Biographie de L7

L7

« Playing rock and roll on a friday night
A noise complaint turned into a fight »

« Runnin’ From The Law » (L7)

Courtney Love est peut-être la reine mère des riot grrrls. Et Hole est probablement la vitrine la plus connue du mouvement fémini-n/ste rock dévastateur. Mais L7 fait partie de ces groupes activistes de l’intérieur, travailleur-créateur de l’essence même du courant. Brutales, arrogantes et vulgaires, ces filles là n’ont rien à voir avec l’ersatz popesque fabriqué par sms de la chaîne française la plus musicale du PAF (c’est pas moi qui le dit). L7, digne représentante du grunge bien dégueu au féminin, pétroleuses de choc, ambassadrices anti-glamour par excellence. L7, lanceuses professionnelles de tampons usagés, mantes religieuses auto-proclamées. Filles blessées et bancales, gueulardes et blafardes, le genre de porte-paroles dont beaucoup avait rêvé. L7, excavation libératrice d’une génération en perdition dont l’idole n’est plus et dont les géniteurs, plus humains qu’on ne l’a d’abord cru, disparaissent les uns après les autres (RIP Joe, Dee Dee et les autres )

RIOT

Membres du groupe

  • – Donita Sparks – voix, guitare
  • – Suzi Gardner – guitare
  • – Dee Plakas – batterie
  • – Gail Greenwood – basse (depuis 1995)

Anciens membres

  • – Jennifer Finch – basse, voix (jusqu’en 1995)
  • – Roy Koutsky – batterie (uniquement sur le premier album)


Discographie

  • – L7 (album) 1988 Epitaph
  • – Smell The Magic (EP) 1990 Sub Pop
  • – Bricks Are Heavy (album) 1992 Slash
  • – Hungry For Stink (album) 1994 Slash
  • – The Beauty Process : Triple Platinium (album) 1997 Slash
  • – Omaha To Osaka (live) 1998 Man’s Ruin
  • – Slap Happy (album) 1999 Wax Tadpole
  • – The Slash Years (best-of) 2000 Slash


Biographie

1985. Donita Sparks, banlieusarde sans avenir de Chicago, rencontre Suzi Gardner (qui habite Sacramento) à Los Angeles. Chacune de leur côté, elles bénéficient déjà d’une petite expérience, ayant jouer dans divers groupes rock sans importance. Toutes les deux sont guitaristes et immédiatement, elles décident de former un nouveau groupe, convaincues par l’alchimie créatrice qui règne déjà entre elles. Parallèlement, Jennifer Finch débarque elle aussi à Los Angeles. Bassiste, elle a fait partie du Sugar Baby Doll de Courtney Love, encore inconnue, et a joué dans d’autres formations de son San Francisco natal. Naturellement, elle rejoint la paire sus-citée, déjà enragée. Une année est passée lorsque la dernière pièce du puzzle se met en place, il s’agit de Roy Koutsky, batteuse. Dès lors, elles écument le circuit des clubs locaux, trouvent rapidement un label ; elles détonent dans la morosité du paysage musical de l’époque avec leur style dégueu, loin du glamour californien, et leurs compos survoltées. Résultat : elles enregistrent un premier effort (produit par Brett Guretwitz de Bad Religion, propriétaire d’Epitaph Records), éponyme, très mal distribué qui tombe vite dans l’oubli (encore aujourd’hui, l’objet est très dur à trouver). Nous sommes en 1988.

Rapidement, Roy Koutsky est remplacée par Dee Plakas.

Le groupe, au complet et homogène, entame une tournée de l’underground Los Angeles et durcit le ton. S’entête. Bientôt, les fans se pressent à chacune de leurs apparitions sur scène.

1990. Sub Pop, qui ne fait alors que flirter avec le mythe, les signe. L’EP Smell The Magic sort. C’est un succès, les radios diffusent leurs titres. Elles partent en tournée en tête d’affiche aux USA mais également en Europe. Elles enchaînent en ouvrant la tournée anglaise de Nirvana (Kurt Cobain leur voue un culte).

Slash Records (où sont signés Faith No More et Violent Femmes) a vent du phénomène. Elles y sortent Bricks Are Heavy en 1992. L’album est produit par l’ultra-connu Butch Vig. Nouveau succès. Le Billboard est conquis. Le morceau « Pretend Were Dead » devient un incontournable.

S’ensuivent des tournées marathons : aux USA, en Europe (en tête d’affiche et avec Faith No More), au Japon, en Australie, dans les festivals (Reading notamment ainsi que deux dates brésiliennes).

Vient ensuite la création du Rock For Choice, une organisation regroupant divers groupes de rock et qui a pour but de promouvoir les libertés civiles, le droit des femmes surtout, en association avec la Feminist Majority Foundation. Y participent entre autres Nirvana, Hole, Mudhoney, Red Hot Chili Peppers et Bikini Kill.

En 1994, sort Hungry For Stink, leur album le plus rude musicalement. Elles enregistrent également le morceau « Gas Chamber » pour la bande originale de Serial Mom (où elles apparaissent sous le nom de Camel Lips), film de l’inénarrable John Waters, et participent au Lollapalooza en compagnie des Smashing Pumpkins. Le titre « ShitList » apparaît sur la BO de Natural Born Killers d’Oliver Stone.

1996 voit le départ de Jennifer Finch, qui veut reprendre ses études. Elle est aussitôt remplacée par Gail Greenwood de Belly. L’année suivante, leur album le plus accompli sort. The Beauty Process est considéré comme l’un des meilleurs albums du genre. Brutal, radical, engagé, sincère. Et mélodique.

En 1998, L7 est le sujet d’un concert-film réalisé par Krist Novoselic, intitulé The Beauty Process.

Après la sortie du live Omaha To Osaka (1999), leur dernier opus en date Slap Happy est une réussite. Elles ne lâchent rien de la hargne qui les habite.

Enfin, un best-of sort en 2000, couronnement de leur carrière exemplaire à plusieurs titres.

Aujourd’hui, on ne sait rien du futur de L7. Le site officiel n’a pas été mis à jour depuis 2000 et il ne le sera probablement plus jamais. Le groupe n’a jamais officiellement splitté, cependant.
Donita Sparks, elle, a sorti un album solo en février 2008. Transmiticate.