William Shakespeare Othello

Théâtre passionnel

Couverture de "Othello" de Shakespeare

Note :
4/5
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L’argument

Othello, un Maure, a épousé la belle Desdémone et son talent au combat lui a valut le grade de général . Iago, son enseigne, convoite la place de second mais celle-ci échoit à Cassio. Furieux, il décide d’ourdir un plan machiavélique afin de se venger : insinuer le doute dans l’esprit d’Othello quant à la fidélité de sa femme…

ça commence comme ça

Acte premier, scène première

Venise.  – Une place sur laquelle est située la maison de Brabantio. Il fait nuit.

Arrivent Roderigo et Iago.

RODERIGO – Fi! Ne m’en parle pas. Je suis fort contrarié que toi, Iago, qui a usé de ma bourse, comme si les cordons t’appartenaient, tu aies eu connaissance de cela.

IAGO – Tudieu! mais vous ne voulez pas m’entendre. Si jamais j’ai songé à pareille chose, exécrez-moi.

RODERIGO – Tu m’as dit que tu le haïssais.

Avis personnel

Quand on parle de Shakespeare, les mots « théâtre classique » viennent aussitôt à l’esprit, avec leur cortège de stéréotypes – qui dit classique dit ennui, souvenir des études pesantes de textes lors de ses années scolaires… de bien funestes idées, car Shakespeare est loin, très loin de provoquer l’ennui!

Certes, c’est du théâtre. Mais la forme même du théâtre permet de faire ressortir davantage les tourments intérieurs des personnages, par leurs répliques. Et comment ne pas frissonner en lisant les tirades d’un Iago avide de vengeance ou celles d’un Othello manipulé et sombrant dans une aveugle jalousie? Bien loin d’ennuyer, ces répliques aux tournures élégantes mais pleines de passion et de fureur donnent envie de voir la pièce se jouer sur les planches.

Le théâtre de Shakespeare, tout classique et ancien qu’il soit, n’en finit pas d’être joué et adapté aujourd’hui. Car il dépeint avec fougue et véracité toute l’étendue des passions humaines, des plus nobles aux plus sombres, des plus légères aux plus sérieuses, et toujours dans une langue ciselée, poétique et finement travaillée.

Othello, c’est le drame d’un homme manipulé. Un drame de la jalousie somme toute banal, mais dont l’intensité donne de délicieux frissons. Il y a la noirceur de Iago, au coeur pétri de fiel et aux intentions machiavéliques ; personnage conscient de sa perfidie qui devient miroir de nos plus noires intentions. Il y a ceux qui sont ses pions dans son plan et qui tentent, trop tard, de quitter la redoutable toile qu’il tisse. Et il y a, enfin, Othello. Othello, à qui tout réussit au début de la pièce : amour, renommée, succès guerriers… Othello qui déjà présente sa faille : c’est un Maure, un Noir, et donc sujet aux soupçons et au racisme. Il lui faut déjà, dès le début, justifier de l’honnêteté de son amour pour la belle Desdémone, prouver qu’elle s’est donnée à lui de plein gré, et qu’il ne l’a pas forcée. Et Iago, désireux de se venger, profitera de cette petite faille. Par ses manipulations habiles, il parviendra à faire entrer le tourment en Othello. Et voilà le bel Othello si fier plongeant dans le doute et la colère.

Un drame de la jalousie, oui, mais si empli de passion et de fureur, de tourments et de folie, de vérité dans ce qu’elle a de plus cru, venant du plus profond de nos entrailles, qu’il marque l’esprit et ne laissera personne indifférent. On ressort de la pièce tout chancelant, la tête tournant encore après tant d’émotions fortes, ventre noué et coeur serré devant ce drame intense qui vient de se jouer sous nos yeux.

Le grain de sable

Pour rédiger cette tragédie, Shakespeare s’est inspiré d’un texte de Giovanni Battista Giraldi, contenu dans l’Ecatommiti.

Gramophone

Storm de Vanessa-Mae

Sur le mur

Crickets par James Jean

Dans la même veine

Si Othello vous a plu, vous aimerez très certainement Roméo et Juliette et Hamlet, deux autres tragédies de Shakespeare (Librio, 1999 et 2000). Dans le domaine du théâtre, toujours, La machine infernale de Jean Cocteau (Le Livre de poche, 2001).  Egalement, les romans Les Hauts de Hurle-vent d’Emily Brontë (Le Livre de poche, 2001) et La Perle de John Steinbeck (Folio, 1996), où les passions et tourments de l’âme humaine ont la part belle.

A propos de William Shakespeare

Né en 1564, Williaw Shakespeare est originaire d’Angleterre. Après avoir reçu une solide éducation, il épouse en 1582 Anne Hathaway, déjà enceinte. Il quitte Stratford, sa ville natale, pour Londres. Il devient père de trois enfants, dont l’un meurt en bas âge. En 1594, Shakespeare, déjà acteur et dramaturge, travaille en collaboration avec une compagnie théâtrale, le Lord Chamberlain’s Men. Après la mort de la reine Elizabeth Iere, à laquelle succède Jacques Ier, le roi attiré par la renommée de la compagnie la rachète. Elle est renommée le King’s Men. . Shakespeare et ses collaborateurs s’installent alors au théâtre du Globe. Shakespeare connaît par la suite quelques problèmes avec la justice, concernant la gestion de ses terres et les frasques de son gendre. Il meurt en 1616, à l’âge de 52 ans. Ses deux filles lui survécurent, mais n’eurent pas d’enfants. Son oeuvre, considérable, comprend de nombreuses pièces de théâtre – tragédies, comme Hamlet, Othello, Roméo et Juliette ou Macbeth ; comédies plus légères comme Le Songe d’une nuit d’été, Comme il vous plaira, Le marchand de Venise ou Beaucoup de bruit pour rien ; pièces historiques, comme Richard III ainsi que des Sonnets et divers poèmes.

Références

Editions Librio, 2003, 91 pages