par la suite pour des conférences. Après avoir quitté la marine il ouvre une école d’éducation physique qui fermera quelques années plus tard. Il se consacre ensuite à l’écriture. Parmi ses œuvres, outre Les Canots du Glen Carrig, on note La Maison au bord du monde et Le Pays de la nuit, deux romans totalement atypiques. Il créa également son détective des ténèbres, Carnacki, mis en scène dans plusieurs nouvelles. Hodgson, nommé officier pendant la 1ère guerre mondiale, fut tué par un obus en 1918 en Belgique, alors qu’il accomplissait une mission très dangereuse. Il avait 40 ans.

Références

  • Terre de brume, collection Terres fantastiques, préface de Brian Stableford, 2004, 181 pages.
  • Paru pour la première fois en 1907 sous le titre The Boats of the « Glen Carrig ».

Liens et sources